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Posts from the ‘L’Histoire éveille’ Category

14
mar

Ja zum Elsassischen Landrat !

 

La question que les Alsaciens auront à trancher le 7 avril lors d’un référendum sera la suivante : Approuvez-vous le projet de création d’une Collectivité Territoriale d’Alsace, par fusion du Conseil régional d’Alsace, du Conseil général du Bas-Rhin et du Conseil général du Haut-Rhin ? (voir http://www.referendum-alsace.fr/)

Le texte de Julien Jauffret, ancien du Choc du Mois nous donne un aperçu des enjeux.

 

Ja zum Elsassischen Landrat !

Le 7 avril prochain sera une date décisive pour l’Alsace. Ce jour-là, les Alsaciens voteront en effet par référendum pour savoir s’ils souhaitent fusionner le Conseil régional d’Alsace et les deux Conseils généraux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin pour créer un Conseil unique, la Collectivité territoriale d’Alsace. Projet unique dans l’espace institutionnel français, la fusion entre une région et des départements, si le oui l’emportait, serait une première en France.

Pour l’Alsace, ce serait la possibilité de retrouver l’unité perdue depuis le Reichsland pour enfin parler d’une seule voix. Quoi de plus aberrant que ce millefeuille administratif antidémocratique, coûteux et inefficace imposé par Paris ? Quoi de plus aberrant que la multiplication des structures et des institutions locales qui diluent les responsabilités et ne permettent plus au citoyen de s’y retrouver ? Quoi de plus aberrant que ces décisions prises dans les ministères au mépris des réalités locales ? Quoi de plus aberrant enfin que ces « Haut-Rhinois » et ces « Bas-Rhinois » ? Tous Alsaciens, gotfertomi ! Comme le dit Jacques Cordonnier, président du mouvement régionaliste Alsace d’abord, « l’Alsace sait mieux faire, plus vite et moins cher que l’Etat », alors laissons-là faire.
Mais c’était compter sans les Jacobins.Le jour même où Philippe Richert, président UMP de la région, annonçait un « accord historique » entre les trois présidents des collectivités alsaciennes pour l’organisation d’un « Congrès Alsace » en vue de leur fusion (22 janvier 2011), ils se sont mis à hurler à la République qu’on assassine… et à nous rejouer 1792 et l’unité menacée. Le député PS de Strasbourg, Armand Jung, voit dans le Conseil unique « des réminiscences du passé revenant sur la scène de manière insidieuse » (aglagla) et clame : « Notre avenir est au sein de la France et de la République ». Certes, qui dit le contraire ? Pour le Front de gauche Alsace, le Conseil unique est carrément révélateur du « démantèlement programmée de la République ». Un nuage de criquets girondins qui s’abat sur la République, en somme.Une vingtaine d’élus alsaciens, pour la plupart issus de la droite « souverainiste » et du Modem, ont eux aussi dégainé leur jacobinisme indécrottable en publiant il y a un mois un manifeste intitulé « j’aime l’Alsace, je dis non ».

A l’instar de Roland Ries, maire socialiste de Strasbourg, ils qualifient le projet « d’usine à gaz ». Il est certain qu’un Conseil au lieu de trois, ça va considérablement embrouiller les relations avec les administrés. A croire qu’il n’y a plus que la connerie qui soit souveraine dans cette affaire. Quant au syndicat FO, il s’oppose au projet parce que « cette recomposition territoriale induirait une perte de 40% des effectifs d’agents publics en Alsace ». Ça tombe bien, c’est exactement l’argument des partisans du oui.

Mais la palme de la crétinerie robespierriste revient assurément au nationaliste champenois bas du front Pascal Erre, conseiller régional et membre du Bureau politique du Front National, secrétaire départemental du FN51 (Marne). Pour ce « Esselpfurzjager », comme on dit dans cette langue savoureuse d’outre-Vosges (« chasseur de pet d’âne »), le projet du Conseil unique consiste à « aller plus loin dans la destruction de l’état-nation France, en permettant à l’Alsace de s’ériger en Etat quasi-indépendant ». Aux armes, citoyens ! Evoquant le « Rapport congrès d’Alsace » édité par le Conseil régional et les deux assemblées départementales en novembre 2012, il conclut que « pour les auteurs du rapport, il est clair que l’Alsace n’est pas française ». Diable. Faut-il les faire fusiller, mon général ? Ce qui lui reste en travers de la gorge, c’est la volonté des auteurs d’ancrer la région… dans l’espace rhénan.

Il est certain que l’Alsace devrait plutôt chercher à s’ancrer du côté de Plouescat, qui est de sa nation, plutôt que de Kehl, qui est à dix minutes à pied du centre de Strasbourg mais qui a le défaut de n’être pas vranzais. « La nation rhénane n’existe pas et n’a jamais existé », affirme notre intello. C’est vrai, on ne va quand même pas se mettre à fréquenter des régions qui ne sont pas des nations, sans blague. Le pompon : « « Pour une région résolument rhénane ? » (…) c’était aussi le rêve des nazis pendant la seconde guerre mondiale (la fameuse « Lotharingie » d’Himmler) ». Sans compter la non moins fameuse rigolade du lecteur. Un autre scandale épouvantable relevé par notre Champenois, amateur probable des bulles qui font la célébrité de sa région, c’est que les auteurs du rapport « ont auditionné des experts allemands et suisses » et ce… « alors que des millions de Français sont morts pour que l’Alsace redevienne française et le reste » ! Là, c’est la haute trahison et la Cour martiale, au moins. « Que l’Alsace ait des relations avec ses voisins allemands et suisses est normal », concède finalement ce géopoliticien avisé, « mais dans un cadre national ».

Rompez ! J’avais toujours soupçonné un quiproquo dans le vote FN des Alsaciens. Je crois que je viens de comprendre pourquoi.

Julien Jauffret

25
juil

A propos du Vel d’Hiv : Une mémoire instrumentalisée

Célèbrant le soixante-dixième anniversaire de la rafle du Val d’Hiv du 17 juillet 1942 devenue le symbole de l’extermination des juifs d’Europe, François Hollande a déclaré qu’elle constituait « un crime commis en France par la France« . Désignant ainsi la France, notion atemporelle et décontextualisée il est allé plus avant que son prédécesseur Jacques Chirac qui s’était contenté de faire porter la responsabilité de cette ignominie sur « l’État français », dénomination officielle de l’autorité de fait exercée par Vichy.

 

Cette nuance a son importance car elle fait passer la nation de complice plus ou moins zélée d’un projet qu’aucun fonctionnaire de police n’imaginait criminel à l’époque, au statut de concepteur et d’auteur principal du génocide. Hollande bousille ce qui reste du roman national que l’on sait bien fait de mythes suggestifs et de légendes pieuses. Bien sûr celui gaulliste et mitterrandien d’une France globalement résistante face à une poignée de traîtres collabos à la solde des nazis n’était plus tenable, mais cela justifiait-il un tel dérapage sémantique ?

 

Pétain incarnait-il la France ? Oui, assurément si l’on en croit François Hollande. Jean-Pierre Chevènement sur son blog signifiant son désaccord avec le président de la République faisait remarquer que ce faisant Hollande confirmait que si Pétain c’était la France il reconnaissait du même coup la légitimité du « véritable coup d’État opéré le 10 juillet 1940 par un gouvernement de capitulation« . Le moins que l’on puisse dire c’est que les propos de François Hollande ne font pas l’unanimité dans la classe politique.

 

Ainsi le gaulliste Henri Guaino, toujours attaché à l’orthodoxie gaullo-mitterandienne dans ce domaine a-t-il suggéré lundi, avec une pointe d’ironie, que le président de la République tirant les conséquences de ces déclarations supprime la commémoration du 18 juin désormais caduque. Comme lui, pour beaucoup de nos compatriotes la France authentique était depuis cette date repliée à Londres. Mais l’ancienne plume de Sarkozy n’oublie-t-il pas un peu vite qu’en 2007 son mentor après avoir salué, à ce propos, le discours de son prédécesseur Jacques Chirac de 1995, avait précisé : « Il n’y a rien à ajouter, rien à retrancher à son très beau discours« . Sa conformité au gaullisme parait taillée sur mesure et il en retranche volontiers ce qui l’arrange.

 

Paul-Marie Coûteaux, souverainiste de tradition gaullienne, membre du Rassemblement Bleu Marine explore quant à lui la chaîne des responsabilités pour innocenter la France de toujours de cette forfaiture. À la version des faits proposée par Chirac et Hollande, il oppose une autre version des faits pas moins « historique » que celle qui se taille aujourd’hui la part du lion chacun sachant que les problèmatiques historiques dépendent des rapports de force et qu’elles reçoivent des inflexions différentes selon qui dispose de l’hégémonie culturelle dans la société.

Selon Coûteaux donc, « Aucune des autorités que reconnaissaient alors les Français, celle de Vichy pas plus que celle de Londres ne gouvernait la zone occupée. Faut-il rappeler que, odieux rouage de la folie criminelle que l’impérialisme allemand imposait alors à presque toute l’Europe, le général Oberg, commandant la place de Paris, avait ordonné à la police parisienne, dont les agents étaient arrêtés ou instantanément fusillés s’ils n’obéissaient pas, la livraison de 25000 juifs étrangers réfugiés en France mais que des policiers français ont, au péril de leur vie, supprimé des fichiers ou prévenu dans la nuit des milliers de familles juives, en sorte que la moitié de ce qu’exigeait l’Occupant furent arrêtés ? Faut-il rappeler que c’est la France qui accueillit le plus grand nombre de réfugiés de confession juive, et en France qu’en furent sauvés le plus grand nombre ? »

 

C’est vrai, comme Serge Klarsfeld l’a mainte fois évoqué, à cette différence près que Karl Oberg n’était pas commandant de la place de Paris mais général SS dirigeant la police allemande dans toute la zone occupée. De même sont vraies les dispositions arrêtées par le chef de la police française, le très radical-socialiste René Bousquet, pour agir à partir du 8 août, en toute autonomie sans réquisition des autorités allemandes. Mais le 8 août n’est pas le 17 juillet, date à laquelle la police française dépendait encore entièrement de l’arbitraire allemand. Ceci étant dit, nous ne retiendrons pas la conclusion de Coûteaux qui à la fin de sa péroraison ne peut s’empêcher, en bon souverainiste patriotard, de donner le coup de pied de l’âne à la construction européenne la « direction allemande ».C’est pour le moins hors sujet mais reste qu’on ne peut lui donner tort lorsqu’il conclut qu’une « part croissante de notre peuple s’accuse de crimes qui ne lui sont nullement imputables, érodant sa mémoire, par là sa fierté, par là sa volonté« .

 

L’autodiffamation, la flagellation permanente à laquelle nous nous livrons sous la conduite de nos censeurs semble être devenue un sport national, non dépourvu d’une certaine arrogance d’ailleurs (que l’on songe au Misanthrope de Molière), alimentant en permanence une véritable industrie de la repentance.

 

Spinoza disait que que « le repentir est une deuxième faute » (pour autant que l’on ait commis la première). Si François Hollande se vautre dans la liturgie des confiteor et des mea culpa (sur la poitrine des morts), il y a à cela une raison. Comme le faisait remarquer Paul Yonnet dans son Voyage au centre du malaise français (Gallimard, 1993), ce sont les silences longtemps entretenus par le discours officiel autour de Vichy qui expliquent le retournement des années soixante-dix et la progressive reconstruction de notre histoire sur des bases judéocentrées.

 

L’héroïque roman de la France résistante cédait progressivement la place à une France de la collaboration, un ramassis de crapules d’où émergeaient seuls quelques « justes ». Selon Yonnet c’est sur cette image peu flatteuse que s’est construit à la même époque un antiracisme occupant rapidement tout le champ de la légitimité idéologique.

Si la France est une infamie, rien d’elle ne mérite d’être défendue et seule une immigration massive peut nous donner une chance d’être régénérés.

C’est ce qu’on appelle un antiracisme de résignation.

 

P. B.

 

NB : pour lire l’analyse de l’historien franco-israélien Alain Michel qui rectifie les 7 erreurs de François Hollande c’est sur l’excellent site d’Histoire Hérodote que cela se passe.

3
juil

Front de Gauche/FN : Voyage au pays de l’essentialisme

 

Le journal Le Monde publiait récemment la tribune d’un professeur d’histoire, Bruno Belliot, titrée « Le Front de Gauche est un mouvement républicain, contrairement au FN ». Faisant le procès de l’UMP et du FN tout en dédouanant les angéliques du PC et du FdG français, cette tribune contenait tout l’argumentaire médiatique habituel sur l’incompatibilité du FN et de la République, colporté tant par certains politiques ignorants que par des journalistes incultes qui mettent leur complaisance au service d’une cause inavouable : la nostalgie du totalitarisme stalinien. Sa participation au camp des vainqueurs de 1945 n’empêche pas, en effet, le PCF de s’être rendu coupable de complicité avec la tyrannie.

Le sens de l’affaire est limpide, toujours et encore culpabiliser le camp de la « droite » : « C’est pourquoi, il m’est intolérable d’entendre, de lire (comme de voir dessiner), qu’un parallèle peut être fait entre Mélenchon, les communistes, les candidats du Front de Gauche et l’extrême droite du FN. Et que par conséquent, la droite n’aurait pas à rougir de ses alliances avec le FN puisque le PS s’allie avec le Front de Gauche. »

Ainsi, nous démontrons ci-dessous non seulement l’inanité de cette culpabilisation mais démontons du même coup la notion de « droite républicaine » dont la signification reste à démontrer si l’on veut dire par là qu’il existerait en 2012 une droite qui ne le serait pas.

La Droite strasbourgeoise

 

 

Front de Gauche/FN : Voyage au pays de l’essentialisme

Alors que tout change, y compris l’extrême gauche passée en 40 ans de la défense héroïque du grand soir prolétarien à celle lacrymale des sans papier, « armée de réserve » du capital qui exerce une pression discrète mais constante à la baisse des petits salaires (sinon on se demande bien pourquoi madame Laurence Parisot aurait, sur ce point, les mêmes idées déflationnistes que messieurs Krivine et Mélanchon. Certes, on peut toujours s’évertuer à penser que la dirigeante du MEDEF est secrètement passée du coté obscur de la force et qu’elle contraint ses amis à cultiver une forme peu banale de masochisme altruiste. Hypothèse peu probable, reconnaissons-le. Tout change donc : le « socialisme » démocratique acquis, via l’Europe, depuis deux ou trois décennies au social-libéralisme, comme le « gaullisme » qui a renoncé à l’indépendance et au dogme du peuple souverain.

Tout change, sauf bien sûr l’extrême droite vue par Bruno Belliot, membre du Front de Gauche. Impavide, elle est semblable à elle même, immobile et pétrifiée comme les années trente du XX siècle en ont donné la définition rituelle , guettant dans l’ombre (évidemment) l’heure de sa revanche, ourdissant des complots comme celui de la Cagoule, collaborant avec l’ennemi durant l’occupation, se relevant avec le poujadisme puis l’OAS pour finir par renaitre avec le Front National. Elle est là, figée, telle que la vulgate médiatique en fait le portrait, une vulgate inspirée par l’antifascisme stalinien qui nous ressert toujours le même plat continûment réchauffé depuis 80 ans, comme l’a très bien montré François Furet. Cette paresse a fini par s’inscrire comme un habitus dans nos moeurs et nos tics de langage.

 

Pourtant, en ce qui concerne le procès le plus sévère instruit contre l’extrême droite, sa collaboration avec le régime nazi ou ses soit-disant affidés, qu’en est-il ?

 

Pour ce qui est de la résistance et de la collaboration, puisque c’est sur ce sombre épisode que s’enrochent la plupart des mythes fondateurs de l’histoire sainte dont se réclame Bruno Belliot, rappelons quelques faits marquants qui n’appartiennent nullement à une vision révisionniste de l’histoire. C’est le 26 septembre 1939 que le Parti Communiste est interdit par le gouvernement dirigé par un des chefs du Front Populaire, Édouard Daladier. Pour quelle raison ? Parce que en bon disciple stalinien il continue d’approuver le pacte Germano-Soviétique d’août 1939 qui permettra le dépeçage de la Pologne, alliée de la France, entre les deux contractants. Passé dans la clandestinité, Jacques Duclos, un des principaux dirigeants du PCF, diffuse le premier octobre 1939 une lettre ouverte invitant le gouvernement à entamer des négociations de paix avec l’Allemagne hitlérienne qui étant pour l’heure l’alliée de l’URSS ne représente plus le condensé de la menace fasciste. C’est à la même époque que Maurice Thorez, secrétaire général du Parti, déserte face aux armées nazies, pour rejoindre la « patrie des travailleurs » (et du Goulag), ce qui lui vaut une condamnation à mort et la déchéance de la nationalité française.

Plus tard, la défaite de la France étant consommée, Jacques Duclos entre en contact dès le 18 juin 1940 avec les autorités allemandes d’occupation tout juste installées pour entreprendre une négociation. Dans quel but ? Permettre au Parti d’être à nouveau autorisé sur la base d’une bonne entente entre le peuple français et l’armée d’occupation. Duclos propose même d’orienter la propagande du Parti dans le sens d’une lutte contre le grand capital anglais et contre sa guerre impérialiste. Les allemands ne sont pas preneurs.

Ce n’est qu’en Juin 1941 que l’extrême gauche communiste entre dans la résistance active suivant en cela ses sponsors. L’Allemagne ayant en effet décidé d’attaquer l’URSS. Dans cette résistance active, les communistes arrivent bien tard pour y retrouver des hommes qui venaient souvent de l’extrême droite. Comment, en effet, qualifier autrement les partisans de la monarchie tels Daniel Cordier (secrétaire de jean Moulin), le célèbre colonel Rémy (premier agent gaulliste en France occupée), De Vawrin (chef des services secrets de la France libre). Ou encore des cagoulards comme Guillain de Benouville (dirigeant du mouvement Combat) et des centaines d’autres affreux tels Honoré d’Estienne d’Orves fusillé lun mois après Guy Moquet, célébré par Sarkozy ( à la suite du parti Communiste) et qui ne fut jamais résistant…

 

Il suffit de lire les deux livres que l’historien israélien Simon Epstein a consacré à cette période pour abandonner tout schéma manichéen, schéma auquel s’accroche désespérément Bruno Belliot pour nous conter sa fable d’une France coupée en deux avec d’un coté les représentants du Bien et de l’autre ceux du Mal, c’est à dire l’extrême droite éternelle.

Dans « Les Dreyfusards sous l’Occupation » (2001) puis dans « Un paradoxe français » (2008), il montre, liste de noms à l’appui, que dans leur immense majorité les dreyfusards, anti-racistes, généralement pacifistes de gauche s’engagèrent dans la collaboration, tandis que nombre d’antidreyfusards et antisémites appartenant à ce qu’il est convenu d’appeler la droite radicale germanophobe s’engagèrent dans la résistance et la France libre. Or ce paradoxe, on le comprend aisément, est peu abordé par l’histoire académique, prudente jusqu’à la couardise, permettant à une doxa politiquement correcte de prospérer sur les non dits de l’histoire savante. ce qui permet qu’aujourd’hui encore fleurissent des absurdités comme cette apologie du Front de Gauche intégrant trotskistes et communistes, dont peu, même dans une « droite » gagnée par la lâcheté, ose remettre en question les énoncés falsifiés. N’en reste pas moins vrai que les quatre cinquième de la chambre du Front Populaire ont accordé à un vieux maréchal, que sa réputation de laïque républicain plaçait au dessus de tout soupçon, les pleins pouvoirs. Il y avaient très peu de députés d’extrême droite, pourtant, dans cette assemblée.

 

Quant à la reconnaissance du Parti Communiste comme parti républicain par le général de Gaulle en 1943-1944, avait-il le choix ? Il lui fallait composer avec une force majeure à l’époque. Son réalisme politique a contribué à mettre en selle un parti qu’il s’est empressé de combattre à partir de 1947 (création du RPF). De même, n’est ce pas un récipiendaire de la francisque qui nomma en 1981 des ministres communistes dans son gouvernement pour mieux étouffer un parti qui devait plus tard ramasser les dividendes putrides de son long flirt avec une URSS désormais honnie? Ce qui montre bien que la reconnaissance de tel parti comme « parti républicain » est avant tout une question de rapport de force. Le statut « républicain » accordé à un parti n’a que très peu de rapport avec les vérités de la science politique et beaucoup à voir avec la « realpolitik » de l’époque. Les définitions de la République sont évasives, comme tout ce qui ressort de la condition humaine. Chacun devrait savoir que depuis 1793, la République a changé de signification. En faire une monade surplombant dans le ciel le monde des Idées est une niaiserie platonicienne.

 

Pierre Bérard

14
fév

Du relativisme selon le Dr Georges Yoram Federmann

Certains strasbourgeois semblent bénéficier des bonnes grâces des pouvoirs publics et des médias.

Il en est ainsi, Amen, du Dr Georges Yoram Federmann, qui distribue depuis des années ses brevets de bonne pensée et ses actes d’accusation, parfaitement dans la lignée de notre période de repentance qui semble toucher la France depuis quelques années.

Repentez vous ! Repentez vous ! Semble t-il radoter depuis des années en prenant soin de battre sa coulpe sur la poitrine des autres. En savoir plus »

13
juin

La Droite Strasbourgeoise sur Facebook : le retour

facebook-alsace.jpgLDS est de retour sur Facebook après un imbroglio technique qui nous a fait perdre nos « 1000 » amis. La mission recommence donc à zéro sur ce réseau social bien connu. Nous vous demandons donc

-          De bien vouloir cliquer sur l’onglet « J’aime » afin de ne perdre aucune de nos publications

-          De bien vouloir faire tourner ce texte à vos proches et amis susceptibles de partager notre vision du monde, nos joies, nos émotions.

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8
oct

COPERNIC, HISTOIRE D’UNE MANIPULATION

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Quand l’histoire d’une manipulation rejoint l’actualité…

 

La Droite strasbourgeoise

 

 

COPERNIC, HISTOIRE D’UNE MANIPULATION


Manie commémorative oblige, la République célébrait ce dimanche le trentième anniversaire de l’attentat de la rue Copernic.

Le 3 octobre 1980, soir du shabbat, des terroristes frappaient la synagogue, faisant 4 morts et une quarantaine de blessés. L’explosif dissimulé dans une sacoche de moto aurait pu causer davantage de victimes si, comme cela avait été programmé, il avait fonctionné quelques minutes plus tard, lors de la sortie des centaines de fidèles.

 

Pour l’Empire du Bien qui est aussi l’Empire de la Certitude l’origine de cet acte immonde ne faisait aucun doute. Dès le lendemain une manifestation de protestation a lieu devant la synagogue puis le 7 octobre un grand rassemblement entre Nation et République attire 150 000 personnes. On se mobilise sous les Saintes Espèces du combat toujours recommencé « contre le fascisme, l’antisémitisme et le racisme. » Comme le chien devant le sucre de Pavlov on n’a pu résister à un intitulé si séduisant et le refrain du « fascisme » assassin fait florès.

 

D’autant que, selon un scénario bien rodé, dans l’heure qui suivit l’attentat un correspondant anonyme dont on sait aujourd’hui qu’il s’agit de Jean-Yves Pellay, téléphone à l’Agence France-Presse pour revendiquer l’attentat au nom des Faisceaux nationalistes révolutionnaires qui n’étaient autres que la reconstitution de la FANE dissoute par le gouvernement le 3 septembre précédent. L’histoire est connu : il s’agit de faire enregistrer l’attentat sous un faux drapeau qui, compte tenu des attentes d’une opinion bien préparée, passera comme une lettre à la poste.

 

Qu’est ce que la FANE ? Un groupuscule néo-nazi folklorique de quelques dizaines de cinglés.

Qui est Jean-Yves Pellay ? Le plus excité des militants de la FANE, dont la journaliste Annette Lévy-Willard avait rapporté les furieux propos antisémites dans son journal Libération du 2 septembre. Mais c’était surtout un agent provocateur de l’Organisation juive de défense selon l’hebdomadaire Tribune juive du 26 décembre 1980, qui après avoir contacté l’OJD aux « Douze Heures pour Israël » avait rejoint la FANE en mai 1980.

 

RÈGLEMENTS DE COMPTES DANS L’OLIGARCHIE

 

Cette revendication renforce le climat d’hystérie d’autant que le premier ministre, Raymond Barre, choque en déclarant à la télévision : « Cet attentat odieux voulait frapper des israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents… « . Ce lapsus malheureux qui fait des juifs une catégorie de citoyens à part, renforce la logique conspirationniste qui s’est emparée de l’opposition. Le 4 octobre le Comité de liaison des étudiants sionistes socialistes (CLESS) organise un défilé aux cris de « Bonnet, Giscard, complices des assassins! »

 

Oui, on accusait Giscard de complicité avec les groupuscules néo-nazis dont les ultimes soubresauts étaient systématiquement montés en épingle. Ainsi la presse venait de révéler que des policiers étaient  membres de la FANE. Mais au lieu d’en conclure que les Renseignements Généraux avaient infiltré l’organisation, la plupart des journaux en déduisirent que la police était contaminée par le nazisme… C’est pourquoi Henri Hadjenberg, alors président du Renouveau juif, pouvait s’autoriser à réclamer la démission du ministre de l’Intérieur, Christian Bonnet, et à demander la constitution d’une commission d’enquête sur le « noyautage de la police par les fascistes ».

 

Le véritable but de l’opération, à quelques mois des élections présidentielles était, bien entendu, de déstabiliser Giscard. Et quoi de mieux, pour l’abattre, que de lui faire enfourcher la rossinante usée du « fascisme » ?

Mitterrand piaffait d’impatience et la gauche faisait tout pour discréditer le pouvoir giscardien. Le chef de l’État était ouvertement soupçonné de sympathies vichystes et de dédain à l’égard de la communauté juive. On accusait ce pauvre Giscard de complicité avec les groupuscules néo-nazis. La preuve ? Son service d’ordre dirigé par un ancien de l’OAS (ce qui est vrai) et constitué de militants d’extrême droite (ce qui annonçait  tout bonnement le ralliement en cours des Longuet, des Madelin et des Novelli à la logique libérale).

 

LE TOUR DE LA NOUVELLE DROITE

 

En même temps puisque l’on connaissait les poseurs de bombes, du moins le croyait-on, il fallait maintenant, selon une tactique bien éprouvée, chercher sinon des commanditaires, du moins des inspirateurs. Jean Pierre-Bloch, président de la LICRA déclare à TF-1 : « les assassins, ce sont aussi ceux qui ont créé le climat… Je veux tout de même rappeler Le Figaro Magazine de samedi dernier disant que les Juifs venus au Palais de justice pour le procès Fredriksen étaient venus pour tuer. Je dis que cet article prête à l’attentat et crée l’antisémitisme… Je dis que le responsable de l’assassinat, c’est cette presse« .

 

En effet, Le Figaro Magazine, était le seul organe de la grande presse à n’avoir pas donné dans l’hystérie. Lors du jugement de Marc Fredriksen, leader de la FANE, le 19 septembre, par la XVII chambre correctionnelle de Paris, et à rapporter que des activistes juifs du Bétar avaient tenté d’introduire des barres de fer dans le Palais de justice. Mais pour le patron de la LICRA, le seul fait de dire la vérité était un outrage.

Quelques jours plus tard Bernard-Henri Lévy, qui n’en était pas à sa première escroquerie intellectuelle renchérissait  dans Le Quotidien de Paris sur la fumeuse théorie du « climat » vouée à une bien étrange fortune. « C’est toujours délicat, écrivait-il, d’établir des liens de cause à effet entre les discours et les actes. Mais il ne me paraît pas absurde de dire que tout le ramdam qu’on a fait récemment autour des thèses élitaires, indo-européennes, parfois eugénistes, des sous-développés de la Nouvelle Droite, par exemple, a préparé le terrain à la situation d’aujourd’hui ». Et le « penseur » de la gauche-caviar ajoutait : « Le Figaro Magazine, en un sens, c’est pire que Minute; c’est ce qui permet à des milliers de gens de penser qu’on peut être fasciste sans être un nervi ou une brute de la FANE« .

 

Une attaque en règle contre le Nouvelle Droite qui ayant investie les colonnes du Figaro Magazine y développait ses thèses devant près d’un million de lecteurs. Une offensive d’ailleurs couronnée de succès puisque ses membres furent peu à peu chassés de la rédaction tandis que BHL y  ferait bientôt son entrée. Il est vrai qu’alors le tirage du journal « normalisé » n’était plus que de 300 000… Si nous affections d’adopter la théorie béhachelienne du climat, nous pourrions y voir une relation de cause à effet. Il est vrai aussi que le patron « papivore » du groupe était menacé de se voir retirer la manne publicitaire et que « l’ancien nazi » avait bien des choses à se faire pardonner. Malgré une élection comme député radical-mendésiste en 1956 Robert Hersant ne pouvait pas se permettre d’entretenir un nouveau scandale autour de son nom. Ainsi fut stoppée la seule tentative de donner à la droite une armature idéologique qui ne fut pas libérale.

 

ÉPILOGUE

Quand aux acteurs de l’attentat lui même on sait aujourd’hui qu’il n’était pas plus question de « néo-nazis » que de la « méchante » influence de la Nouvelle Droite.

L’explosif avait emprunté la voie d’une valise diplomatique libanaise. Le poseur de bombe était un homme de type arabe utilisant un passeport chypriote au nom d’Alexander Panadriyu. C’est à ce nom qu’il avait loué la moto. Les commanditaires appartenaient à un groupe dissident du FPLP de Georges Habbache, le « Palestinian Liberation Front Special Command » dont le chef s’appelait Salim Abou. Ces vérités révélées par Le Point dès le 23 mars 1981 furent occultées par le nouveau pouvoir socialiste.

 

Bref la DGSE et la DST savaient mais en juillet 1981 le ministre de l’Intérieur, Gaston Defferre, tentait de relancer la piste inusable de l’extrême droite…

 

Les mythes ont la vie dure, et aujourd’hui encore retentissent des appels incessants contre un « fascisme » imaginaire. Cependant à la différence de l’époque, ceux-ci tournent à vide et ne rencontrent plus, de plus en plus, que le silence assourdissant des masses.

 

Coclès

 

 

 

28
jan

Alsace : Et si l’élection régionale ne se gagnait pas au centre ?

images.jpgNos lecteurs habitués nous voit venir. Peut-être même est-il encore temps de modifier des listes et d’analyser des chiffres. Ceux, par exemple de la dernière  élection régionale en Alsace. Rappelons les en les piochant sur la toile. Avec une abstention de 40 % soit 2/5ème du corps électoral, obtiennent Adrien Zeller (UMP-UDF)  34.07 %, Jacques Bigot (PS-Verts)  20.12 %, Patrick Binder (Front National)  18.58 %, Robert Spieler (Alsace d’abord)  9.42 %, Antoine Waechter (Ecologistes)  7.39 %, Alfred Wahl (PCF-PRG-MRC)  3.73 %, Patrick Merck (France d’en bas)  3.56 %, Françoise Ruch (LO-LCR)  3.03 %, Pascale Grauss (Parti Fédéraliste)  0.09.

Sur cette base-là, l’élection donna les résultats de second tour suivants, sans fusion de liste : Adrien Zeller (UMP-UDF)  43.48 %, Jacques Bigot (PS-Verts)  34.57 %,  Patrick Binder (Front National)  21.95 %.

Imaginons un instant que le mouvement régionaliste (le plus proche en chiffre) ou le mouvement écologiste indépendant aient passé la barre des 10 %. Quelle eut été la donne de second tour ? Le Mei aurait-il suivi certaines sirènes qu’il suit aujourd’hui ?

Au-delà de la fiction, voilà qui permet de suivre les mouvements de voix de l’époque  et déjà une possible victoire de la gauche.

Sont donc venus renforcer la liste Zeller au second tour, les voix de la France d’en Bas ( droite contestataire),  les 2/3 d’Alsace d’abord (droite régionaliste) et sans doute quelques pourcentages du MEI (écologisme régional).  Sans ces voix-là, l’Alsace ne faisait pas l’exception en 2004. Voilà peut-être une lecture à faire avant de partir en campagne. L’élection régionale alsacienne se gagne donc peut-être moins au centre que ne semble le laisser croire les élus. Une victoire se construit aussi dans la capacité à rassembler les siens, tous les siens.

30
nov

De la Suisse à la France : La vraie démocratie et les faux démocrates

gardesuisse.jpgDans son article 14, la déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen précise que « Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs Représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée ».

Ceci sous-entend donc clairement que toutes hausses des impôts devraient donner lieu à une consultation des contributeurs. Nos textes fondateurs le précisent, mais la France n’applique pas la démocratie directe ! Personne ne se révolte, d’autres n’acceptent pas tout.

L’esprit rebelle de Guillaume Tell


Bizarrement, l’expression de cette démocratie en Suisse réveille, en raison du sujet soumis à référendum, des critiques irrationnelles.

La vox populi serait diabolique lorsqu’elle ne s’engage pas dans les rails d’une pensée naturellement politiquement correcte.

On en oublie que démocratie signifie « souveraineté populaire ».

La démocratie, telle que nous la connaissons, serait donc un corpus social naturellement égalitaire puisqu’à chaque citoyen correspond un droit et l’expression du pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple.

Le résultat du vote suisse choque peut-être certains esprits, mais il n’en reste pas moins l’expression d’une volonté populaire souveraine. Ne pas la respecter, la diffamer, n’est-ce pas finalement porter atteinte à la démocratie dans ce qu’elle a de plus direct ?

 

Un peuple libre de penser

Au travers des cris d’orfraie, les oligarques lancent un drôle de message. S’en rendent-ils compte ? Leur message est mépris, dédain, voire justement «déni de démocratie ».

On reproche aux Suisses d’avoir eu peur. Mais une question s’impose devant l’irrationalité des attaques, n’est-ce pas l’hyperclasse dirigeante qui a peur lorsque le peuple vote en son âme et conscience ?

Eric Neustadt

24
sept

Et si le Conseil de l’Europe partait de Strasbourg ?

TURK.jpgSoit ils ne font pas de veille (et c’est grave), soit ils nous cachent la vérité (et c’est pire). Dans les deux cas, une information semble avoir été dissimulée aux Strasbourgeois par leurs responsables politiques ! Une ville, un pays aimeraient nous déposséder d’un de nos atouts. La Belgique ? Du siège du Parlement européen ? Non ! Cherchez encore ? Allez, encore un effort…

Toujours pas ? Il s’agit de nos amis Turcs. Toujours prêt à élargir l’Europe, un lobby turc réclame désormais « une nouvelle capitale pour un nouveau conseil de l’Europe ». Le reste prend la forme d’une tribune de Murat Daoudov, le responsable des relations étrangères de « l’Union des Municipalités de Marmara, dans le quotidien Today’s Zaman0. Une tribune qui connait un certain succès auprès de groupes de pression qui souhaitent autant l’entrée de la Turquie dans l’Europe que l’affaiblissement du vieux continent.

Au sommaire des arguments de l’ami Murat, tout fait office de cartouches :

-      L’Europe devrait “partager” ses valeurs avec la Turquie, la Russie, l’Arménie, et donc quel sens donner au maintien du siège du COE à Strasbourg

-      Le choix de Strasbourg ne serait plus justifié du fait de l’évolution de l’Europe.

-      D’autres encore

Avec comme cerise sur le gâteau, les avantages offerts par Istanbul pour devenir le « nouveau siège », et une réflexion cruelle sur la desserte aérienne de Strasbourg

“The city on the Bosporus presents many advantages. First of all, the center of Greater Europe should be open to all its countries. Nowadays, to go to Strasbourg — the symbol of Europe’s unity — Europeans from 12 countries need to obtain a Schengen visa, while citizens of all 46 countries can travel to İstanbul without prior visa formalities. And they can do so easily: While only six international connections to European cities are offered to Strasbourg, 82 CoE cities are connected by air to İstanbul. After all, as Brussels is open to all EU citizens, shouldn’t the “capital” of the CoE also have its doors open to all members?”

Cette revendication, assise, sur le principe qu’Istanbul symboliserait l’Europe multiculturelle du XXIème siècle n’a pas encore été commentée par nos élus, en Alsace.

Une fois encore la Droite Strasbourgeoise soulève le voile. Avec une question cependant, le futur siège du Conseil de l’Europe ? Un ou deux minarets ?

Eric Neustadt

PS : Nous attendons les réactions officielles.

3
août

Démographie : cours, camarade, le vieux monde est devant toi

Mis en évidence par Theatrum Belli.