Du relativisme selon le Dr Georges Yoram Federmann
Certains strasbourgeois semblent bénéficier des bonnes grâces des pouvoirs publics et des médias.
Il en est ainsi, Amen, du Dr Georges Yoram Federmann, qui distribue depuis des années ses brevets de bonne pensée et ses actes d’accusation, parfaitement dans la lignée de notre période de repentance qui semble toucher la France depuis quelques années.
Repentez vous ! Repentez vous ! Semble t-il radoter depuis des années en prenant soin de battre sa coulpe sur la poitrine des autres. En savoir plus
La Droite Strasbourgeoise sur Facebook : le retour
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COPERNIC, HISTOIRE D’UNE MANIPULATION

Quand l’histoire d’une manipulation rejoint l’actualité…
La Droite strasbourgeoise
COPERNIC, HISTOIRE D’UNE MANIPULATION
Manie commémorative oblige, la République célébrait ce dimanche le trentième anniversaire de l’attentat de la rue Copernic.
Le 3 octobre 1980, soir du shabbat, des terroristes frappaient la synagogue, faisant 4 morts et une quarantaine de blessés. L’explosif dissimulé dans une sacoche de moto aurait pu causer davantage de victimes si, comme cela avait été programmé, il avait fonctionné quelques minutes plus tard, lors de la sortie des centaines de fidèles.
Pour l’Empire du Bien qui est aussi l’Empire de la Certitude l’origine de cet acte immonde ne faisait aucun doute. Dès le lendemain une manifestation de protestation a lieu devant la synagogue puis le 7 octobre un grand rassemblement entre Nation et République attire 150 000 personnes. On se mobilise sous les Saintes Espèces du combat toujours recommencé « contre le fascisme, l’antisémitisme et le racisme. » Comme le chien devant le sucre de Pavlov on n’a pu résister à un intitulé si séduisant et le refrain du « fascisme » assassin fait florès.
D’autant que, selon un scénario bien rodé, dans l’heure qui suivit l’attentat un correspondant anonyme dont on sait aujourd’hui qu’il s’agit de Jean-Yves Pellay, téléphone à l’Agence France-Presse pour revendiquer l’attentat au nom des Faisceaux nationalistes révolutionnaires qui n’étaient autres que la reconstitution de la FANE dissoute par le gouvernement le 3 septembre précédent. L’histoire est connu : il s’agit de faire enregistrer l’attentat sous un faux drapeau qui, compte tenu des attentes d’une opinion bien préparée, passera comme une lettre à la poste.
Qu’est ce que la FANE ? Un groupuscule néo-nazi folklorique de quelques dizaines de cinglés.
Qui est Jean-Yves Pellay ? Le plus excité des militants de la FANE, dont la journaliste Annette Lévy-Willard avait rapporté les furieux propos antisémites dans son journal Libération du 2 septembre. Mais c’était surtout un agent provocateur de l’Organisation juive de défense selon l’hebdomadaire Tribune juive du 26 décembre 1980, qui après avoir contacté l’OJD aux « Douze Heures pour Israël » avait rejoint la FANE en mai 1980.
RÈGLEMENTS DE COMPTES DANS L’OLIGARCHIE
Cette revendication renforce le climat d’hystérie d’autant que le premier ministre, Raymond Barre, choque en déclarant à la télévision : « Cet attentat odieux voulait frapper des israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents… « . Ce lapsus malheureux qui fait des juifs une catégorie de citoyens à part, renforce la logique conspirationniste qui s’est emparée de l’opposition. Le 4 octobre le Comité de liaison des étudiants sionistes socialistes (CLESS) organise un défilé aux cris de « Bonnet, Giscard, complices des assassins! »
Oui, on accusait Giscard de complicité avec les groupuscules néo-nazis dont les ultimes soubresauts étaient systématiquement montés en épingle. Ainsi la presse venait de révéler que des policiers étaient membres de la FANE. Mais au lieu d’en conclure que les Renseignements Généraux avaient infiltré l’organisation, la plupart des journaux en déduisirent que la police était contaminée par le nazisme… C’est pourquoi Henri Hadjenberg, alors président du Renouveau juif, pouvait s’autoriser à réclamer la démission du ministre de l’Intérieur, Christian Bonnet, et à demander la constitution d’une commission d’enquête sur le « noyautage de la police par les fascistes ».
Le véritable but de l’opération, à quelques mois des élections présidentielles était, bien entendu, de déstabiliser Giscard. Et quoi de mieux, pour l’abattre, que de lui faire enfourcher la rossinante usée du « fascisme » ?
Mitterrand piaffait d’impatience et la gauche faisait tout pour discréditer le pouvoir giscardien. Le chef de l’État était ouvertement soupçonné de sympathies vichystes et de dédain à l’égard de la communauté juive. On accusait ce pauvre Giscard de complicité avec les groupuscules néo-nazis. La preuve ? Son service d’ordre dirigé par un ancien de l’OAS (ce qui est vrai) et constitué de militants d’extrême droite (ce qui annonçait tout bonnement le ralliement en cours des Longuet, des Madelin et des Novelli à la logique libérale).
LE TOUR DE LA NOUVELLE DROITE
En même temps puisque l’on connaissait les poseurs de bombes, du moins le croyait-on, il fallait maintenant, selon une tactique bien éprouvée, chercher sinon des commanditaires, du moins des inspirateurs. Jean Pierre-Bloch, président de la LICRA déclare à TF-1 : « les assassins, ce sont aussi ceux qui ont créé le climat… Je veux tout de même rappeler Le Figaro Magazine de samedi dernier disant que les Juifs venus au Palais de justice pour le procès Fredriksen étaient venus pour tuer. Je dis que cet article prête à l’attentat et crée l’antisémitisme… Je dis que le responsable de l’assassinat, c’est cette presse« .
En effet, Le Figaro Magazine, était le seul organe de la grande presse à n’avoir pas donné dans l’hystérie. Lors du jugement de Marc Fredriksen, leader de la FANE, le 19 septembre, par la XVII chambre correctionnelle de Paris, et à rapporter que des activistes juifs du Bétar avaient tenté d’introduire des barres de fer dans le Palais de justice. Mais pour le patron de la LICRA, le seul fait de dire la vérité était un outrage.
Quelques jours plus tard Bernard-Henri Lévy, qui n’en était pas à sa première escroquerie intellectuelle renchérissait dans Le Quotidien de Paris sur la fumeuse théorie du « climat » vouée à une bien étrange fortune. « C’est toujours délicat, écrivait-il, d’établir des liens de cause à effet entre les discours et les actes. Mais il ne me paraît pas absurde de dire que tout le ramdam qu’on a fait récemment autour des thèses élitaires, indo-européennes, parfois eugénistes, des sous-développés de la Nouvelle Droite, par exemple, a préparé le terrain à la situation d’aujourd’hui ». Et le « penseur » de la gauche-caviar ajoutait : « Le Figaro Magazine, en un sens, c’est pire que Minute; c’est ce qui permet à des milliers de gens de penser qu’on peut être fasciste sans être un nervi ou une brute de la FANE« .
Une attaque en règle contre le Nouvelle Droite qui ayant investie les colonnes du Figaro Magazine y développait ses thèses devant près d’un million de lecteurs. Une offensive d’ailleurs couronnée de succès puisque ses membres furent peu à peu chassés de la rédaction tandis que BHL y ferait bientôt son entrée. Il est vrai qu’alors le tirage du journal « normalisé » n’était plus que de 300 000… Si nous affections d’adopter la théorie béhachelienne du climat, nous pourrions y voir une relation de cause à effet. Il est vrai aussi que le patron « papivore » du groupe était menacé de se voir retirer la manne publicitaire et que « l’ancien nazi » avait bien des choses à se faire pardonner. Malgré une élection comme député radical-mendésiste en 1956 Robert Hersant ne pouvait pas se permettre d’entretenir un nouveau scandale autour de son nom. Ainsi fut stoppée la seule tentative de donner à la droite une armature idéologique qui ne fut pas libérale.
ÉPILOGUE
Quand aux acteurs de l’attentat lui même on sait aujourd’hui qu’il n’était pas plus question de « néo-nazis » que de la « méchante » influence de la Nouvelle Droite.
L’explosif avait emprunté la voie d’une valise diplomatique libanaise. Le poseur de bombe était un homme de type arabe utilisant un passeport chypriote au nom d’Alexander Panadriyu. C’est à ce nom qu’il avait loué la moto. Les commanditaires appartenaient à un groupe dissident du FPLP de Georges Habbache, le « Palestinian Liberation Front Special Command » dont le chef s’appelait Salim Abou. Ces vérités révélées par Le Point dès le 23 mars 1981 furent occultées par le nouveau pouvoir socialiste.
Bref la DGSE et la DST savaient mais en juillet 1981 le ministre de l’Intérieur, Gaston Defferre, tentait de relancer la piste inusable de l’extrême droite…
Les mythes ont la vie dure, et aujourd’hui encore retentissent des appels incessants contre un « fascisme » imaginaire. Cependant à la différence de l’époque, ceux-ci tournent à vide et ne rencontrent plus, de plus en plus, que le silence assourdissant des masses.
Coclès
Alsace : Et si l’élection régionale ne se gagnait pas au centre ?
Nos lecteurs habitués nous voit venir. Peut-être même est-il encore temps de modifier des listes et d’analyser des chiffres. Ceux, par exemple de la dernière élection régionale en Alsace. Rappelons les en les piochant sur la toile. Avec une abstention de 40 % soit 2/5ème du corps électoral, obtiennent Adrien Zeller (UMP-UDF) 34.07 %, Jacques Bigot (PS-Verts) 20.12 %, Patrick Binder (Front National) 18.58 %, Robert Spieler (Alsace d’abord) 9.42 %, Antoine Waechter (Ecologistes) 7.39 %, Alfred Wahl (PCF-PRG-MRC) 3.73 %, Patrick Merck (France d’en bas) 3.56 %, Françoise Ruch (LO-LCR) 3.03 %, Pascale Grauss (Parti Fédéraliste) 0.09.
Sur cette base-là, l’élection donna les résultats de second tour suivants, sans fusion de liste : Adrien Zeller (UMP-UDF) 43.48 %, Jacques Bigot (PS-Verts) 34.57 %, Patrick Binder (Front National) 21.95 %.
Imaginons un instant que le mouvement régionaliste (le plus proche en chiffre) ou le mouvement écologiste indépendant aient passé la barre des 10 %. Quelle eut été la donne de second tour ? Le Mei aurait-il suivi certaines sirènes qu’il suit aujourd’hui ?
Au-delà de la fiction, voilà qui permet de suivre les mouvements de voix de l’époque et déjà une possible victoire de la gauche.
Sont donc venus renforcer la liste Zeller au second tour, les voix de la France d’en Bas ( droite contestataire), les 2/3 d’Alsace d’abord (droite régionaliste) et sans doute quelques pourcentages du MEI (écologisme régional). Sans ces voix-là, l’Alsace ne faisait pas l’exception en 2004. Voilà peut-être une lecture à faire avant de partir en campagne. L’élection régionale alsacienne se gagne donc peut-être moins au centre que ne semble le laisser croire les élus. Une victoire se construit aussi dans la capacité à rassembler les siens, tous les siens.
De la Suisse à la France : La vraie démocratie et les faux démocrates
Dans son article 14, la déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen précise que « Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs Représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée ».
L’esprit rebelle de Guillaume Tell
Bizarrement, l’expression de cette démocratie en Suisse réveille, en raison du sujet soumis à référendum, des critiques irrationnelles.
La vox populi serait diabolique lorsqu’elle ne s’engage pas dans les rails d’une pensée naturellement politiquement correcte.
On en oublie que démocratie signifie « souveraineté populaire ».
La démocratie, telle que nous la connaissons, serait donc un corpus social naturellement égalitaire puisqu’à chaque citoyen correspond un droit et l’expression du pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple.
Le résultat du vote suisse choque peut-être certains esprits, mais il n’en reste pas moins l’expression d’une volonté populaire souveraine. Ne pas la respecter, la diffamer, n’est-ce pas finalement porter atteinte à la démocratie dans ce qu’elle a de plus direct ?
Un peuple libre de penser
Au travers des cris d’orfraie, les oligarques lancent un drôle de message. S’en rendent-ils compte ? Leur message est mépris, dédain, voire justement «déni de démocratie ».
On reproche aux Suisses d’avoir eu peur. Mais une question s’impose devant l’irrationalité des attaques, n’est-ce pas l’hyperclasse dirigeante qui a peur lorsque le peuple vote en son âme et conscience ?
Eric Neustadt
Et si le Conseil de l’Europe partait de Strasbourg ?
Soit ils ne font pas de veille (et c’est grave), soit ils nous cachent la vérité (et c’est pire). Dans les deux cas, une information semble avoir été dissimulée aux Strasbourgeois par leurs responsables politiques ! Une ville, un pays aimeraient nous déposséder d’un de nos atouts. La Belgique ? Du siège du Parlement européen ? Non ! Cherchez encore ? Allez, encore un effort…
Au sommaire des arguments de l’ami Murat, tout fait office de cartouches :
- L’Europe devrait “partager” ses valeurs avec la Turquie, la Russie, l’Arménie, et donc quel sens donner au maintien du siège du COE à Strasbourg
- Le choix de Strasbourg ne serait plus justifié du fait de l’évolution de l’Europe.
- D’autres encore …
Avec comme cerise sur le gâteau, les avantages offerts par Istanbul pour devenir le « nouveau siège », et une réflexion cruelle sur la desserte aérienne de Strasbourg
“The city on the Bosporus presents many advantages. First of all, the center of Greater Europe should be open to all its countries. Nowadays, to go to Strasbourg — the symbol of Europe’s unity — Europeans from 12 countries need to obtain a Schengen visa, while citizens of all 46 countries can travel to İstanbul without prior visa formalities. And they can do so easily: While only six international connections to European cities are offered to Strasbourg, 82 CoE cities are connected by air to İstanbul. After all, as Brussels is open to all EU citizens, shouldn’t the “capital” of the CoE also have its doors open to all members?”
Cette revendication, assise, sur le principe qu’Istanbul symboliserait l’Europe multiculturelle du XXIème siècle n’a pas encore été commentée par nos élus, en Alsace.
Une fois encore la Droite Strasbourgeoise soulève le voile. Avec une question cependant, le futur siège du Conseil de l’Europe ? Un ou deux minarets ?
Eric Neustadt
PS : Nous attendons les réactions officielles.
Colombey-les-deux-églises, samedi 18 avril 2009, 6h du soir…

Le crachin qui tombe sur la Haute-Marne ajoute une touche grise au tableau sobre et austère d’une maison nichée au coeur d’un parc arboré, la Boisserie.
À quelques mètres de l’entrée, un buisson aux fleurs blanches et simples, rappellent les aubépines vues ce matin dans la petite église de Colombey-les-deux églises sur l’autel, comme un écho proustien : « Les festons de leur feuillage sur lequel étaient semés à profusion, comme une traîne de mariée, de petits bouquets de boutons d’une blancheur éclatante… » Après tout il ne fallait pas moins convoquer le Grand Écrivain pour illustrer une journée passée auprès du Grand Homme.
Une tombe dépouillée au matin, un instant de recueillement dans l’église adjacente au cimetière, fidèle à ce que j’imagine être une église de province, reliquaire étrange dans un coin retiré, Saints en pagaille dont une Jeanne d’Arc belliqueuse et vengeresse et surtout un Christ gigantesque, étonnant dans sa blancheur.
L’avouerais-je ? je n’étais pas confit d’adoration devant le Général. Il me semble qu’il ne suffit pas d’admirer béatement un tel homme pour se dire « gaulliste » ou ne serait-ce que pour recueillir quelques idées gaulliennes bien délavées quarante ans, à moins d’être vécues réellement. Mais comment les revivre, leur rendre chair et sang alors que l’époque a tant changé ?
La mythologie du Grand Homme, qu’est-ce au final ? Qu’est-ce que représente encore le Général De Gaulle ? Comme l’écrit Régis Debray : « Qu’est-ce qu’un grand homme ? On n’y répondra pas sans rompre le pieux consensus qui salue dans le héros du 18 Juin la voix plus que le texte, la grandeur plus que la pertinence, le panache du rebelle plutôt que la sagesse de celui qui avait prévu et préparé l’actuel chambardement de l’Europe et de nos illusions. Remplacer l’encensoir par le télescope. Procéder à un renversement d’optique. (…) De Gaulle fonde le courage du résistant sur l’intelligence de ce qui résiste. »
Au terme de cette journée, c’est déjà cela que je retiendrais, fierté et rébellion, résistance et grandeur, ce ne sont finalement pas de mauvais termes pour fonder une éthique personnelle, même s’il y a loin des valeurs à leur mise en œuvre. C’est peu, c’est déjà beaucoup.
Il faudrait toujours se méfier des admirations posthumes. Du moins des influences trop évidentes. Il ne sert à rien en ce début bien entamé de XXIe siècle de parler “le De Gaulle”, de faire du psittacisme, faire du neuf avec du vieux. La monnaie de Gaulle n’a plus cours, elle est pourtant présente partout mais comme une grande partie de la parole politique : démonétisée.
Mais pourtant, l’esprit de Gaulle résiste littéralement, irrigue encore certains idéalistes, nourri ceux qui sont sensibles à la longue mémoire, à cette mémoire qui englobe les images d’Épinal, celles de ceux qui ont forgé la gloire de mon pays depuis plusieurs centaines d’années.
C’est peut-être au terme du parcours, par deux fois, que l’importance de tout cela m’a saisi. Au Mémorial Charles de Gaulle, à la fin du parcours, il y a une salle où est projetée en boucles une vidéo des funérailles du Général, sur un fond de cordes mélancoliques.
Quelques images à la volée, un half-track transportant le cercueil. Des drapeaux par dizaines, cortège de DS noires, fusiliers marins et d’autres militaires en tenue d’apparat. André Malraux apparaît hagard, lui se doute déjà que l’ombre gagne, qu’il survivra quelques années mais que rien ne sera plus semblable, que c’est un peu de lui-même qui est enterré dans ce sol calcaire.
Un adieu à la France qui s’en va

Une France se signe et s’incline devant le tombeau, elle s’incline tant qu’elle ne sait pas encore qu’elle est en train de disparaître aussi et que le dernier Président qui la mènera au cœur de l’Histoire, ce sera dix ans plus tard François Mitterrand, ennemi politique de Charles de Gaulle.
Par deux fois, j’observais ce film, par deux fois, je comprenais qu’ici dans cette salle sombre se condense en quelques images l’Histoire de France, les richesses de la religion catholique et surtout la mort d’un personnage qui depuis a été phagocyté par la mémoire du pays et de ses habitants. Ils agitent encore les ossements sacrés du Général mais ne savent-ils pas qu’ils ont trahi depuis longtemps les promesses faites ?
Ces images sont un adieu à la France qui s’en va…
Curieux hasard, j’ai visité quelques jours auparavant le tombeau de Mitterrand à Jarnac, sous une même pluie, sous un même ciel lourd et gris, dans un même paysage de France paisible, les bras de la Charente serpentant paresseusement à travers les prairies. Quel lien souterrain uni ces deux hommes, ces deux tombes ? Sans doute ce même souci hautain de dire « j’ai servi la France ».
Nul n’y échappe. Il suffira, quelques instants après de se retrouver dans le parc de la Boisserie, pour renforcer ce curieux sentiment. Le poids du lieu, le poids des événements historiques se fait sentir soudain. La vue du bureau qu’occupait De Gaulle englobe au loin la Marne et la Champagne ; il ne faut pas moins d’un tel horizon dégagé pour embrasser du regard ce qui fait un tel paysage. La terre de France ; la voilà, c’est peut-être ce qui doit se ressentir par-delà les nuages, les champs et les arbres. Cette terre de France, elle est là, se sent, se voit, se touche.
A mes pieds, une rose des vents indiquant Paris, Lille, Dijon et Colmar, points cardinaux dans la geste gaullienne. Un peu plus loin une croix, les reliques d’un ancien court de tennis et d’un mini-golf.
Assis sur un banc en face de la Boisserie, je goûte le silence profond de la campagne, à peine traversé par le bruit de la pluie, le chant d’un merle, les six coups du clocher du village.
À côté de l’entrée de la propriété une ferme, une vache qui sort, conduite par un paysan.
Un peu plus tôt, j’avais appris que le 10 novembre 1970, il avait été un des jeunes hommes de Colombey ayant porté le cercueil du Général en terre.
Laurent Husser
Raul Hilberg ( 1926 – 2007)
« En presque soixante ans de recherches, je peux vous assurer que j’ai vu très peu de directives. On s’imagine qu’en régime totalitaire les individus passent leur temps à recevoir des ordres et à devoir y obéir. C’est faux. Dans toute bureaucratie, les gens prennent beaucoup plus d’initiatives qu’on ne croit. Ils se demandent ce qu’ils doivent faire pour se conformer à ce qu’ils supposent être la volonté de leurs supérieurs hiérarchiques. Il n’y avait pas de schéma directeur préétabli. Quant à la question de la décision, elle est en partie insoluble : on n’a jamais retrouvé d’ordre signé de la main d’Hitler, sans doute parce qu’un tel document n’a jamais existé. Je suis persuadé que les bureaucraties sont mues par une sorte de structure latente : chaque décision en entraîne une autre, puis une autre, et ainsi de suite, même s’il n’est pas possible de prévoir exactement l’étape suivante.
Dans cette optique, la vraie question est celle du point de non-retour, en l’occurrence de la date après laquelle tant de massacres avaient été commis qu’il n’était plus possible d’enrayer la machine…«
Le Monde Littéraire, octobre 2006. A noter la réédition en 3 volumes chez Folio-Gallimard de son monumental livre « La destruction des juifs d’Europe ».
A lire encore, dans Libération aujourd’hui, cet entretien avec l’auteur de « Les bienveillantes » Jonathan Littell : http://www.liberation.fr/actualite/monde/271059.FR.php
Jonathan Littell : « Je voudrais ajouter que cela fait soixante ans – il y a dix ans cela faisait donc cinquante – que tout le monde dit à propos de l’Holocauste : «Plus jamais ça». Et puis il y a eu de nouveau «ça», avec le génocide rwandais. Il est alors, à ma connaissance, le seul historien qui ait réagi. Il n’est pas resté dans sa bulle académique à étudier la Shoah comme il aurait étudié Chateaubriand. Il a estimé qu’il ne pouvait pas rester spécialiste de la Shoah sans dire un mot de ce qui se passait, et il a ajouté à son livre un chapitre sur le Rwanda, sous prétexte qu’on ne peut pas passer son temps à dire «Plus jamais ça» et tourner la tête de l’autre côté quand ça se passe sous nos yeux. Le livre se termine là-dessus. Ça montre comme cet homme avait une vraie profondeur morale, comme il s’intéressait à l’essence du crime, du mal. »
Henri Amouroux (1920 – 2007)

« J’ai juré de dire la vérité, mais la vérité pour parler d’une époque aussi dramatique que celle que j’étudie depuis 40 ans, ne va pas sans une certaine complexité. Je ne suis pas de ceux qui croient que l’histoire peut s’écrire en noir et blanc «
Déposition en octobre 1997 au procès de Maurice Papon, à décharge de celui-ci. A noter ses deux remarquables ouvrages intitulés « Pour en finir avec Vichy ».
Photos : Damien Lafargue


