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Posts from the ‘L’Histoire éveille’ Category

18
fév

Une histoire française…: Maurice Papon (1910-2007)

medium_maurice_papon.jpgMaurice Papon est mort … Un de plus … Un témoin de plus d’une époque délicate à juger lorsqu’on ne l’a pas vécue, qui s’en va avec la mort de Maurice Papon à 96 ans.

Maurice Papon a servi la IIIème République, Vichy, puis les IVème et Vème Républiques. Préfet de police de Paris (1958-1966), Député gaulliste (1968-1978), ministre du Budget (1978-1981), sous le Président Valéry Giscard d’Estaing et maire (1971-1983) de Saint-Amand-Montrond (Cher).

Attaché de plusieurs cabinets, l’homme fut sous-préfet (1941), secrétaire général de la préfecture de la Gironde (1942) et préfet des Landes (1944). Etrangement, il est nommé directeur de cabinet du commissaire de la République à la Libération de  Bordeaux. Personne ne semble alors lui en vouloir.

Maurice Papon est en effet confirmé dans ses fonctions par le Général de Gaulle et n’est pas inquiété par la commission d’épuration

Nommé préfet de police de Paris en mars 1958, il est alors reconnu « combattant volontaire de la Résistance ».En pleine tourmente algérienne, Maurice Papon réprime violemment la grande manifestation des Algériens le 17 octobre 1961. Rappelons que les rebelles du FLN tuaient allégrement et sans distinction soldats et civils français.

Dirigeant gaulliste de l’UDR (il en sera le trésorier avec l’appui du Général de Gaulle), puis sera cadre du RPR. Il est élu député du Cher en 1968, mandat qu’il abandonne en 1978 pour devenir Ministre du Budget des Gouvernements Barre 2 et 3. Il côtoie alors autant les Alsaciens André Bord et Daniel Hoeffel que Simone Veil.

Francis Vuillemin, l’un des avocats qui l’avait défendu lors de son procès à Bordeaux, a assuré qu’il « veillera personnellement » à ce que Maurice Papon soit inhumé avec « la croix de commandeur de la Légion d’Honneur que Charles de Gaulle lui a remise de ses propres mains, pour l’éternité » ….

Me Francis Vuillemin souligne que  « la Cour européenne des Droits de l’Homme a condamné la France le 25 juillet 2002 pour n’avoir pas respecté les règles du procès équitable. Le 4 avril 2002, le Conseil d’état a déchargé Maurice Papon de la moitié des dommages et intérêts dus aux parties civiles pour les mettre à la charge exclusive de l’Etat et rétabli l’ancien préfet de police du général de Gaulle dans ses droits à pension de retraite le 4 juillet 2003, avec effet rétroactif« .

medium_De-gaulle-radio.2.jpgDeux questions en conclusion :

  • -         Qu’auraient fait les juges contemporains de cet homme s’ils avaient eu 25 ans en 42 ? Sont-ils sûrs, surtout les carriéristes, de leurs réponses ?
  • -         De Gaulle et l’ensemble des cadres de l’UDR, puis du RPR, Simone Veil  ont-ils laissé faire ? Peuvent-ils l’expliquer ?

Une réflexion : S’il faut juger l’ensemble de ceux qui ont collaboré avec les régimes totalitaires, pourquoi cherche t-on à condamner surtout les fonctionnaires de Vichy ; mais pourquoi pas aussi toutes celles et ceux qui, de l’intellectuel au syndicaliste, ont apporté un soutien au régime communiste, bourreau de plus de 100 Millions de victimes (qu’il s’agissent des victimes des années de plomb en Italie jusqu’aux prisonniers des archipels du goulag) ?

10
oct

La Bibliothèque idéale de…Mao !

medium_9782213626079.2.gifA l’heure où le Politique tente de récupérer ce qu’il peut de la culture, et notamment de la littérature, sous une acceptation Marchande et surtout Spectaculaire, amusons-nous à voir le documentaire de 4 heures Mao, une histoire chinoise publié par Arte Vidéo. Basé sur la remarquable biographie de Philip Short (Ed. Fayard), on apprend l’amour de Mao pour les livres… En quoi pourrait consister une partie de la Bibliothèque idéale (expression fort en vogue ces derniers jours à Strasbourg…) de Mao Tsé-Toung ? Stratège militaire, nourri de poésie classique, il écrit des poèmes comme ceux-ci : « Une centaine de bateaux fendent l’eau,/Les aigles frappent le vide infini,/Les poissons tournent en rond dans les eaux profondes ». En souvenir de L’art de la guerre de Sun Tzu, il écrit encore : « Quand l’ennemi avance, nous reculons,/Quand il se repose, nous le harcelons,/Quand il se fatigue, nous attaquons,/Quand il recule, nous le poursuivons. » Avant d’être Président, de temps en temps, en cas de doute, il se retire dans une hutte de bambous aménagée comme une retraite de lettré. Au-dessus de la porte, un panneau : « Salle de la richesse des Livres ». Des milliers de livres chinois classiques composent sa bibliothèque personnelle. Plus tard, entre deux orgies taoïstes (rétention de sperme, immortalité choisie etc…) et plusieurs jeunes filles joyeuses, sensuelles, pas loin du bureau au Parfum de Chrysanthème, il s’entoure de textes anciens. Exemple ? Un ouvrage de l’époque de la Dynastie Han, Les méthodes secrètes de la jeune fille ordinaire. Tout un programme, évocateur…