ANGLETERRE ET EXTRÊME DROITE : AU PAYS DE L’HABEAS CORPUS
Payant au prix fort la financiarisation intégrale de son économie, le Royaume Uni est aujourd’hui le pays de l’Union Européenne le plus touché par la crise. Le temps est loin où les libéraux, à commencer par notre président de la République, le citaient en exemple. Adieu les lendemains chantant de la mondialisation heureuse; c’est désormais l’explosion sociale qui menace.
Dans ce contexte de déréliction l’extrême droite locale connaît une progression régulière qui inquiète l’establishment politique et affole les moralistes au point que, dans la panique, certains n’hésitent plus à remettre en cause les plus anciennes traditions du pluralisme démocratique.
Deux informations parues dans Le Monde du samedi 14 février sont à cet égard révélatrices d’un climat de paranoïa et de chasse aux sorcières qui n’est pas sans rappeler ce que les amateurs de pathos ont pris pour habitude de nommer « les heures les plus sombres ».
La première concerne l’Église anglicane, la confession majoritaire outre-Manche. En début de semaine un synode de l’Église nationale dont on ne peut douter que les conclusions ont été inspirées par le souffle divin a interdit à ses pasteurs d’adhérer au British National Party, sorte de FN britannique qui consacre l’essentiel de son énergie à combattre l’immigration issue du tiers-monde.
Le motif invoqué par les ecclésiastiques anglais est que les valeurs chrétiennes ne sont pas compatibles avec celles que véhicule le BNP. En bonne logique, cela doit signifier qu’un chrétien authentique, s’il s’en trouve, doit non seulement s’interdire de porter un jugement négatif sur le fait migratoire mais qu’il pourrait bien lui être recommandé d’en exiger l’accroissement sous peine d’excommunication. Cette innovation théologique ne laisse pas de surprendre, mais les volontés de Dieu étant impénétrables (à la différence des frontières), on ne doute pas que les croyants sincères auront à coeur de suivre leurs prélats afin de transfigurer l’Autre en nouveau Christ collectif missionné pour rédimer les malheureux pêcheurs insulaires
Si le synode, attentif au maintien des valeurs chrétiennes, s’est prononcé avec courage sur les diaboliques méfaits du BNP il n’a rien dit, en revanche, sur les traders fous, les banquiers indélicats, les amateurs de titrisation, les fabricants de faux bilans, les agents de notation corrompus et les faiseurs de crédits toxiques, toutes catégories d’individus dont la malfaisance ne saurait approcher celle, redoutable, des populistes xénophobes. Sans valoir approbation, ce silence, dans un contexte de croisade moralisatrice, laisse supposer au quidam que l’industrie financière, même dans ses excès, ne saurait être considérée comme un obstacle à l’incarnation des valeurs évangéliques de charité et de pauvreté…
Conscient quant même de la témérité des décisions entérinées par le synode le secrétaire général de la docte assemblée a néanmoins prévenu que ces vénérables résolutions pourraient être juridiquement contestées. Il se trouve en effet que le BNP est constitutionnellement autorisé et que les membres du clergé sont réputés libres d’adhérer au parti politique de leur choix. Petit bémol légaliste qui montre que les démocraties n’ont pas encore accompli, hélas, tout le chemin qu’il leur faut parcourir pour se démettre de leurs principes afin de résister au Mal.
La seconde information concerne le député néerlandais Geert Wilders. Ce ci-devant élu libéral a quitté sa formation d’origine pour fonder le « Parti pour la liberté aux Pays-Bas », mouvement qui se consacre essentiellement à dénoncer ce qu’il désigne comme les effets pathogènes de l’immigration musulmane dans un pays jusqu’à peu présenté comme une vitrine de la tolérance multiculturelle. Dans un climat marqué par des tensions intercommunautaires grandissantes, Wilders a été menacé de mort par les barbus locaux et il ne se déplace qu’accompagné d’un essaim de gardes du corps détachés par la puissance publique échaudée par les dramatiques précédents des affaires Pim Fortuyn, Théo Van Gogh et Ayaan Hirsi Ali. Il faut dire que Wilders n’y va pas de main morte en assimilant le Saint Coran au « Mein Kampf » d’Adolf Hitler. Il y a quelques mois, pour illustrer sa démarche dénuée, on en conviendra volontiers, de tout esprit oecuménique, il a commis un clip intitulé « Fitna » (discorde). Les croyants musulmans comme les adeptes de la tolérance y voient un immonde pamphlet islamophobe mais la justice néerlandaise pourtant très chatouilleuse sur le sujet du racisme n’y a rien vu à redire. C’est justement ce film qui était projeté l’autre jour à la Chambre des Lords. Devait suivre un débat avec Geert Wilders. Le débat n’a pas eu lieu.
Dés son arrivée à l’aéroport londonien d’Heathrow le député hollandais a été arrêté puis renvoyé vers Amsterdam comme un vulgaire sans-papiers. Raison invoquée par les officiels britanniques : ses propos contre l’islam représentaient une menace pour le Royaume Uni. Le gouvernement des Pays-bas s’est offusqué et son ministre des affaires étrangères a promis qu’il soutiendrait Geert Wilders si celui-ci se décidait à intenter une action contre la Grande Bretagne, la violation des accords de libre circulation entre pays membres de l’Union étant ici manifeste. Les « antifascistes » britanniques, quant à eux, se sont réjouis de cette expulsion montrant ainsi qu’il savent reconnaître l’utilité des frontières qu’ils prétendent par ailleurs abolir.
Deux faits, mineurs sans doute, mais qui s’ajoutent à beaucoup d’autres de même calibre liberticide. Dans une Angleterre qui a inauguré très tôt le cycle moderne de l’émancipation politique de l’individu comme dans une France qui se veut missionnaire des droits humains l’heure du reflux semble avoir sonné. Comme si la nécessité de faire accepter aux récalcitrants une immigration que plus personne ne maîtrise passait par la réduction progressive de libertés chèrement acquises. Et ceci sous les applaudissements des dévots de l’altérité.
La diversité serait-elle le fourrier du despotisme à venir ?
Coclès
Illustration : « Honi soit qui mal y pense »
L’évêque et le grand rabbin

Si il est vrai que les voies du Seigneur sont impénétrables, les saints hommes qui s’en disent les interprètes sont bien souvent tout aussi déroutants. Un prélat catholique anglais, tout juste réadmis dans le sérail, fait scandale et ceux qui n’aiment pas le Pape ou souhaiteraient lui dicter la manière dont il doit conduire son magistère en profitent pour faire comme si le soupçon de révisionnisme devait s’étendre à l’ensemble de l’Église. Une Église que la conscience masochiste du pêché et une longue campagne de déstabilisation rend particulièrement fragile vis à vis de ce type de manoeuvre.
C’est un jeu sournois mais finalement assez classique. Plus que les milliers de bombes qui se sont abattues sur Gaza, la manipulation médiatique est une arme de destruction massive qui laisse à ses victimes bien peu de chance de sortir indemnes des opérations que la situation monopolistique des grands organes de presse lui permet d’entreprendre sans grand risque de se heurter à la contradiction.
Laissons là Mgr Williamson et tournons-nous un moment vers les donneurs de leçons. Comme nous l’apprend le site internet du Jérusalem Post le récent conflit israélo-palestinien a donné à l’ancien grand rabbin séfarade d’Israël, Mordechai Eliyahu, l’occasion d’exprimer une forte pensée dont on aimerait être sûrs qu’elle n’est pas représentative du judaïsme israélien tout entier, fut-il séfarade.
Eliyahu a, en effet, écrit au premier ministre Ehud Olmert pour le persuader, arguments théologiques à l’appui, que les civils gazaouis étant tous collectivement responsables des tirs de roquettes sur le sud du pays, ils méritaient un châtiment aussi exemplaire qu’indifférencié. Selon l’ancien grand rabbin, dont la prose a été distribuée dans toutes les synagogues du pays, rien ne s’oppose moralement à ce que les civils palestiniens subissent les contrecoups de leur complicité objective avec les « terroristes ». A l’appui de son raisonnement, il cite l’histoire biblique du massacre de Sichem (Genèse 34) et le commentaire de Maimonide (Lois des Rois, 9, 14).
Joint par des journalistes, son fils, lui même grand rabbin de la ville de Safed, a surenchéri. « Si les roquettes ne s’arrêtent pas après que nous ayons tué 100 palestiniens, alors nous devons en tuer un millier. Et si elles ne s’arrêtent pas après que nous en ayons tué 1000, alors nous devons tuer 10 000 palestiniens. Si elles ne s’arrêtent pas, nous devons en tuer 100 000, même un million. Quoi qu’il en coûte pour les faire cesser« .
Contrairement à ce que font beaucoup, au risque de voir le boomerang de la mauvaise foi leur revenir inopinément dans le figure, il ne faut pas généraliser, comme on dit. De même qu’un grand rabbin, et même deux, ne font pas le judaïsme, il est peu probable qu’un évêque anglais fasse l’ensemble de l’Église romaine. Que l’un donne dans la soustraction des morts alors que l’autre envisage leur sainte multiplication n’a ici qu’une importance relative.
Ce qui parait certain en tous cas, c’est que l’angélisme éthique dont se prévalent aujourd’hui les divers monothéismes doit sans doute davantage à la nécessité dans laquelle ils se trouvent de composer avec une sécularisation massive, et aux accommodements qu’elle implique, qu’aux textes fondateurs où réside leur logique profonde. C’est aussi vrai en Europe qu’en Israël où l’on voit bien que s’écartant des recommandations du grand rabbin de Safed (fondées sur divers génocides cananéens bénis par Dieu) le gouvernement d’Ehud Olmert a eu l’insigne sagesse de se contenter d’un bon millier de morts seulement et de quelques autres milliers de blessés…
Ceci dit, une autre question ne peut manquer de tarauder l’observateur: où se trouve donc, dans le monde musulman, les forces de sécularisation susceptibles de mettre un frein aux exigences du Saint Coran et à l’exemplarité guerrière de son Prophète ?
Coclès
Tous les chemins d’expulsion mènent aux Roms !
La fin de l’année approche et chaque électeur de Nicolas Sarkozy doit se demander anxieux « mais où en est Brice Hortefeux avec ses 25 000 expulsions d’immigrés et sans papier annoncées? ». Donnons lui une chance de remplir sa dure et enthousiasmante tâche et ne perdons pas de temps à Strasbourg, à Koenigshoffen notamment ! Bientôt la trève hivernale… Nous vous l’avions évoqué il y a quelques mois, dans une note qui avait remporté un franc succès, un camp illégal est installé à l’entrée de ce quartier, déjà bien (trop) chargé en termes d’immigrés non intégrés. Depuis, le camp transformé en bidonville de plusieurs familles Roms s’est sérieusement implanté, on peut légitimement se demander pourquoi.
Hosannah ! ce matin dans les Dernières Nouvelles d’Alsace, journal qui se transforme jour après jour en chronique des expulsions annoncées (et bien évidemment dénoncées dans des articles « citoyens »), nous apprenons sous la plume larmoyante de Mme Grandgeorge que ces familles sont à nouveau « menacées » d’expulsion. Le lecteur alsacien lit ainsi ces phrases terribles qui rappelent des périodes sombres de notre histoire : « Pas d’eau, pas d’électricité, pas de sanitaires. Quelques planches et des vieux tapis à même la terre pour ne pas trop patauger dans la boue par temps de pluie. »
Effectivement, ces familles semblent dénuées de certains choses élémentaires mais Mme Grandgeorge et les nombreuses associations qui viennent en aide à ces familles ne doivent pas passer régulièrement devant ce campement, sinon tous verraient les rutilantes berlines (une Audi Passat, une Mercedes et ce matin même, un joli 4/4 Mercedes camouflé sous une bâche bleue etc…) qui servent sans doute de poulailler ou qui doivent être entreposées ici en vue d’un échange futur…
Nous apprenons encore, ironie de l’histoire que ces familles « vivent des allocations familiales et de l’aide des oeuvres caritatives. » Chacun de nos lecteurs appréciera de savoir vers quels produits de première nécessité va son argent…
Il reste néanmoins un espoir, celui d’une expulsion prochaine, qu’on espère rapide, pour qu’enfin les quotas de M. Brice Hortefeux soient respectés dans notre région. En effet « La demande d’expulsion a été rejetée pour vice de forme. Le tribunal administratif statuera sur le fond samedi », précisent les membres du comité Romeurope Alsace, un collectif qui regroupe Médecins du Monde, ADT Quart Monde, le DAL, la Cimade, le MRAP, l’Aumônerie de rue, la Ligue des droits de l’homme, RESF. »
Vivement samedi…et vivement que la justice passe et que ce campement soit démantelé…mais je le dis sans pathos (comme l’écrivait récemment un autre journaliste des DNA à propos de l’affaire Céline)…
Palamède
Pamphlet N°2
Dans la Malraux coule la haine,
De Céline qu’on efface en secret et sans peine.
C’était sans compter l’œil attentif de quelques lettrés
Qui font de cet évènement une bataille justifiée
Lorsque Roland du haut de sa tour d’argent
Bardé de son agrégation de lettres et faisant de lui un bien-pensant
Décide de l’irrévocable sur les conseils de Raphaël, son maître
Qui ne peint que la médiocrité d’une pensée de blette,
C’est toute la littérature qui s’en trouve bafouée
Traînée dans la boue par le spectre de l’unique pensée
De cabinet, celui de Roland porte bien son nom
Entre branlette intellectuelle inutile et déraison
Les petits camarades du 9ème deviennent censeurs par passion
Face à une telle ribambelle de cons,
On crie bien vite : aux chiottes, aux chiottes Roland, vil puceron
Qui n’a pour étendard littéraire que son étroite vision !
Le poète crotté
Le poing sur la ville N°1
Culture à Strasbourg ?
Là, la devise de Roland Ries c’est « honni soit qui mal y pense ! » Et pour mettre l’adage municipal en musique, un petit soviet d’intellos triés sur le volet: Daniel Payot, Yaël Boussidan, Freddy Raphaël, Souad el Maysour…
Une récente interview, dans le magazine Poly, de M. Daniel Payot, Adjoint à « l’action culturelle » (la culture sans l’action ça fait un peu réac) nous a fait bondir. Trois pages de mots creux à l’inanité sonore, « action culturelle », « citoyenneté » et tout le fourbi des locutions à la mode qui ne disent pas grand chose tout en signifiant une connivence appuyé avec l’air du temps.
Pour l’ancien Président de la Faculté des Sciences Humaines, Daniel Payot, il s’agit d’un retour en grâce bienvenue, après son départ…précipité vers l’Afrique. Ses collègues universitaires ne l’avaient pas ménagé, tant il est vrai que sa politique, à la tête de Marc Bloch n’a pas laissé des souvenirs impérissables….et c’est un euphémisme !
Depuis, il a dû chanter comme Michel Sardou « Afrique Adieu » (il aurait été malvenu de chanter « Au temps des colonies » vu ses nouveaux collègues) et le voilà dans l’équipage Ries. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’interview laisse pantois.
Charabia et bonne pensée à tous les étages. Pas une once d’originalité mais du verbiage à la tonne. c’est comme le robot du magicien d’Oz ; on frappe dessus pour s’assurer que ça respire et il n’en sort qu’une brise toute emplie de son vide. Du vent saupoudré de mélasse de Perlimpinpin.
Ne boudons pas notre plaisir et citons le cœur de cette intervention : « (…) l’idée d’ensemble l’apparaît être une intégration cohérente des initiatives en matière de culture dans une politique globale de la ville et dans un plan de développement urbain cohérent et équilibré, une vision de la culture comme instrument de restauration du lien social et d’accès à la citoyenneté, une facilitation de l’accès du plus grand nombre à la culture (par des projets de type “ éducation populaire”»
M. Payot s’égare sur le pont aux ânes…
Une fois traduits en français courant ces amphigouris technocratiques signifient que la culture c’est tout sauf de l’art, des lettres, du théâtre ou du cinéma. Ca ressemble à de la géographie pour déménageur d’espace, à de la sociologie du lien social et à du baratin citoyen pour ville en détresse. Bref tout ce qu’il est devenu coutumier de regrouper sous l’étiquette pompeuse de « politique de la ville ». A qui tout cela est-il destiné? Pour qui tant de formules alambiquées et de fariboles syntagmatiques? Pour le « populaire » nous répond-on dans cette novlangue orwellienne où le signifiant a pour mission première de démentir le signifié.
Réponse emprunté à Renaud Camus « (…) le mot populaire, en novlangue se mêle de signifier presque exclusivement à présent immigré, peuplé ou constitué d’immigrés ou de descendants d’immigrés, voire extraeuropéen, comme s’il était entendu une fois pour toutes qu’en France il n’y a plus de peuple que néo-français. ». Le plus intrigant, c’est que le mot « art » est absent de l’interview (trop élitiste sans doute) mais remplacé par le très en cour « culturel », vaste fourre-tout où les responsables socialistes se plaisent à fourguer toutes les camelotes du temps présent. Quand tout est culture, le relativisme est à la fête.
Mais le projet socialiste ne s’arrête pas aux vaticinations de M Payot…
En bonne société hyper démocratique et anti-raciste, le livre n’est pas
à la fête. Mme Souad el Maysour si…
On s’empressera d’aller voir le travail personnel de la missionnée culturelle, Mme Souad el Maysour, qui n’est pas la moitié d’une plasticienne… Dans la société hyper démocratique d’obédience anti-raciste telle qu’on nous l’impose, son travail ne peut que plaire, surtout à ceux qui pensent comme il faut penser : repentance et flagellation du méchant colonisateur sont au programme.
Le plus savoureux, mais qui ne fera pas rire tout le monde, c’est que ces « œuvres » seront exposées en décembre prochain, lors d’un colloque psychanalytique drivé par l’excellent Jean-Richard Freymann. Subventionné par la Ville (ce qui est dans l’ordre des choses), ce colloque sera aussi le lieu d’une exposition d’art ; devinez laquelle ? Eh oui, celle de Mme Maysour. On n’est jamais si bien servi que par soi-même non ?
Il est vrai que Mme la vice-présidente de la Communauté Urbaine de Strasbourg chargée de la culture est très sourcilleuse sur les questions d’argent, de marchés publics notamment. L’attribution des marchés publics d’achats de livres de la CUS ne lui donne pas toujours entièrement satisfaction. Qu’à cela ne tienne, là voilà qui réfléchit à des séances de formation pour les libraires ne sachant pas correctement remplir leurs dossiers, histoire d’augmenter leurs chances face à un soi-disant ogre livresque du centre-ville….
Il est vrai que la passion du dialogue et de la concertation, mots d’ordre de l’équipe Ries a déjà fait une victime, pourtant fort fréquentée : la Bibliothèque Idéale, qui les deux dernières années avait rassemblés plusieurs milliers de lecteurs autour d’une belle affiche littéraire et de nombreux écrivains. Trop Grossmannienne sans doute, surtout quand on se souvient de la polémique entretenue l’année dernière par la gauche, au sujet de l’organisation conjointe de la Ville et de la Librairie Kléber.
Louis-Ferdinand Céline aux chiottes ? Et pourquoi pas Wiesel ?
Mais surtout n’allez pas croire que la littérature est mal-aimée dans l’équipe Ries. Elle y a même des lecteurs terriblement attentifs. Prenez par exemple une conseillère de M. Le Maire, Mme Yaël Boussidan. Ce n’est pas une dilletante. Alertée par le sociologue Freddy Raphaël, vieux chien de garde devant l’Eternel, elle a sonné les cloches à toute volée, un véritable tocsin. Et ce ne furent qu’étranglements offusqués avec aspersion d’eau bénite anti-fasciste. Et pourquoi tout ce tintouin ? Pour une histoire de tinette ! Oui, une citation de Louis-Ferdinand Céline (horresco referens !) a été inscrite sur les murs de la nouvelle Médiathèque André Malraux (vous savez, c’était le grand copain de Drieu La Rochelle…) !
Qu’on se rassure cependant, là où elle se trouve, en effet, cette citation ne portera nul ombrage aux réputations délicates. C’est sur la porte des toilettes du rez-de-chaussée qu’elle a été inscrite. Dans un endroit pareil on aura vite fait de la faire disparaître, non ? Cela en dit plus long que tous les discours sur la mentalité d’épuration qui règne dans certains cerveaux. Mais cela en dit aussi très long sur l’estime portée à Céline par les concepteurs du site.
Pourquoi a t-il droit à ce traitement de faveur ? Pourrait-on imaginer une citation d’Elie Wiesel ou de Marek Halter, dans un lieu, qui pour être nécessaire n’en paraît pas moins vil ? Il est vrai que ces auteurs de second rayon sont les favoris de la nouvelle municipalité, au point que l’Adjoint Eric Elkouby s’est empressé récemment d’accueillir en grandes pompes, ceint de son écharpe tricolore, Elie Wiesel de passage à Strasbourg ; ce qui a aussi donné lieu à un discours long comme un jour sans pain de Roland Ries. On imagine l’accueil endiablé dans quelques semaines, quand Halter sera parmi nous !
On résumera tous ces éléments par une autre citation de Renaud Camus dans son récent « La grande déculturation » (Ed. Fayard) : « Peut-être aurions-nous dû ne pas oublier que la culture était apparue, sinon sur les ruines, du moins à proximité et presque en remplacement, de l’art, de la connaissance, des Lettres et des Belles-Lettres, des Humanités, de la lecture au sens où l’on disait d’un homme qu’il avait beaucoup de lecture, à l’époque classique. »
Laurent Husser
Pamphlet N°1
Décidément, c’est la saison des nouveaux venus… Les plumes qui nous rejoignent, témoignent comme nous le martelons inlassablement, de la varité des sensibilités de gens de droite à Strasbourg. On annonce aussi un retour « fracassant » dans nos rangs. Après Hecatonchire, Le poète crotté, s’est proposé de publier sur notre site quelques vers sous forme de pamphlets. Le début d’une longue série espérons ! A noter pour les amateurs de cryptage que son nom de plume, est une référence à la série de films Angélique…
LDS

Pamphlet N°1
Enfin le mois de mai est terminé, avec son lot de succès et d’échecs
Fabienne K. et Robert G. se sont fait, par Roland, clouer le bec
D’aucun diront que la Droite à Strasbourg n’existe plus,
Ou bien qu’elle n’a qu’une seule véritable figure émue.
Celle de la dame au cœur d’or, qui aime tout le monde et a tant changé
Montée aux nues par Jean-Philippe V. son preux chevalier
Et les quelques spadassins qui vont sur les routes nus pieds
Prêcher le changement qui en 7 ans ne les a jamais effleuré.
Que reste t-il au milieu de tout ce vacarme, de ce bruit ?
Un peu de jeunesse et beaucoup d’ennui
Les têtes doivent tomber et par de nouvelles figures être remplacées
L’Alsace, vantée partout comme une terre d’accueil
En politique n’est qu’un bourbier de vieux élus vissés à leurs fauteuils
Qui une fois élus, mis en avant par leurs fonctions
Ne songent pas à leurs concitoyens mais seulement à leur réélection
Voulez-vous du changement dans cette espace si restreint
Ou le profit ne naît pas du travail mais des mandats ?
Alors que la Gauche s’embourgeoise et se renforce chaque jour
La Droite s’étouffe de tant de mauvais atours
A droite voici que les années passent
Les jeunes espoirs, eux, dans l’ombre
Trépassent.
Le poète crotté
L’ARROGANCE COMPASSIONNELLE
Même si l’on en connaît pas tous les tenants et aboutissants, la rocambolesque razzia d’enfants organisée au Tchad par les polichinelles de l’Arche de Zoé dévoile l »impensé qui taraude l’industrie de l’humanitaire, ses principaux acteurs comme les innombrables samaritains qui les financent.
Il y a d’abord ce préjugé massif qui veut que l’Occident blanc soit un pays de cocagne hors duquel aucune humanité ne saurait valablement s’épanouir. L’Occident est un havre disent-ils en termes voilés et même le seul havre qui se puisse imaginer (en termes voilés car l’occident, dans le même temps, est l’objet d’une persistante campagne d’auto dénigrement qui s’en prend à son passé tout entier criminalisé).
Au delà de son horizon il n’y aurait que les affres de la guerre civile, les risques pandémiques, l’ignoble travail des enfants, la faim, la misère et la barbarie. Face à ce lot inépuisable de calamités en tous genres, il y a le devoir d’ingérence, forme élégante et post-moderne du mépris des autres. Des autres toujours décrits comme des victimes d’une méchante fatalité et de ce fait délestés de leur statut de sujet historique.
L’AUTRE, EMBLÈME DU BIEN
Car l’Autre, en effet, est doté dans nos démocraties post-modernes d’une figure ambiguë.
Il est béni quand il a fait l’effort de l’arrachement et qu’il s’est déraciné pour venir jusqu’à nous. Traversant mille obstacles réels ou fantasmés, il a pour ainsi dire voté avec ses pieds et consacré par son difficile périple et le traumatisme de l’exil l’élection de l’occident comme Terre Sainte des droits humains et de l’opulence infinie.
Cet Autre est devenu d’autant plus méritant qu’il flatte notre insolence ethnocentriste en désignant notre propre parcours historique comme étant le seul conforme aux principes de l’universel. Un universel qui, soit dit en passant, pourrait bien n’être qu’une ruse de notre particularisme. Cet Autre là doit être cajolé en proportion des efforts qu’il a consentis pour s’établir dans le Saint des Saints. Pour lui donc, des logements, tout de suite, et à la taille de sa nombreuse famille; pour lui, des soins gratuits comme n’en connaissent aucuns des cotisants à la Sécurité Sociale et aux diverses mutuelles; pour lui, un travail immédiat et digne avec, si besoin est, le coup de pouce de la discrimination positive; pour lui qui se heurte sans cesse à l’inépuisable xénophobie d’autochtones fascistoïdes qui se refusent à croire dans les vertus citoyennes du métissage, au moins des allocations quel que soit son statut légal car la légalité ne saurait primer sur les exigences de l’égalité; pour lui, surtout, la reconnaissance de sa différence, dussent la nôtre en pâtir.
Mais ne sommes nous pas, par le truchement d’un universel dont nous fûmes les seuls accoucheurs, la quintessence même de l’humanité enfin réalisée par suspension de l’origine, sa glorieuse avant-garde cosmopolite? N’avons nous pas atteint ce niveau d’abstraction qui fait croire à nos élites pensantes que nous sommes désormais, comme les nomades modernes d’Attali, de perpétuels voyageurs, sans ombre, sans terreau et sans histoire, susceptibles de se caser partout avec aisance (mais de préférence dans les bulles off-shore, uniformes et climatisées qu’affectionnent les membres de la Nouvelle Classe)?
C’est sûr, réaliser en sa personne toute la substance de l’universel, cela intime des devoirs, mais cela donne surtout des droits. Obligation d’aimer, droit de haïr aussi celui qui se refuse aux commandements que nous prétendons lui imposer pour son bien.
Décryptage médiatique N°5. Lagrasse : de l’art de l’irrespect contre des moines catholiques et contre des livres.
Prenez un petit village près de Carcassone, Lagrasse. Prenez son Abbaye, fondée vers l’an 8OO et actuellement partagée entre la collectivité locale et une communauté de moines dits traditionnalistes, les Chanoines de la Mère de Dieu. Prenez ledit Conseil Général, dirigé par un socialiste Marcel Rainaud. Il n’est pas content d’après Le Figaro : « Furieux que les religieux aient acheté la partie d’abbaye qu’il convoitait pour « dynamiser le circuit touristique », le président PS, Marcel Rainaud, a lancé une procédure d’expropriation après l’arrivée des chanoines, sans résultat jusqu’ici. » La classe incarnée, non, de vouloir virer des moines ? (http://www.lefigaro.fr/france/20070804.FIG000000912_l_abb…)
Une manifestation littéraire est organisée dans la partie publique de l’Abbaye, le Banquet du livre, qui cette année est placée sous le patronage de Pascal Quignard, grand écrivain que l’on a déjà connu plus inspiré et surtout RESPECTUEUX de la vie spirituelle et de l’intelligence. Mais là visiblement, le titre de la manifestation intrigue : La nuit sexuelle. Au menu : des lectures, la présence de plusieurs écrivains, notamment Catherine Millet, grande prêtresse de l’échangisme. Mais aussi des projections de films comme « Salo » de Pasolini, « L’empire des sens » d’Oshima et d’autres films joyeusement sexuels . Rappelons que « Salo » est basé sur les « 120 journées de Sodome » du Marquis de Sade et que le film japonais montre une séquence d’émasculation définitive.
Bref, on l’aura compris, voilà de quoi faire grincer les dents de beaucoup de gens, pas forcément catholiques et qui peuvent légitiment s’insurger qu’à quelques mètres de moines qui prient et chantent du grégorien, dans un lieu dévolu au recueillement, l’on répande ainsi l’esprit du monde, le plus délibérément provocateur et sexuellement un poil dérangeant, sous couvert d’intellectualisme.
Un jardin des Simples contre la logique du tourisme de masse ?
« Les relations ont été tendues, c’est vrai. Mais tout va mieux aujourd’hui », tente de temporiser le père abbé. Ce n’est pas l’avis de Marcel Rainaud. « Il y a une certaine colère qui gronde », dit-il avec l’accent rocailleux du pays cathare. Il doute d’abord « fortement de la capacité financière des chanoines pour entretenir ce patrimoine ». Il est aussi énervé du fait que « les visiteurs doivent cracher deux fois au bassinet ». Un billet est en effet requis pour entrer dans la partie publique de la splendide abbaye, dont les fondations remontent au VIIIe siècle, un autre pour entrer dans celle des religieux qui entretiennent un jardin de « simples » dans la plus pure tradition médiévale, et qui font résonner leur chant grégorien sous les voûtes. « Il n’y a rien d’anticlérical dans ma rancoeur, assure Marcel Rainaud. Nous souhaitons simplement permettre et développer l’usage touristique des bâtiments. »
Mais bien sûr… On notera le savoureux passage concernant l’achat de deux billets pour visiter les deux parties de l’Abbaye. Ainsi, selon cette logique, il serait anormal de payer pour visiter le jardin des moines, qui rappelons-le n’ont que peu de moyens financiers. Notons aussi qu’un jardin des Simples contient des plantes souvent disparues ou peu utilisées, utilisées au Moyen-Âge pour se soigner, se nourrir, cuisiner ou parfumer.
Des livres souillés
L’irréparable n’a pas tardé. Dans Libération on relève : « Dans la nuit du 8 au 9 août, des inconnus ont pénétré dans les salles de l’abbaye de Lagrasse, où se tient depuis dix ans cette manifestation littéraire de qualité, et recouvert d’huile de vidange et de gas-oil les 10 000 ouvrages. »
C’est un acte évidemment condamnable. A qui profite le crime ? S’il s’agit d’agitateurs catholiques, c’est profondément contre-productif. Mais ce « crime » pourrait aussi servir certaines visées politiques, qui pourraient favoriser l’expulsion des moines…
On apprend ainsi que « Le conseil général de l’Aude (PS), dans un communiqué, a parlé d’une «symbolique de l’autodafé» et a porté plainte. » On voit qu’avec le terme fort et inapproprié d’ « autodafé » on fait référence au nazisme – toujours et encore bouc émissaire anachronique…
L’un des organisateurs s’explique : «On n’a pas imaginé faire œuvre de provocation en choisissant ce thème. Et puis c’est un bâtiment public, je croyais qu’on vivait en France ». On apprend encore qu’ « une nouvelle librairie consacrée à la censure et aux fondamentalismes religieux a été immédiatement constituée. »
De là à crier au fondamentalisme religieux… un pas que Libération saute en mettant en cause un site de catholiques engagés, Unitas (http://www.unitas.fr/) qui a lancé une pétition contre les organisateurs et qui relatait cette affaire de façon un peu déplacée mais pas dénuée d’ironie : « la fine fleur des esprits tordus se réunir pour célébrer, une semaine durant, cette Nuit sexuelle qu’ils imaginent sans doute porteuse de quelque puissances occultes. »
Relevons enfin que Libération se fend d’un jeu de mots minable pour son article : « Lagrasse Maculée conception » (http://www.liberation.fr/culture/271958.FR.php)
Au final, il reste quoi de cela ? Une provocation imbécile et déplacée contre des moines et leurs symboles, des milliers de livres abîmés et des querelles insurmontables….
Décryptage médiatique N°3. Marguerite Yourcenar : cachez cet écrivain de droite que je ne saurais voir !

France Culture a des éclairs de génie. Une série de 15 émissions sur Marguerite Yourcenar, préparée par l’écrivain Clémence Boulouque a durant quelques jours, enchantée les amateurs de littérature et de culture française et européenne. A écouter : http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/dossier…
Certains sujets chers à cet auteur sont longuement abordés, pour mieux cerner cette figure marmoréenne, alors que l’on s’apprête à célébrer (du moins peut-on l’espérer) le vingtième anniversaire de sa disparition, en 1987.
Mais lors de deux émissions, certains n’ont pu s’empêcher d’aborder le sujet qui fâche, l’éventuel « côté sombre » de Marguerite Yourcenar : c’est peut-être un écrivain de droite !
Celle-là, on ne l’attendait pas aussi tôt. L’auteur des « Mémoires d’Hadrien » ressuscitant au fil des pages la grandeur de l’Empire romain, ou d’un essai sur l’écrivain japonais Mishima, fasciste notoire ne pouvait pas y échapper, du moins pas sur France Culture. Même si des pincettes ont été prises, on sent tout ce beau monde universitaire un peu gêné aux entournures.
Pensez donc dès 1929, elle est déjà accusée d’antisémitisme dans un livre qui lui est consacré. Forcément, qui dit « écrivain de droite » dit antisémite.
Certains des doutes, des incompréhensions voire de la haine de l’Empereur Hadrien contre les juifs, évoqués dans son roman rendent certains commentateurs soupçonneux. Heureusement, le spécialiste invité ce jour-là, gomme cette image d’une phrase : il s’agit là d’ « une confusion entre ses personnages et elle, entre ce qu’ils pensent et ce qu’on prête à l’auteur.» Ouf…
Et cela n’a pas lieu d’être quand on est un lecteur un minimum intelligent peut-on rajouter.
Malheur, elle avait pourtant aggravé son cas dans son roman « Le coup de grâce » où elle parle de la « race juive ». Le commentateur, toujours docte balaye cela d’un coup méprisant en expliquant qu’elle «reprenait là les clichés propagés par « toute cette littérature à droite, raciste, xénophobe et évidemment antisémite ».
Nous vous le disions déjà au fil de nos articles, l’écrivain de droite est un salaud.
Jean d’Ormesson : » je ne m’occupe que très peu des opinions politiques des écrivains«
Heureusement, Jean d’Ormesson est aussi invité dans l’une des émissions nommée « Une femme sous la Coupole ».
Il est vrai qu’au moment de son élection à l’Académie Française, certains ont hurlé au scandale tel l’Académicien André Chamson qui la trouvait selon l’animatrice Clémence Boulouque « trop droitiste, une personnalité trop marquée à droite ».
Et Jean d’Ormesson de répliquer : « elle n’était pas très à droite ; d’ailleurs, elle n’était pas giscardienne ! Je ne m’occupe que très peu des opinions politiques des écrivains ». C’est aussi cette sage décision que certains devraient prendre…
Une aristocrate magnifique
Enfin, dans l’émission intitulée « Le mythe de l’histoire » on s’interroge, au sujet du thème de la décadence que Marguerite Yourcenar ne cessera de manier.
Et voilà ce qu’on entend de la part de Mme Boulouque lors de cette émission « Cette omniprésence du thème de la décadence, a fait l’objet d’une critique de Yourcenar ; certains verraient en elle un écrivain un peu droitier, d’autant plus que sa réappropriation des thèmes antiques de l’entre-deux guerres s’est faite, comme l’ont fait un certain nombre d’auteurs qui voyaient là une occasion de parler d’un rappel à l’ordre, d’une communion avec un modèle antique, qui serait une critique de la modernité. Elle se réapproprie ces thèmes aussi, dans une critique de la modernité mais qui ne serait certainement pas cette enveloppe vide du fascisme. » L’Universitaire à qui elle s’adresse passe du temps après cela, à dédouaner la pauvre Yourcenar. On entendra même l’une des invités proférer cette idiotie : « mais Yourcenar était écologiste ! L’écologie n’est pas un sujet de droite ! »
La logique est donc implacable. Vous parlez de l’Antiquité, c’est suspect car fasciste. Vous préférez les philosophies orientales au judaïsme ou à d’autres religions par exemple, c’est suspect. Vous êtes aristocrate, d’une grande culture et voyageuse c’est suspect.
Ainsi donc, Marguerite Yourcenar, l’un des plus grands écrivains français est donc suspecté d’être de droite. La pire des hontes dans le joyeux monde culturel… Mais on recommandera tout de même chaudement l’écoute de ces émissions remarquables.
« Il taisait ses pensées qui pour lui comptaient le plus, mais il savait de longue date que celui qui s’expose par ses propos n’est qu’un sot, quand il est si facile de laisser les autres se servir de leur gosier et de leur langue pour former des sons.» L’œuvre au noir
Laurent Husser

