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9
sept

Edvige, le fichier mal ficelé qui fait débat

144c8c272ffa1abb32c020f6a66018dc.jpgOn parle beaucoup d’Edvige en ce moment. Un prénom aussi beau que les brumes du Nord. Edvige pour « Exploitation Documentaire et Valorisation de l’Information Générale » trouve son origine dans le gouvernement socialiste d’Édith Cresson et a vocation à organiser la collecte des informations sur toute « personne physique ou morale ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif », ainsi que sur toute organisation et toute personne à partir de 13 ans « susceptibles de porter atteinte à l’ordre public ».

Entre nous, et à cette aune là, on se demande surtout qui ne sera pas sur Edvige. Ce fichier c’est encore mieux que Facebook puisque il est à même de rassembler outre les militants politiques et habituels candidats au fichage, les prêtres (pas seulement les pédophiles), les imams (même les imberbes), les rabbins (scandale), les gourous de toutes sortes, voire les bouddhistes zen et les adorateurs de l’oignon, sans compter les francs-Mac qui ne détestent rien tant que la Lumière des sunlights. Et puis comme dans le caniveau de Prévert , les responsables associatifs, les syndicalistes appointés sur fond public, les jurys marrons du Goncourt, les journalistes lèche-bottes, les blogueurs impénitents amateurs de complots, les élus, les grandes gueules, les cailleras, les dames de charité, les exhibitionnistes, les maris trompés, les femmes battues, les bougres d’enfants, les starlettes qui se pâment pour les « sans-papier » (mais pas les sans papier, et pour cause), les « susceptibles de », les « prêts à », les « en  mesure de », les « capables de », les « potentiels » et les « virtuels », et  des millions d’anonymes toujours susceptibles de dissimuler de noirs desseins…

Les puissants, c’est bien connu, ne se méfient jamais assez de toutes les mauvaises pensées qui peuvent passer par la tête de leurs administrés. Et de la pensée à l’acte délictueux l’espace est si mince…Pire, ou mieux,, vous passez place Kléber et comme vous vous sentez d’humeur badine, vous  regardez 5 minutes les participants à un Cercle du Silence (respect), et zou vous voilà fiché par Big Brother. De gaucho à facho, d’homo à partouzeur, de bondeur à ondiniste, il y a une case de libre chez Edvige : la vôtre…

Et puis n’oublions pas les roux, les personnes de petite taille, les obèses, les mal-foutus, les dépressifs, les précaires, les ratés, les trop grands, les victimes  (innombrables),,les mégalo, les parano, les skins et les pitt bulls, les faucheurs d’OGM et les automobilistes irascibles, et les ratons-laveurs, autant de gens qui ont des raisons concrètes d’en vouloir à leurs prochains et, sur un coup de sang, de s’en prendre  aux institutions démocratiques (on ne rit pas !).

LDS est sans doute de « droite », certes, mais un tantinet libertaire. Suffisamment en tous cas pour ne pas donner dans le panneau d’un pouvoir « libéral » qui fait beaucoup pour favoriser en douce l’anomie puis, fort de la peur que cet état engendre, nous refiler le bébé du contrôle policier nécessaire.

Trouille partout, sécurité nulle part

ff1610e6e14b5a014842f587a8a58d6c.jpgC’est vrai, la trouille généralisée est bien là. Trouille des délocalisations, du chômage et de la descente aux enfers, trouille face aux violences urbaines, trouille parentale de l’échec scolaire  dans une institution éducative emportée par le déclin, trouille parentale encore face à des gamins qui leur échappent, bouffés par le sortilège des écrans et voués sans défense aux marchands d’orviétan, trouille des braves consommateurs devant l’eau du robinet, les salades
transgéniques et les poulets au chlore, trouille de la guerre voulue par les croisés des droits de l’homme et les fanatiques du droit d’ingérence, trouille du terrorisme généré par les susdits, ceux qui n’ont de cesse d’aligner le monde entier sur leurs propres préjugés culturels. Trouille face à la crise et à un capitalisme devenu fou.
  
Trouille devenue aussi un instrument de pouvoir, non pas comme le croient les sociologues de « gauche » avec leur pseudo « sentiment d’insécurité » en ce qu’elle serait artificiellement fabriquée par les médias et les organes de l’État, comme si il n’y avait aucune raison objective d’avoir peur, mais tout simplement trouille indissociable d’une société dont les valeurs, flexibilité, déracinement, désinstallation, nomadisme, économisme, souveraineté de l’impulsion désirante, immédiateté, généralisation des flux, tolérance bidon,  spectacle, impérium du fric tapageur,  et tant d’autres impératifs déstabilisateurs ne peuvent créer pour le plus grand nombre que les conditions terrorisantes d’une peur panique sans rémission. Avec Edvige, l’État s’en prend aux symptômes, et seulement aux symptômes. il caresse l’électeur dans le sens du poil en proposant d’appliquer des cautères sur des jambes de bois. Bref, il essaye de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Et pour cause, l’État tel qu’il est, à savoir le commis de l’hyperclasse et de ses intérêts immédiats, est organiquement lié aux causes de la peur qu’il prétend guérir.

En ce sens, Edvige n’est qu’un leurre destiné à rassurer les apeurés sans résoudre les pathologies qui leur font légitimement peur. Un leurre pour ceux qui aspirent à une légitime protection mais une  implacable machine de guerre contre les opposants authentiques. Machine destinée à les placer sous surveillance puis les faire taire si besoin était.
Nous ne nous tairons pas !

La Droite Strasbourgeoise

Note : Nous apprenons maintenant que Nicolas Sarkozy aurait recadré le projet hier soir. La Droite Strasbourgeoise ne peut que s’étonner que les conseillers du Gouvernement n’aient pas vu venir, sur le net, la vague des anti-Edvige. Le fait que ces légèretés obligent, sur ce sujet comme ce fut le cas sur d’autres, le gouvernement à faire un pas en avant puis deux en arrière, prouvent que les veilleurs élyséens sont parfois éloignés des réalités militantes, fussent-elles virtuelles. Ils n’ont pas dû ouvrir le bon fichier. Nous aurions pu leur dire.

 

4
sept

Pamphlet N°1

Décidément, c’est la saison des nouveaux venus… Les plumes qui nous rejoignent, témoignent comme nous le martelons inlassablement, de la varité des sensibilités de gens de droite à Strasbourg. On annonce aussi un retour « fracassant » dans nos rangs. Après Hecatonchire, Le poète crotté, s’est proposé de publier sur notre site quelques vers sous forme de pamphlets. Le début d’une longue série espérons ! A noter pour les amateurs de cryptage que son nom de plume, est une référence à la série de films Angélique…

LDS

 

5ed459f4d7c37777f8b7e6491f557208.jpg

Pamphlet N°1

Enfin le mois de mai est terminé, avec son lot de succès et d’échecs
Fabienne K. et Robert G. se sont fait, par Roland, clouer le bec
D’aucun diront que la Droite à Strasbourg n’existe plus,
Ou bien qu’elle n’a qu’une seule véritable figure émue.

Celle de la dame au cœur d’or, qui aime tout le monde et a tant changé
Montée aux nues par Jean-Philippe V. son preux chevalier
Et les quelques spadassins qui vont sur les routes nus pieds
Prêcher le changement qui en 7 ans ne les a jamais effleuré.

Que reste t-il au milieu de tout ce vacarme, de ce bruit ?
Un peu de jeunesse et beaucoup d’ennui
Les têtes doivent tomber et par de nouvelles figures être remplacées

L’Alsace, vantée partout comme une terre d’accueil
En politique n’est qu’un bourbier de vieux élus vissés à leurs fauteuils
Qui une fois élus, mis en avant par leurs fonctions
Ne songent pas à leurs concitoyens mais seulement à leur réélection

Voulez-vous du changement dans cette espace si restreint
Ou le profit ne naît pas du travail mais des mandats ?
Alors que la Gauche s’embourgeoise et se renforce chaque jour
La Droite s’étouffe de tant de mauvais atours

A droite voici que les années passent
 Les jeunes espoirs, eux, dans l’ombre
Trépassent.

Le poète crotté

 

1
sept

Un diner presque parfait…

 Fidèle à son ouverture à toutes les sensibilités de droite, La Droite strasbourgeoise publie aujourd’hui un texte qui lui a été communiqué ce week-end. Les amateurs de mythologie grecque apprécieront le pseudonyme utilisé par l’auteur de cette note…qui fait une entrée fracassante au sein de notre équipe…

 

e3060db31aeca88fc6ab79f260aeceac.jpgLe blog de Johnny Halité nous a appris qu’une opération carte postale avait été dernièrement menée. Nous allons vous parler aujourd’hui de l’étage numéro deux de la fusée qui fait suite à la fameuse opération carte postale à savoir… l’opération diner avec des UMP, nouvelle génération.

Première étape.
Vous allez être contacté par un collaborateur qui vous expliquera qu’il est de l’UMP, qu’il est déjà l’heure de reconstruire la droite à Strasbourg,  que la défaite c’est de la faute d’un certain Robert, que Madame X a changé (Faudra tout de même m’expliquer ce qui se passe à Paris. Après Sarko, voilà Madame X qui nous proclame qu’elle a changé. Y’a un mec à l’UMP qui appose ses mains sur leur esprit pour que le changement se produise aussi rapidement ? D’ici à ce que Madame X se déplace en Yacht avec des Ray-Ban vissées sur le nez et une Rolex au poignet, il n’y a qu’un pas…), qu’elle est l’avenir à Strasbourg, qu’il vous propose de faire partie de cette nouvelle génération et du nouveau mouvement en gestation – Strasbourg au Cœur- (Centre ne semble pas plaire aux UMP donc sur les conseils avisés d’un collaborateur on parlera désormais de Cœur) et que, pour se faire, vous avez l’opportunité unique et exceptionnelle de partager un moment d’échange lors d’un diner avec sa championne. Que c’est beau, c’est beau la vie !

Seconde étape, le moment du diner.
Préparez vous psychologiquement. Ne vous attendez pas à parler culture, littérature, peinture, musique, sport,… Très rapidement, il vous sera expliqué que la défaite municipale  a été très difficile à vivre, que c’est de la faute du fameux Robert (c’est une constante !) que lui et ses amis font preuves de beaucoup de brutalités à son encontre, qu’elle a tiré les conséquence de la défaite, qu’elle a changé, qu’elle veut reconstruire avec une équipe plus jeune, plus compétente (les anciens apprécieront), qu’à part elle, il n’y a personne à Strasbourg, que l’image du dénommé Robert l’a conduite droit dans le mur, que les autres (notamment un certain Jean-Philippe M)  n’ont aucun charisme et qu’ils sont mous (c’est toujours sympa de cogner sur ces petits camarades afin de se mettre en avant), que Frédérique Loutrel a fait un mauvais choix, que personne ne connait Jean Emmanuel Robert, que Marc M est un nul (sous entendu qu’elle mène une opération humanitaire en le gardant à ses cotés), que c’est encore et toujours de la faute de Robert, que Philippe Richert est grillé à Strasbourg, qu’Yves Bur est un con, que François Loos n’a jamais existé, que, que  et que, naturellement, c’est de la faute de Robert.
Bref, vous comprendrez rapidement qu’elle a changé mais qu’elle déteste et méprise tous les autres !

Troisième étape (c’est un peu Hoeffelien comme système…)
Vous venez de passer un diner au cours duquel on vous aura expliqué que vous avez un rôle à jouer dans l’avenir de Strasbourg, que votre parcours est intéressant, que vous avez des qualités, que tous les autres sont des cons ou des nuls, qu’on compte sur vous pour participer à la création de ce nouveau mouvement qui sera l’élément moteur de la reconquête et que l’avenir à Strasbourg « c’est moi ! » A aucun moment, les envies des Strasbourgeois ou leurs centres d’intérêts (ou les vôtres) n’auront été abordés. Vous aurez naturellement retenu que tout est de la faute du désormais célèbre Robert, que la dame a changé (mais pourquoi dire qu’on a changé quand tout est de la faute de Robert ?). Enfin, en rentrant chez vous, vous vous demanderez si un jour, la droite arrivera à reconquérir Strasbourg avec des tels changements. Vous aurez néanmoins une certitude : vous n’êtes pas près d’entrer dans le monde politique !

Et là, vous vous demandez comment je peux bien savoir tout ça. Tout simplement parce que  madame a été contactée et invitée… C’est vous dire si on se marre bien à la maison…

Mais bien entendu, comme l’on dit dans certaines séries télévisées : «  Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite ». Politique fiction, politique friction …..

Hécatonchire

28
août

Cercle de silence : le plus assourdissant pique-nique de l’été…

Comme nous l’avions évoqué le 5 août dernier, un nouveau cercle de silence doit avoir lieu samedi 30 août, Place Kléber au cœur de Strasbourg, de 18 à 19h.
La Droite strasbourgeoise s’associe évidemment avec sérieux à un tel événement qui, à n’en pas douter, fait office d’acte de résistance courageux, faisant passer les combattants du Vercors pour des figurants de film pour Spielberg.

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Pour ceux qui ne connaissent pas cette pratique étrange, un rappel s’impose.
Les Dernières Nouvelles d’Alsace qui, en tant que journal progressiste suit ces événements avec photo et long texte vibrant d’humanisme comme il se doit, ne manquera pas de signaler les modalités de cet événement mais….
Rappelons que certains résistants-citoyens et autres Français de souche au grand cœur se rassemblent à cette occasion, pour manifester silencieusement, contre les mesures terriblement fascistes (pardon, nazies, évidemment, puisque que les associations pro sans-papiers utilisent sans vergogne le terme de « rafles » très connoté année 42 à Drancy) du gouvernement Fillon favorisant les expulsions de clandestins vers leur pays d’origine.

Le ministre Hortefeux étant considéré par ces Justes comme un rejeton Himmlero-Pinochetiste de l’UMP qui en veut à tout étranger clandestin, il sera sans doute aussi concerné. Les monstrueuses mesures prises par l’Union Européenne pour lutter contre l’immigration clandestine sont évidemment aussi visées, puisque c’est bien connu, le Parlement Européen regorge de porcs fascistes ayant un poster de Benito dans leur bureau.
D’ailleurs…gageons que tous ces Résistants auront aussi sous le bras (ou dans leur sac en foin biologique siglé Free Tibet) le dernier exemplaire de Charlie Hebdo, dont l’infâme pédo-nazi-maurrassien Siné vient d’être justement limogé par le phare de leur pensée Philippe Val.
Il sera presque sûr  aussi que ce cercle de silence sera aussi l’occasion d’évoquer après coup, les terribles exactions des alcolo-soudards russes, emmenés par l’hydre tyrannique à deux têtes Medvedev-Poutine.On est en lutte contre l’Immonde ou quoi ? Au fait, les Chinois ne perdent rien pour attendre !

Mais je m’égare encore, revenons au doux silence qui tentera de s’imposer place Kléber samedi.
Ceux qui participeront lutteront tels des Jean Moulin contre les sarkozytes mesures. On ne sait plus vraiment lesquelles, mais de toute façon, elles ne peuvent qu’être TOUTES néfastes, venant d’un sale type de droite comme Sarko cette réincarnation de de la Bête Immonde, bling bling et vulgaire, non ?
Enfin, je suppose que c’est ce que diront les efficaces nouveaux adjoints au Maire, Verts et trotskystes progressistes en tête, qui ne manqueront pas de venir apporter leur soutien à cette noble cause. Il est vrai que le Togolais clandestin est une valeur à soutenir, notamment chez l’une des adjointes nouvellement nommée.
Tous ces Aubracs en puissance lutteront tant, qu’il faudra prendre aussi des forces après cette manifestation.  Chacun est invité à apporter son casse-croûte, pour un pique-nique forcément citoyen, par le collectif organisateur, Justices et Libertés.

Parlons en d’ailleurs. Lu sur leur site cette curieuse phrase :  « Depuis avril, nous nous rendons compte que le cercle de silence est aussi un lieu de rencontre entre des participants qui ne peuvent guère se parler étant donné la forme spécifique de la manifestation. N’ayant prévu ni tables ni bancs, ce moment de convivialité se fera sans trop de confort, mais sera sans aucun doute chaleureux. ».
Effectivement, comment se parler quand on fait un cercle de silence ? Comment avoir du confort au moment où tant d’immigrés clandestins n’ont que leur radeau de fortune pour traverser les mers ?  
Grave dilemme, que ces valeureux gardiens de la démocratie et des droits de l’homme, auront du mal à résoudre, bronzés qu’ils sont après leurs vacances (à l’étranger, puisque on ne peut plus visiter cette France Vichyiste de l’ordre Sarkozyste) …

Palamède

26
août

Jeunes et Politique à Strasbourg : les pieds dans le plat !

85beeb3fce060dbb3a9681f6ec38b451.jpgUne analyse circule sur le net. Elle est fine. Certains l’ont lue, soulignent sa pertinence, d’autres ne l’ont pas lue mais en partagent les grandes lignes. D’autres soulignent la clairvoyance de l’auteur ou des auteurs. Il en ressort que la gauche bas-rhinoise et strasbourgeoise est en train de mettre en orbite, sauf division dont elle a le secret, une génération de cadres, assistants parlementaires, adjoints qui pourraient faire ses beaux jours pour les 10 prochaines années.

Ces jeunes ont entre 25 et 40 ans, Philippe Bies fait même fonction d’aîné. Ils disposent désormais de mandats acquis autant sur des scrutins de liste que sur leurs noms, ils disposent désormais de revenus liés à leur engagement politique ou à leur statut quasi-permanent qui leur permettront de financer aisément d’ici quelques années autant leur propre campagne qu’un investissement de fond dans le paysage politique alsacien.

Cette évidence matérielle se double aujourd’hui d’une efficacité reconnue, d’une solidarité affichée (avec lézardes cependant) et d’une hyperactivité qui fait qu’on les croisent autant dans les bureaux de la CUS qu sur le terrain, sur les terrasses où ils retrouvent des réseaux associatifs et militants qui les accompagnent et les portent. Cette réalité vaut pour une génération PS et existe d’une façon moindre pour les Verts. Elle manifeste l’existence, une fois que les Ries, Bigot, Herrmann, Jung, auront fait leur temps d’une relève constitué d’animaux politiques et idéologisés.

Ce constat fait, on passe à droite et au centre.

Là, s’il existe des talents, ils sont toujours cantonnés dans l’ombre et au silence. Pas une tête ne saurait dépasser, sinon « couic ». Si certains gagnent ainsi plus facilement des élections internes que des mandats locaux, ils n’en restent pas moins prisonniers de leur âge et de leurs camps. D’autres sont diabolisés ou cloisonnés depuis les municipales.

Un vieil observateur et grand élu de la vie politique alsacienne estimait récemment que le nombre de jeunes femmes et hommes politiques publiquement connus du grand public à droite et sur la CUS se résumait en une poignée tous partis confondus. Il précisait à l’attention des initiés « pas forcément tous compatibles » mais « je dis bien connu du grand public, pas des compagnons, hein ».

 « Combien de jeunes de droite se sont régulièrement présentés dans les mêmes villes et cantons ces dernières années ? Combien se sont durablement impliqués dans un secteur ou une commune de la CUS. Vous avez là aussi les raisons de la percée de la gauche à Strasbourg, à Illkirch, à Schiltigheim et demain ailleurs».

Nous le laisserons, s’il le souhaite, stigmatiser publiquement cette absence de renouvellement et finalement cette situation qui fait que l’on gâche des talents et des opportunités en faisant de certains jeunes de porteurs d’eaux à vie pour talentueux et résistants éléphants. Pas étonnant dès lors que certains désertent l’engagement public !

Nous ferons par contre écho à cette vague de mécontentements qui monte pour que des états généraux des droites alsaciennes voient le jour, pour qu’un renouvellement soit entamé et pour que des jeunes pousses et quadra puissent enfin et sur le terrain exprimer un renouveau, ce du nord au sud de l’Alsace.

On ne peut en effet aller de l’avant si l’on ne tire pas des défaites des enseignements salutaires pour l’avenir de la région. A moins, comme l’évoquait un militant ump qu’il ne faille « perdre les régionales, pour qu’ILS et ELLES ouvrent vraiment les yeux ».

- Note : Libre à qui veut et peut de commenter et diffuser ce texte en faisant état de la source. Le débat est lancé.

 

20
août

Afghanistan : l’heure de jeter l’éponge…

98ede51ddf17459b69e51109324c88b6.jpegÇa faisait longtemps, très longtemps, qu’on n’ avait pas vu revenir sur notre terre nationale un cercueil couvert du drapeau bleu-blanc-rouge. Et dix d’un coup, c’est trop pour ne pas choquer l’opinion, comme l’avait fait en son temps l’attentat du Drakkar au Liban… L’embuscade afghane est aussi triste que sordide, et rappelle brutalement que la politique étrangère française n’est malheureusement pas qu’un grand jeu pour les fayots du premier rang.

 

On n’en parlait pas, ou quasiment plus de cette guerre en Afghanistan. Elle a pourtant débuté fin 2001, un an et demi avant celle d’Irak. Sept ans déjà, que les opérations de terrain tournent aux cauchemar pour tous les pays qui y ont engagé des soldats, par centaines, parfois par milliers : 50 000 hommes au total, douze pays engagés sous la bannière de l’Otan, dont les contingents les plus importants sont américain (15000 hommes) et britannique (7800 hommes); 1515 soldats français. Sur le papier, tout va bien. Sur place, le terrain est froid, vaste, inhospitalier. Jusqu’à lundi, la France avait perdu douze hommes, dont personne n’a parlé. Les circonstances particulièrement tragique de l’embuscade rappellent froidement quelques tristes réalités.

 

Au delà du deuil, la plus grave de ces réalités, c’est l’usure dans laquelle s’est enlisée cette guerre aux aspects conventionnels, qui lutte, au nom de la « liberté du monde » (!), contre un « terrorisme » diffus, invisible, silencieux, aux méthodes plus vicieuses et sournoises. Sept ans après, personne n’en voit la fin, et surtout personne n’est capable de se doter d’une véritable stratégie, ni de relayer une quelconque motivation au combat : pourquoi se bat-on ? Contre qui ? Jusqu’à quand ? Autant de questions qui fâchent, même au sein de la Coalition. Et dont les réponses rassureraient le soldat français, qui du coup, passe ses vingt ans à jouer à la Playstation au fond d’un baraquement perdu dans le désert. Jusqu’au jour où il faut arrêter de jouer…

 

Pour autant, même si l’histoire a montré qu’une armée d’occupation est toujours vaincue, même si les Russes ont déjà donné l’exemple, les États-Unis continuent de demander à ce que l’on envoie plus de troupes et de matériel dans cette guerre sans sens. Et, sans que personne ne comprenne vraiment pourquoi, ça marche. « Si c’était à refaire, je le referais » a déclaré Nicolas Sarkozy. Certes. Mais quand les petits soldats sont morts, on ne peut plus leur demander d’y retourner. Pour eux, le jeu est fini… L’entraîneur semble toutefois prêt à faire rentrer les remplaçants, au moment où tout devrait le conduire à jeter l’éponge.

 

Pierre-Antonie Beyer

5
août

Les zozos du cercle de silence contre les expulsions d’étrangers prennent des vacances…

871f6a840bde7ad8d9d932c59160b8cb.jpgDepuis plusieurs semaines (le ridicule ne tue pas) certains strasbourgeois se rassemblent en silence Place Kléber, pour manifester contres « les mesures scandaleuses » d’expulsions des clandestins appelés dans la novlangue médiatique « sans-papiers ». Ces « mini-happenings » d’honnêtes citoyens luttant contre ces sarkozystes mesures-qui-rappellent-les-heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire sont relayés par de complaisants journalistes des Dernières Nouvelles d’Alsace, qui adorent ce genre de manifestations.
 
Ceux-là, comme ces valeureux citoyens sont meurtris dans leur chair par ces signes avant-coureurs d’un fascisme (rampant, forcément rampant) à peine déguisé sous le masque UMP. Ainsi, l’alerte plume de Mlle Barbara Romero * se désolait dans l’édition du 4 août des DNA de la faible participation au dernier cercle (environ 80 personnes, chiffre à relativiser off course !), elle qui ne rate jamais une occasion de parler de minorités bafouées (transgenre, organisateur de Gay Pride, limonadier souffrant de la mauvaise météo, boutiquier de mode provincial etc…).

Ainsi, le citoyen-Résistant part en vacances ! Il en oublie le sort du malheureux sans-papier, qui lui pourtant profitera grâce aux services de M. Hortefeux d’un billet gratuit (aller sans retour) vers son pays d’origine (souvent situé dans un contrée ensoleillée, le veinard), alors que le citoyen-Résistant est contraint de payer une somme folle son billet d’avion ou de train pour des vacances justement méritées après tant de militantisme éreintant. Quel égoïsme, sommes-nous tenté d’écrire mais évidemment, nous avons mauvais esprit…

Par charité, nous signalons le prochain rendez-vous, le 30 août à 18h, qui sera suivi d’un pique-nique. Espérons que ces victuailles permettront d’attirer de nouveaux Justes sensibles au sort terrible des expulsés…

Palamède

Illustration : un cercle de silence ce printemps, avec leur lanterne pour voir plus clair dans les brumes qui nous entourent depuis l’élection de M. Sarkozy… * Correction faite du nom de famille de cette journaliste que nous avions écorché dans la première version du texte.

1
août

Strasbourg : Art, culture, jeunesse, tout change, même la gauche

acb1009dbcbd6f3a76be8dc81bc983ff.jpgNous avions exprimé nos doutes sérieux (et nous les assumons) concernant les Alsaciennes en temps et heures, ce même si une partie de notre équipe les regardaient d’un œil amusé. Aujourd’hui, la polémique enfle et c’est cet aspect qui nous amuse encore plus.

Ainsi, on notera cette dernière phrase d’un article de Denis Tricard paru dans les DNA d’Aujourd’hui : « M. Gsell préfère les « spectacles de qualité », régulièrement donnés par des groupes folkloriques, à ces « véritables mastodontes à la limite de l’injure pour notre gent féminine », dont la présence et la décoration n’ont jamais été « expliquées », mais qui « faisaient un peu pitié » parce que « taguées » et « graffitées »…

Prenez le nom évoqué et remplacez-le par un responsable d’un parti de droite ou pire, encore plus à droite. Vous aurez à coup sûr un communiqué de diverses officines dénonçant la vision réactionnaire dudit élu et rappelant qu’on ne juge pas l’art.

Imaginez donc, un élu de droite préférant les groupes folkloriques, dénonçant l’esthétisme de l’art moderne qu’il ne « comprend » pas et mettant au pilori, tags et graffitis. Voilà de quoi rappeller les « heures les plus sombres ».

« Véritables mastodontes à la limite de l’injure pour notre gent féminine » … Hum, faudrait pas abuser non plus. Le chiffre d’or n’est pas atteint mais à ce ryhtme, Miss Liberty est mal foutue.

 Mais ce n’est pas tout, notre quotidien préféré nous apprend que dans un autre quartier, un élu demande la fermeture d’un autre établissement en raison d’un trafic de drogue. Damned, cela fait beaucoup de fermetures en peu de temps dans les nuits strasbourgeoises.

Là encore, imaginons un élu de droite demandant la fermeture d’un établissement et imaginons ensemble le concert des vierges effarouchées ou d’autres structures expliquant qu’un petit joint ne fait pas de mal

Tout cela pour vous dire que l’échiquier politique strasbourgeois bouge en effet, que la gauche prend ses aises et que la droite observe comment on fait clairement de la politique.

Quant aux Alsaciennes, on apprend enfin qu’elles feront l’objet d’une donation et resteront en Schweighouse et Ohlungen, alors que ce festival disparaîtra pour peut-être prendre place à Strasbourg.

« Liliane Bétancourt » de fibres et plâtre, elles seront, elles aussi retenus loin des leurs parce qu’elle dérangent le pouvoir en place.

 

29
juil

Bayreuth : un Parsifal en uniforme

53de8fd600fe09d9ca418077db419fa0.jpgLe quatre-vingt-dix-septième festival de Bayreuth a débuté le 23 juillet avec une nouvelle mise en scène de Parsifal considéré comme le testament lyrique de Richard Wagner.

Le metteur en scène norvégien Stephan Herheim a opté, nous disent les gazettes, pour un parti pris résolument « moderne » et « provocateur » et l’opéra se présente comme une métaphore de l’histoire allemande où, au troisième acte, celui de la rédemption, la démocratie l’emporte sur une barbarie nazie dont les bannières à croix gammée mordent définitivement la poussière.

Les people à 500 euros la place applaudissent. Les mélomanes peut-être un tantinet « réactionnaires » semblent plus circonspects. Rien de surprenant dans l’attitude des people qui se font gloire de leur ignorance et affichent crûment leur vulgarité. Rien de bien nouveau non plus dans l’adaptation scénique. Nombre de metteurs en scène lyriques  ont pris le relais des gens de théâtre pour gaver leur public de cours du soir à prétention citoyenne. Nains
obscènes et railleurs, ils se juchent sur les épaules des géants morts et clignent de l’oeil en direction de l’applaudimètre pour signifier leur résistante rebellitude (en toc) et vendre leur non-conformisme (en gilet rayé).

Ce nouveau pompiérisme dure depuis des lustres. Depuis des lustres, en effet, le grand répertoire est parasité par ces excroissances anachroniques à prétention transgressive, mais d’une désespérante soumission aux clichés de l’époque. Cela est vrai dans l’Allemagne rééduquée comme dans la France plurielle et tolérante où des légions de charlatans subventionnés ont investi les scènes pour y vandaliser avec arrogance les chefs-d’oeuvre du passé à coup de pitreries démagogiques et publicitaires comme si la simple confrontation avec la beauté leur était devenue insupportable.

Ils subvertissent, croient-ils, quand ils ne font que surcharger le bel ouvrage d’un métadiscours performateur lesté d’intentions édifiantes. Cet art pieux et lourdingue voudrait s’afficher comme déviant mais n’est, hélas, qu’un art de cour domestiqué servi par des obligés dociles et sans génie.

Il fut un temps, pas si lointain, où ce qu’il y avait de meilleur dans l’art était une insurrection exigeante contre l’esprit de l’époque. Il semble, désormais, que dans la démocratie de marché l’art ne soit plus condamné qu’à servir la doxa antifasciste ou à périr absorbé dans la marchandise.

En fabriquant un Parsifal « démocratique » et burlesque au dépens de la sublime logique musicale de l’oeuvre, les organisateurs du festival, au premier rang desquels Wolfgang, le petit fils du maître, intoxiqué de repentance morbide, adoptent en matière de politisation propagandiste de l’art  une attitude symétrique de celle des nazis et avouent, ce
faisant, de dangereux penchants totalitaires. Pour eux, comme pour Goebbels ou Jdanov, la première (et peut-être la seule) fonction de l’art c’est d’être utile à la cause en respectant la ligne.

Or, faut-il le préciser, ce n’est pas en arraisonnant la beauté au règne de la marchandise ou aux exigences catéchétiques et bouffonnes de la démocratie de marché que l’on pourra répondre au défi d’une barbarie partout menaçante. Cette démocratie oligarchique et cette marchandise
envahissante étant justement les deux principales figures de cette barbarie moderne, c’est contre elles qu’il faudrait que s’érigent des artistes hérétiques et insolents. Il ne s’en trouve guère.

En revanche, ceux qui partout sévissent ne manifestent leur héroïsme bonnimenteur que dans une guerre sans fin contre des monstres morts. À lui seul cet art de l’esquive en dit suffisamment  long sur leur affligeante vocation pour la collaboration avec le pire.

Coclés

21
juil

La Burqa et la République

811ab961efeb2c106bb2f2d799248601.jpg« La burqa est-elle incompatible avec la nationalité française ? » Posée ainsi, comme le fait Le Monde dans son édition du jour, la question est inutilement polémique et la réponse imposée par la radicalité de l’interrogation. Les enfants sont bien dressés. Mais ainsi: « une certaine pratique de la religion est-elle incompatible avec les principes de la République ? » La réponse est évidente. Pas besoin d’être bon républicain, tricard dans un journal radical, militant laïcard ou lecteur d’Henri Pena-Ruiz pour y répondre.

 

Une Marocaine de 32 ans, mariée à un Français et mère de trois enfants nés en France, s’est récemment heurtée à cette barrière conceptuelle et s’est vue refuser la nationalité française au motif qu’elle « a adopté, au nom d’une pratique radicale de sa religion, un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment le principe d’égalité des sexes ». Le Conseil d’Etat, dans un arrêt du 27 juin 2008 (ci-dessous), a rendu la justice « au nom du peuple français » et rappelé que, même dans la vie privée, même dans l’intimité, la volonté du peuple prévalait sur celle d’Allah, de Mahomet, mais sans doute aussi de Jésus le Christ, de JHWH ou du grand Spaghetti volant des adeptes du pastafarisme.

 

Ce n’est pas la première fois que le degré de pratique religieuse est pris en compte pour se prononcer sur la capacité d’assimilation d’une personne étrangère, mais c’est la première fois qu’une pratique purement privée, sans menace de trouble à l’ordre public au sens matériel (sécurité, tranquillité, salubrité), est prise en compte de manière aussi caractérisée. Jusqu’à présent seules des personnes jugées proches de mouvements fondamentalistes ou ayant publiquement tenu des propos relevant de l’islam radical se sont vu refuser la nationalité française. Mais dans le cas de Faiza M., ce sont sa tenue vestimentaire et sa vie privée qui sont seules prises en considération pour lui refuser la nationalité française. Alors même que depuis son arrivée en France elle n’avait jamais « jamais cherché à remettre volontairement en cause les valeurs fondamentales de la République « , qu’elle n’a pris aucune position publique, qu’elle n’a pas non plus adopté un comportement ouvertement hostile à la mixité et le désir de parité de la société française (elle n’a pas refusé de se laisser tripoter par un gynécologue homme lors de ses trois grossesses), sur le seul fondement de son adhésion revendiquée aux principes de l’islam radical, Faiza. M. se voit refuser l’acquisition de la nationalité française alors que, par ailleurs, elle remplit toutes les autres conditions (y compris de maîtrise de la langue française, dont l’appréciation est habituellement des plus fantaisistes). Ainsi la liberté de conscience, l’ancêtre de toutes les libertés publiques, la racine (protestante) du libéralisme, l’enceinte sacrée de toutes les erreurs, de toutes les hérésies, de tous les mensonges, trouve sa limite dans l’exigence d’une assimilation minimale dont il faut pouvoir donner les preuves. Léviathan se réveille et rappelle que la souveraineté précède l liberté.

 

Quels sont les éléments constitutifs de ce défaut d’assimilation? D’après le commissaire du gouvernement, Emmanuelle Prada-Bordenave, la tenue de Faiza M est un premier élément. A trois reprises, Faiza M. se serait présentée « recouverte du vêtement des femmes de la péninsule arabique, longue robe tombant jusqu’aux pieds, voile masquant les cheveux, le front et le menton et une pièce de tissu masquant le visage et ne laissant voir les yeux que par une fente ». Par ailleurs, le couple reconnaît « spontanément » son appartenance au salafisme. Mais c’est peut être l’évolution même de Faiza M. qui a retenu l’attention du commissaire du gouvernement, une évolution personnelle qui ne va pas dans le sens d’une adhésion aux principes de la République. Faiza M. a en effet reconnu qu’elle n’était pas voilée quand elle vivait au Maroc et a indiqué « qu’elle n’a adopté ce costume qu’après son arrivée en France à la demande de son mari et qu’elle le porte plus par habitude que par conviction ». Enfin « D’après ses propres déclarations, a souligné la commissaire du gouvernement, elle mène une vie presque recluse et retranchée de la société française. Elle n’a aucune idée sur la laïcité ou le droit de vote. Elle vit dans la soumission totale aux hommes de sa famille . » Faiza M. semble « trouver cela normal et l’idée même de contester cette soumission ne l’effleure même pas », a ajouté Mme Prada-Bordenave, estimant que ces déclarations sont « révélatrices de l’absence d’adhésion à certaines valeurs fondamentales de la société française ».

 

Les esprits forts riront de ces fadaises, comme les demi-habiles que Pascal met en scène. Ils se gausseront en rappelant que nos grands-mères n’avaient sans doute pas plus que Faiza M. une conscience aigüe de la laïcité, des droits de l’homme, du droit de vote ou de l’égalité des sexes et que le combat pour l’acquisition de ces droits n’a pas germé dans l’esprit aliéné de la plèbe. La question n’est pourtant pas là. Peut importe ici ce que l’on exige, du moment que l’on exige quelque chose plutôt que rien.

 

Cette décision montre bien que la liberté de conscience, comme l’ensemble des libertés, que l’on présente généralement comme des droits fondamentaux, inaliénables, naturels, intangibles, irrévocables, etc, ne sont que des permissions de l’Etat, c’est-à-dire de la personnification institutionnelle du peuple souverain. D’un Etat plus ou moins tolérant, certes, plus ou moins libéral, mais qui n’accorde de libertés qu’autant qu’elles sont compatibles avec l’ordre public, lequel ne s’entend pas seulement comme un ordre matériel mais comme un ordre spirituel. La brave Faiza M. ne fait de tort à personne en vivant chez elle recluse et soumise, mais elle porte atteinte aux consciences et à l’ordre public spirituel c’est-à-dire à un monde d’idées que l’on impute au peuple et cette seule interférence avec le monde des idées suffit à justifier son exclusion de la communauté nationale.

 

On ajoutera que dans la présente affaire, la nationalité française a été refusée à Faiza M. mais que rien, absolument rien ne s’opposerait demain à ce que la nationalité française soit retirée à une personne portant un tel trouble à l’ordre public spirituel et aux consciences. Toute communauté, pour se définir comme communauté, génère ses propres limites et trace une frontière spirituelle qui réfute tous les cosmopolitismes. Le Conseil d’Etat vient de retrouver ainsi, dans les méandres d’une jurisprudence compliquée mais en pleine évolution, le vieux principe de la constitution des solidarités: Mme Faiza n’est pas des nôtres. Il n’en a pas tiré les conclusions qu’il aurait pu en tirer parce que la velléité succède à la décision: « sa vie n’est pas ici ». Mais, dans la stupeur de notre déclin, il a rappelé le vieux principe de l’amitié et de l’inimitié.

 

Morès

 

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CE 27 juin 2008, Faiza A.

 

Conseil d’État

 

N° 286798

Mentionné dans les tables du recueil Lebon

2ème et 7ème sous-sections réunies

M. Daël, président

Mme Sophie-Caroline de Margerie, rapporteur

Mme Prada Bordenave Emmanuelle, commissaire du gouvernement

 

lecture du vendredi 27 juin 2008

 

 

REPUBLIQUE FRANCAISE

 

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

 

Vu la requête, enregistrée le 10 novembre 2005 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, présentée par Mme Faiza A, demeurant … ; Mme A demande au Conseil d’Etat d’annuler le décret du 16 mai 2005 lui refusant l’acquisition de la nationalité française pour défaut d’assimilation ;

 

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;

Vu le code civil, notamment ses articles 21-2 et 21-4 ;

Vu le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;

Vu le code de justice administrative ;

 

Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de Mme Sophie-Caroline de Margerie, Conseiller d’Etat,

- les conclusions de Mme Emmanuelle Prada Bordenave, Commissaire du gouvernement ;

 

Sans qu’il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement :

Considérant qu’aux termes de l’article 21-2 du code civil, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : « L’étranger… qui contracte mariage avec un conjoint de nationalité française peut, après un délai de deux ans à compter du mariage, acquérir la nationalité française par déclaration à condition qu’à la date de cette déclaration, la communauté de vie n’ait pas cessé entre les époux et que le conjoint français ait conservé sa nationalité » ; qu’aux termes de l’article 21-4 du même code : « Le Gouvernement peut s’opposer, par décret en Conseil d’Etat, pour… défaut d’assimilation, autre que linguistique, à l’acquisition de la nationalité française par le conjoint étranger dans un délai d’un an à compter de la date du récépissé prévu au deuxième alinéa de l’article 26.. » ; qu’enfin, aux termes de l’article 32 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité : « Lorsque le Gouvernement veut s’opposer par décret en Conseil d’Etat, pour indignité ou défaut d’assimilation autre que linguistique, à l’acquisition de la nationalité française par le conjoint étranger d’un conjoint de nationalité française, le ministre chargé des naturalisations notifie les motifs de fait et de droit qui justifient l’intention de faire opposition… » ;

Considérant qu’il ressort des pièces du dossier que Mme A a reçu communication le 10 mars 2005 des motifs de fait et de droit justifiant l’intention du ministre de l’emploi, du travail et de la cohésion sociale de faire opposition à son acquisition de la nationalité française conformément aux dispositions précitées de l’article 32 du décret du 30 mars 1992 ; qu’elle n’est donc pas fondée à soutenir que le principe du contradictoire aurait été méconnu ;

Considérant qu’il ressort des pièces du dossier que, si Mme A possède une bonne maîtrise de la langue française, elle a cependant adopté une pratique radicale de sa religion, incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment avec le principe d’égalité des sexes ; qu’ainsi, elle ne remplit pas la condition d’assimilation posée par l’article 21-4 précité du code civil ; que, par conséquent, le gouvernement a pu légalement fonder sur ce motif une opposition à l’acquisition par mariage de la nationalité française de Mme A ;

Considérant que le décret attaqué du 16 mai 2005 n’a ni pour objet ni pour effet de porter atteinte à la liberté religieuse de l’intéressée ; que, par suite, il ne méconnaît ni le principe constitutionnel de liberté d’expression religieuse, ni les stipulations de l’article 9 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;

Considérant qu’il résulte de ce qui précède que Mme A n’est pas fondée à demander l’annulation du décret du 16 mai 2005 lui refusant l’acquisition de la nationalité française ;

 

D E C I D E :

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Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme Faiza A et au ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire.