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Posts from the ‘Les idées parlent’ Category

6
fév

Les affidés du scandale Guéant

 Les propos tenus par le ministre de l’Intérieur le samedi 4 février devant des étudiants de l’Union Nationale Inter-universitaire  enflamme une toile prompte à réagir au coup de sifflet. En déclarant en effet que « toutes les civilisations ne se valent pas«   Claude Guéant a mis le feu aux poudres. Il ajoutait cependant, « Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient, celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique« . On comprend dans ces conditions pourquoi il se refuse à tout « relativisme » En savoir plus

17
déc

CNAC : L’antiracisme s’invite au marché de Noël

La lecture des Dernières Nouvelles d’Alsace du dimanche 11 décembre dissimulait une perle rare. On a lu, certes, les articles sur les vengeurs démasqués d’Anticor, mais c’est un autre papier qui valait son pesant de bredele.

On y apprenait que le Collectif « Non à l’Alsace Consanguine » avait écrit au maire de Strasbourg pour s’offusquer du thème choisi par Antoinette Pflimlin pour son beau sapin : « La magie des Noëls blancs ».  En savoir plus »

5
déc

De la germanophobie au FMI, la bêtise européenne dans toute sa splendeur !

Depuis le début de la crise, on a entendu monter en crescendo un petit refrain : « l’Allemagne payera ! ». On se serait cru revenu à Versailles en 1919. Certes, il aura fallu du temps pour que la sauce prenne, car on ne savait pas bien quoi leurs reprocher aux braves Allemands. Élève modèle de la zone euro, le succès économique de l’Allemagne a certes de quoi exaspérer, il faut bien l’admettre :  4ème économie mondiale, 1ère européenne, elle est aujourd’hui le plus grand exportateur mondial de biens devant les États-Unis et la Chine et enregistrait en 2010 un excédent commercial de 150 milliards d’euros. En savoir plus »

17
oct

Dominique Venner, électrochoc des esprits pour un choc de l’histoire.

ChocVenner.jpgDans un livre d’entretien conduit par la journaliste Pauline Lecomte, « Le choc de l’histoire » publié aux éditions « Via Romana », Venner se penche une nouvelle fois sur notre époque en crise. On retrouvera en filigrane la grille d’analyse affûtée qu’il avait déjà exposée dans son ouvrage « Le siècle de 1914 », mais cette fois pour en dépasser le cadre restreint de la discipline historique. 

Selon lui, la grave crise actuelle clos un cycle historique amorcé en 1914 et qui aura secoué tout le XXème siècle. Après avoir favorisé un lent processus de déchristianisation, les idéaux des Lumières ont vu, au cours du dernier siècle,  les grands récits idéologiques qu’ils avaient enfantés s’effondrer les uns après les autres. En savoir plus »

12
oct

Lisez-vous Les esclaves salarié alsaciens et leur destin ?

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Pendant que La Droite strasbourgeoise travaille à toiletter son site, ses membres continuent leurs lectures, notamment l’excellent blog Les arbres de Strasbourg sous-titré désormais « Les esclaves salarié alsaciens et leur destin ».

Quelqu’un qui écrit au sujet de l’aide scandaleuse apportée par l’Etat aux banques : « Ce type de problème commence à devenir récurrent, et sa solution ne passera pas par un bulletin de vote ou dans la bonne volonté des élites. Ce qui est vermoulu a besoin d’une petite aide pour tomber. » ne peut avoir que nos sympathies.

Vous y entendrez parler de l’effondrement actuel, de la crise, de l’hypocrisie politique de certains camps, de références intellectuelles que nous partageons, le tout habillé de photos solitaires…

Que l’on apprécie ce blog n’étonnera que les hémiplégiques encore fixés sur les défuntes étiquettes « droite/gauche »….

 

18
sept

Les idées en retard des élus de droite !

Désastre intégralLe pathétique naufrage de la zone euro ne semble guère interloquer les beaux esprits qui nous gouvernent. Après avoir embarqué 322 millions d’Européens dans la galère ubuesque de la monnaie unique, nos élus ne montrent aucun signe de doute, ni encore moins de regret.

Ils continuent d’exhiber leurs trognes satisfaites, le sourire narquois, sur les plateaux de télévision, allant même jusqu’à dispenser ici ou là encore quelques-uns de leurs savants conseils d’économiste avisé. En savoir plus »

2
août

De la démocratie chez les macaques

Deux primatologues de l’Université de Strasbourg, Odile Petit et Cédric Sueur, ont observé les macaques de Tonkéan de la Montagne des Singes. Ils ont fait une découverte stupéfiante : les macaques ne sont pas gouvernés par la loi du plus fort mais prennent des décisions collectives au terme de procédures de démocratie participative.

 

C’est en observant les macaques depuis 4 ans (quel métier, tout de même !) que Odile et son camarade se sont aperçus « que certains macaques commençaient à montrer leur intention de se déplacer par des avancées très courtes, de un à cinq mètres, et des coups d’œil vers l’arrière qui faisaient qu’ils vérifiaient par ce comportement s’ils étaient suivis. »

« Par ce geste », ajoute le commentateur sagace, « le singe cherche à convaincre les autres d’aller dans la même direction que lui ».

« Ces petits comportements d’avancées et ces coups d’œil », ajoute Odile, « pour nous, on les a appelés des comportements de vote, c’est-à-dire que par ces comportements les individus votaient pour une direction ou pour l’autre. Les individus qui eux étaient toujours au repos dans le groupe, ben pour choisir ils vont en quelque sorte compter le nombre de comportements de vote dans l’une ou l’autre direction ».

Les indécis se rallient donc à la majorité du groupe, ajoute le commentateur benoîtement.

Mais CE N’EST PAS TOUT. Odile a été encore plus loin dans ses observations.

Odile – « On a remarqué que l’individu qui partait et qui était capable d’entraîner le groupe n’était pas forcément le dominant, ce qui est contraire à tout ce qui a été décrit dans la littérature pendant des années. Ca veut dire que tout le monde peut initier et avoir du succès ».

« Une découverte stupéfiante qui remet tout en cause » glose papelard le commentateur de plus en plus mielleux : « La loi du plus fort ne serait pas l’unique loi du monde animale » (chic ! chic !)

Odile – « On voit donc que la démocratie n’est pas l’apanage de la société humaine, que l’on peut la retrouver dans le règne animal et que le macaque de Tonkéan en est un exemple mais qu’il est évident qu’on va trouver ce genre de comportement chez de nombreuses espèces.

- « Dans les années à venir peut-être découvrirons-nous d’autres secrets parmi les millions d’espèces qui chacune à sa façon participe à la grande aventure de la vie », conclut le commentateur œcuménique.

Dans un article paru dans Le Monde en 2009, Cédric Sueur ajoutait : « Les chercheurs ont pendant longtemps cherché à comprendre les origines culturelles ou génétiques de la démocratie chez l’homme. Or ces études récentes montrent que des processus de vote existent des insectes aux primates et que leurs règles de fonctionnement sont relativement simples. Ainsi, des principes généraux sous-jacents aux décisions collectives s’appliqueraient chez les animaux sociaux, quelle que soit l’espèce, démontrant ainsi une homogénéité des mécanismes au sein du règne animal. »

Cédric Sueur a obtenu, pour son travail dirigé par Odile Petit, le prix de la recherche universitaire décerné par Le Monde, en 2010.

Il est probable que c’est très exactement le genre de découvertes qui feront progresser l’Université de Strasbourg dans le classement de Shanghai. Ce n’est pas une raison pour prendre les lecteurs de LDS pour des bénis-ouistitis!  Les Ségolènes seront confortées dans leurs convictions participatives. Pour nous, nous ne mangeons pas de ces cacahuètes-là !

Passons sur la naïveté de l’analyse, qui traduit une soumission d’instinct à l’idéologie du moment, pour nous arrêter sur l’inférence, tout à fait abusive. De ce petit fait : les macaques de la Montagne des singes (quand ils ne sont pas attirés par les visiteurs leur distribuant du pop-corn) paraissent voter le chemin qu’ils empruntent pour aller à droite ou à gauche, on conclut que « la démocratie n’est pas l’apanage des sociétés humaines. »  En fait de révolution scientifique, on a plutôt le sentiment d’une précipitation dans la pensée mainstream. La thèse de la démocratie animale parait bien conformiste au regard du déferlement des théories animales des dernières décennies, quelque pertinence que l’on puisse reconnaître par ailleurs à la pensée anti-spéciste.

 

La démocratie animale en perspective

Il n’est pas inutile, en effet, de replacer cette thèse dans le contexte général de l’offensive de la confédération des animaux et de leurs représentants pour un monde plus juste. Une armée de plumitifs au service du Front de Libération des animaux s’ingénient depuis les années soixante-dix à rédiger les cahiers des doléances de ce Cinquième Monde (après le Tiers Etat, et le Quart Monde). Les recherches et les publications récentes sur  la condition animale se sont considérablement multipliées.

 Il y a quelques années la philosophe Elisabeth de Fontenay, proche des positions de Jacques Derrida, écrivait un gros essai sur Le silence des bêtes. La philosophie à l’épreuve de l’animalité (éd. Fayard, 1998). Elle y défendait l’idée d’une responsabilité des hommes à l’égard de ceux qui ne parlent pas. C’était encore une forme de paternalisme bienveillant mais finalement très « néocoloniale » qui enjoignait l’homme de prêter attention aux peuples silencieux.

Par la suite, Florence Burgat a publié son impressionnant ouvrage sur Liberté et inquiétude de la vie animale (Kimé, 2006), dans lequel elle défend l’idée que les animaux sont des sujets, donnant à travers l’épaisseur de ce concept métaphysiquement chargé un fondement au droit subjectif à la reconnaissance de la dignité animale.

Dans le même temps étaient traduits et publiés deux ouvrages révolutionnaires, celui de Peter Singer sur L’égalité animale expliquée aux humain-es (Tahin –Party, 2007) et celui de Charles Patterson, Un éternel Treblinka (Calman-Lévy, 2008).

Le premier soutient la thèse anti-spéciste (dont il est un fondateur) de l’égalité trans-espèce et de l’égale dignité du monde vivant. Il affirme que l’espèce à laquelle appartient un être n’est pas un critère moral pertinent pour décider de la manière dont on doit le traiter et des droits qu’on doit lui accorder.

Le second compare l’holocauste des abattoirs à la boucherie des camps de concentration, l’industrie de la viande et celle du juif. La comparaison est délibérément choquante. On n’est pourtant choqué qu’aussi longtemps que l’on croit la comparaison exagérée, infondée. L’argument principal de l’auteur est pourtant bien  d’essayer de convaincre que la Shoah et la boucherie sont comparables.

Sont parus à la même époque une Ethique animale de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, (PUF, 2008) et une Théologie animale d’Andrew Linzey (éd. One Oice, 2010), qui tentent de donner un contenu moral à la thèse de l’égalité animale pour en tirer toutes les conséquences religieuses.

Ce combat commence à produire ses effets. On ne compte plus les Etats en passe d’abolir le foie gras. Une directive européenne prévoit de mettre fin à cette torture.

En Suisse, une initiative populaire fédérale propose la modification de la Constitution et l’inscription dans le texte fondamental d’une obligation de protéger les animaux et d’assurer la défense de leurs droits par un avocat. Cette initiative a réuni plus de 100.000 suffrages et a donc été déclarée valable par la Chancellerie fédérale.

 

La douceur démocratique

En dégageant à partir d’une lecture de Tocqueville le concept de douceur démocratique Chantal Delsol répond peut-être à notre interrogation. Dans De la démocratie en Amérique, Tocqueville a non seulement noté le progrès constant et inéluctable de l’esprit démocratique mais anticipé le développement de ce qu’il appelle l’égalité des conditions. Imaginant les formes d’un despotisme futur, il écrivait :

« Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres. […]

Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire , qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? »

Dans son cours à l’Université de Georgestown en 2008 (ici) Chantal Delsol analyse ainsi la douceur démocratique :

«  Tocqueville, écrit-elle, a compris sans nul doute l’un des traits essentiels de la nouvelle société qui s’instaure après la saison révolutionnaire (révolution américaine, révolutions françaises). L’avènement démocratique n’est pas seulement un changement de structures, mais aussi une métamorphose des mœurs, et de la sensibilité. … La transformation de la sensibilité, qu’il décrit, trouve sa source plus loin que dans l’avènement démocratique, dans la philosophie et l’anthropologie occidentales qui suscitent la démocratie. »

Et de poursuivre en observant qu’à travers l’idée de « douceur démocratique » Tocqueville voit les prémisses d’une évolution qui aujourd’hui  « atteint une apogée et dont les significations sont incalculables. »

Incalculables, en effet, et peut-être même incalcuculable si l’on considère que la thèse d’Odile Petit et Cédric Sueur participe de cette entreprise de cuculisation qui contamine avec une efficacité chaque jour plus grande ce qui devrait être le meilleur de nos institutions critiques.

 

Morès

 

27
juil

Attentat d’Oslo : « la propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures »

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Nous avons choisi une citation de Noam Chomsky comme titre, qui semble coller au déferlement hystérique des médias français après l’attentat d’Oslo.

On donnera quelques exemples, comme Laurent Joffrin du Nouvel Observateur à la tête de l’armée mexicaine du camp multiculturaliste, flanquée de multiples analystes à la petite semaine. On notera l’inénarrable rédacteur en chef des Dernières Nouvelles d’Alsace,  Dominique Jung qui nous explique ces jours-ci que non, la Norvège n’est pas rongée par l’immigration extra-européenne et nous livre le fond de sa non-pensée à propos de « la prose xénophobe qui circule en Norvège s’emploie surtout à exciter les esprits et à créer des réflexes de croisades et de contre-croisades ». 

Bref, tout cela n’entame en rien le juste débat d’idées qui doit se mener et vite sur le multiculturalisme, l’immigration, les bouleversement démographiques en cours, le déferlement de violence, les fractures identitaires que l’on aperçoit béantes. Certains l’évoquent déjà, comme Laurent Ozon un conseiller proche de Marine Le Pen, secouant le landernau politique. Est-ce que la dernière heure des étiquettes faussement attribuées n’aurait-elle pas sonné ? Pour le choc des idées, cela serait salutaire. 

Les procureurs du Bien comme les surnomme le parti de l’Innocence de l’écrivain Renaud Camus, les élites métissolâtres commes les évoque le philosophe Alain Finkielkraut semblent soudainement tétanisées non pas devant les partis populistes enracinés dans beaucoup de pays européens, non pas devant la puissance de la « réacosphère » dont nous faisons partie et qu’ils tentent en vain de traiter en responsables idéologiques, mais bien devant le Golem multiculturaliste qu’ils ont eux-mêmes modelés et qu’ils s’emploient pour le moment encore, à garder en vie, grâce à des soins palliatifs. 

 LDS

 

 

Ci-dessous le communiqué du parti de l’In-nocence de Renaud Camus illustré d’une récent extrait d’une intervention d’Alain Finkielkraut en Pologne. 

 

Communiqué n° 1269, mercredi 27 juillet 2011

Sur l’exploitation éhontée de la tragédie d’Oslo par les procureurs du Bien

 

Le parti de l’In-nocence constate sans surprise — il l’avait prévu — que la tragédie d’Oslo donne lieu à une exploitation idéologique sans scrupule de la part des antiracistes dogmatiques, qui n’ont pas même la décence d’attendre que le deuil national norvégien se soit assez exprimé pour rendre responsables de l’événement tout ceux qu’ils considèrent comme des ennemis politiques à abattre par tous les moyens. Ne reculant devant aucune des vieilles ficelles staliniennes, et dressant sans tarder un acte d’accusation les défaussant de leurs propres responsabilités (écrasantes du fait de leur complicité avec le système médiatico-industriel en tant que hérauts du Bien pavant avec méthode et obstination un Enfer comme on en a jamais imaginé), ils pratiquent à tour de bras sophismes et paralogismes pour justifier leurs attaques et leur appel à plus de répression politique, à plus de contrôle judiciaire, à plus d’interdiction de penser librement, à plus d’empêchement à dire ce que tout le monde voit, et de mieux en mieux.

 

Le parti de l’In-nocence considère que doivent être plutôt remis en question les antiracistes dogmatiques d’aujourd’hui et les tenants de l’ »ouverture » univoque et à tout crin, du fait de leur participation active à la réduction du débat public, à sa soumission à une idéologie régnant sans partage, sans réplique possible, fondée sur une Morale aussi douteuse et fausse que toute puissante, sur un répertoire émotionnel frelaté et sans cesse manipulé par tous les moyens médiatiques et de propagande. Ce sont eux qui, passés d’un combat légitime en son temps à une idéologie totalitaire, transformant une réaction éthique en un système mortifère, désireux d’établir à toute force un racisme sans races — obnubilés qu’ils sont par cette folle exigence idéologique basée sur un mot qui dès lors se mord la queue —, entretenant comme point aveugle les représentants d’une ancienne domination éternellement vouée aux gémonies (avec la complicité de leurs propres « élites » économico-techniques afin de mieux assurer paradoxalement leur domination désormais mondiale), ce sont eux qui suscitent partout les conditions d’explosions de violence, de pogroms et tous les préludes à une guerre civile généralisée du genre humain, particulièrement sur le sol européen, que seul un courage politique et une détermination à sortir de cette folie en retrouvant le bon sens le plus élémentaire permettront de juguler.

 

Le parti de l’In-nocence conçoit son action en ce sens, et ce qui vient de se produire le renforce dans la conviction de la justesse de son combat, et de son urgence.

 

 

 

25
juil

La fête du sang

yawar_fiesta1.jpg

Voici revenu le temps de la corrida, du soleil, du sang, des bandas bruyantes et colorées, le temps de la joie et des fêtes païennes, des aficionados et des belles filles déshabillées, les bouteilles de Cuvée du Docteur qu’on ouvre à l’apéro les matins de juillet en chantant le bel canto à la gloire du Soleil. Et voici revenu, hélas, le triste cortège des militants anti-taurins qui, au son de gémissements nasillards portent comme une demande de rançon leurs sempiternelles doléances: interdire le taureau, après l’hallali et l’absinthe, la chasse, les fourrures, le Roquefort, le tabac et les alcools trop forts.

Voici revenu, donc, le temps des gens tristes et pasteurisés dont la seule pensée du soleil leur fait redouter le cancer de la peau ; l’idée de la musique, craindre la surdité ; l’odeur du vin ou de la cigarette, consulter pour une hépatite ou le cancer du poumon. A ces professionnels de la complainte, ces spécialistes de la grisaille, nous voulons fournir une nouvelle cause : la lutte contre la Yawar Fiesta, la fête andine du sang qui se célèbre ces jours prochains.

Car c’est maintenant aussi le temps de la Yawar Fiesta, une fête populaire et champêtre née aux temps de la colonisation espagnole. Sur le dos d’un taureau, symbole de la puissante Espagne on arrime solidement un grand condor, symbole de l’âme andine. Le taureau fou, furieux, se débat, saute, mugit tandis que le Condor, affolé, de ses serres puissantes lui ravine le dos et de son bec affuté lui lacère la nuque. Le taureau finit toujours par mourir, après huit ou dix heures d’un terrible combat, vidé de son sang, pelé comme un galeux, son cœur explose et il tombe comme une masse. Le condor ne lui survit pas. Ecrasé par le taureau, épuisé, il n’a pas le temps de savourer sa victoire.

 Les Andins raffolent de ce spectacle. Comme tous les vaincus, ils rêvent de victoire, ce qui est encore un signe de bonne santé.  Ils chantent, ils dansent au son des quenas et des sikus, et leur joie se perd dans l’immensité des cieux où ils n’ont été qu’un instant. Sic transit gloria mundi.

 Morès

 

NB : ce texte a été inspiré par le chronique de Alain-Gérard Slama sur France Culture ici

18
juil

Richard Millet victime de soi même et des commissaires du peuple

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Être un écrivain plus commun pour ses positions polémiques sur certains sujets n’est pas une tâche si aisée finalement. Richard Millet, à son corps défendant, est l’objet d’attaques régulières du camp du Bien, qui se sont intensifiées depuis la parution de ses deux essais Fatigue du sens (Ed. Guillaume de Roux) et Arguments d’un désespoir contemporain (Ed. Hermann) (lire ici notre chronique) et d’une récente émission sur France Culture avec Alain Finkielkraut. 

Millet est désormais aussi lu pour de mauvaises raisons ou simplement cité sans avoir été lu (ce qui est pire) par certains qui récupèrent ses prises de positions.

Tout ceci brouille finalement l’image d’un écrivain essentiel, amoureux de la musique (notamment contemporaine) et qui accorde une importance capitale à l’écriture et à la langue, loin de polémiques stériles.  

Raison de plus d’écouter avec grande attention l’entretien intimiste accordé à l’émission For intérieur de France Culture avec Olivier Germain-Thomas, où il évoque la figure de Gesualdo (puisqu’il a écrit le livret  de l’opéra de Marc-André Dalbavie, autour de ce compositeur), la langue, la littérature, la Foi, la mort mais aussi l’immigration et ses positions polémiques. 

Reste que c’est Philippe Sollers une fois de plus qui résume bien la partie qui se déroule avec une citation qui peut s’appliquer à bon nombre de débats actuels, désormais impossibles à tenir  : 

« Je crois que Richard Millet a eu un tort, celui de mêler à ses considérations sur la littérature des idées politiques, et des idées politiquement incorrectes. Elles ont permis à l’opinion, surtout l’opinion militante, se voulant extrêmement engagée, de l’accuser, avec des mots injurieux, d’être révisionniste et d’avoir écrit une immondice ; allant jusqu’à s ‘en prendre aux éditions Gallimard en s’exclamant: « Comment avez-vous pu publier une chose pareille ?! »

Cette immédiateté de la réaction inquisitoriale, et je dirais même stalinienne, m’amène à dire que désormais, n’importe quelle interprétation peut avoir lieu sur des motifs « politiques » – je mets des guillemets – où on accuse d’emblée l’autre de racisme, d’ antisémitisme, etc., et je trouve que ça commence à bien faire. Pas vraiment parce que ça m’indigne « personne ne ment davantage qu’un homme indigné », a dit Nietzsche – mais parce qu’il y a une volonté d’éviter le débat de fond, c’est-à-dire ce que Richard Millet voit comme un désenchantement, un effondrement, une dévastation de la littérature, et sur quoi je suis en partie d’accord.

Les réponses que j’ai à donner à ce sujet ne sont pas du même ordre, mais il y a débat, et je crois que tout le monde a intérêt à éviter ce débat, parce qu’on parlerait enfin de littérature.«