Une histoire française…: Maurice Papon (1910-2007)
Maurice Papon est mort … Un de plus … Un témoin de plus d’une époque délicate à juger lorsqu’on ne l’a pas vécue, qui s’en va avec la mort de Maurice Papon à 96 ans.
Maurice Papon a servi la IIIème République, Vichy, puis les IVème et Vème Républiques. Préfet de police de Paris (1958-1966), Député gaulliste (1968-1978), ministre du Budget (1978-1981), sous le Président Valéry Giscard d’Estaing et maire (1971-1983) de Saint-Amand-Montrond (Cher).
Attaché de plusieurs cabinets, l’homme fut sous-préfet (1941), secrétaire général de la préfecture de la Gironde (1942) et préfet des Landes (1944). Etrangement, il est nommé directeur de cabinet du commissaire de la République à la Libération de Bordeaux. Personne ne semble alors lui en vouloir.
Maurice Papon est en effet confirmé dans ses fonctions par le Général de Gaulle et n’est pas inquiété par la commission d’épuration
Nommé préfet de police de Paris en mars 1958, il est alors reconnu « combattant volontaire de la Résistance ».En pleine tourmente algérienne, Maurice Papon réprime violemment la grande manifestation des Algériens le 17 octobre 1961. Rappelons que les rebelles du FLN tuaient allégrement et sans distinction soldats et civils français.
Dirigeant gaulliste de l’UDR (il en sera le trésorier avec l’appui du Général de Gaulle), puis sera cadre du RPR. Il est élu député du Cher en 1968, mandat qu’il abandonne en 1978 pour devenir Ministre du Budget des Gouvernements Barre 2 et 3. Il côtoie alors autant les Alsaciens André Bord et Daniel Hoeffel que Simone Veil.
Francis Vuillemin, l’un des avocats qui l’avait défendu lors de son procès à Bordeaux, a assuré qu’il « veillera personnellement » à ce que Maurice Papon soit inhumé avec « la croix de commandeur de la Légion d’Honneur que Charles de Gaulle lui a remise de ses propres mains, pour l’éternité » ….
Me Francis Vuillemin souligne que « la Cour européenne des Droits de l’Homme a condamné la France le 25 juillet 2002 pour n’avoir pas respecté les règles du procès équitable. Le 4 avril 2002, le Conseil d’état a déchargé Maurice Papon de la moitié des dommages et intérêts dus aux parties civiles pour les mettre à la charge exclusive de l’Etat et rétabli l’ancien préfet de police du général de Gaulle dans ses droits à pension de retraite le 4 juillet 2003, avec effet rétroactif« .
Deux questions en conclusion :
- - Qu’auraient fait les juges contemporains de cet homme s’ils avaient eu 25 ans en 42 ? Sont-ils sûrs, surtout les carriéristes, de leurs réponses ?
Une réflexion : S’il faut juger l’ensemble de ceux qui ont collaboré avec les régimes totalitaires, pourquoi cherche t-on à condamner surtout les fonctionnaires de Vichy ; mais pourquoi pas aussi toutes celles et ceux qui, de l’intellectuel au syndicaliste, ont apporté un soutien au régime communiste, bourreau de plus de 100 Millions de victimes (qu’il s’agissent des victimes des années de plomb en Italie jusqu’aux prisonniers des archipels du goulag) ?

