CNAC : L’antiracisme s’invite au marché de Noël
La lecture des Dernières Nouvelles d’Alsace du dimanche 11 décembre dissimulait une perle rare. On a lu, certes, les articles sur les vengeurs démasqués d’Anticor, mais c’est un autre papier qui valait son pesant de bredele.
On y apprenait que le Collectif « Non à l’Alsace Consanguine » avait écrit au maire de Strasbourg pour s’offusquer du thème choisi par Antoinette Pflimlin pour son beau sapin : « La magie des Noëls blancs ». En savoir plus 
Connaissez-vous Lawrence Russell Brewer ? A propos de peine de mort aux Etats-Unis et du battage médiatique autour de Troy Davis…
Lawrence Russell Brewer a été exécuté cette nuit, au Texas, par injection létale. De cette exécution, les médias n’ont pas parlé et ne parleront pas.
Seul Troy Davis, exécuté le même jour, les intéresse. Lawrence Russell Brewer était blanc, Troy Davis était noir ; Lawrence Russell Brewer a tué un noir, Troy Davis a tué un blanc ; Lawrence Russell Brewer était un suprématiste blanc du Texas, Troy Davis un petit voyou de la Georgie. Mais personne n’a manifesté pour que la clémence soit accordée au premier, tandis que l’exécution du second ne peut être que raciste au pays du KKK.
Qu’importe que le Comité des grâces et des libérations sur parole de Géorgie composé de citoyens noirs et blancs ait refusé la clémence pour Troy Davis. Son exécution est quand même raciste, au pays du KKK. Lawrence Russell Brewer n’a pas eu, semble-t-il, la chance de voir son cas examiné par un Comité des grâces et des libérations sur parole du Texas, composé exclusivement de blancs, s’attarder sur son cas. Il n’intéresse personne puisqu’il n’était pas noir. Ainsi va la justice du monde, que seuls les petits voyous noirs victimes d’une justice raciste intéressent nos grandes consciences morales.
Robert Badinter s’est déclaré convaincu de l’innocence de Troy Davis. Il le sait mieux que les trois degrés de juridictions qui se sont penchées, successivement, sur son cas, mieux que le Comité des grâces qui a étudié l’affaire de Troy durant plusieurs semaines, mieux que la Cour suprême des Etats-Unis saisie à plusieurs reprises au cours des vingt années de procès. M. Badinter le sait du haut de sa conviction que la peine de mort est mauvaise quand un petit voyou noir de Géorgie est victime d’une exécution raciste.
Mais sur notre suprématiste blanc exécuté le même jour par la justice texane, il n’y a pas eu un mot, pas une protestation, comme si le grand principe abolitionniste avait toujours besoin d’une grande injustice pour que nos grandes consciences nationales se poussent encore un peu du col. Plaisante justice qu’une couleur borne: vérité de l’ébène et mensonge de l’ivoire…

