LA PATRIE TRAHIE PAR LA RÉPUBLIQUE
L’écrivain Jean Raspail a donné il y quelques temps une chronique au Figaro, sur la notion d’ »être français ». Voici sa contribution, éclairante en ces jours de débats houleux sur l’identité nationale et l’immigration… (http://jeanraspail.free.fr)
La patrie trahie par la République
J’ai tourné autour de ce thème comme un maître-chien mis en présence d’un colis piégé. Difficile de l’aborder de front sans qu’il vous explose à la figure. Il y a péril de mort civile. C’est pourtant l’interrogation capitale. J’ai hésité. D’autant plus qu’en 1973, en publiant Le Camp des saints, j’ai déjà à peu près tout dit là-dessus. Je n’ai pas grand-chose à ajouter, sinon que je crois que les carottes sont cuites.
Car je suis persuadé que notre destin de Français est scellé, parce qu’« ils sont chez eux chez moi » (Mitterrand), au sein d’une « Europe dont les racines sont autant musulmanes que chrétiennes » (Chirac), parce que la situation est irréversible jusqu’au basculement définitif des années 2050 qui verra les « Français de souche » se compter seulement la moitié la plus âgée de la population du pays, le reste étant composé d’Africains, Maghrébins ou Noirs et d’Asiatiques de toutes provenances issus du réservoir inépuisable du tiers monde, avec forte dominante de l’islam, djihadistes et fondamentalistes compris, cette danse-là ne faisant que commencer.
La France n’est pas seule concernée. Toute l’Europe marche à la mort. Les avertissements ne manquent pas rapport de l’ONU (qui s’en réjouit), travaux incontournables de Jean-Claude Chesnais et Jacques Dupâquier, notamment , mais ils sont systématiquement occultés et l’Ined pousse à la désinformation. Le silence quasi sépulcral des médias, des gouvernements et des institutions communautaires sur le krach démographique de l’Europe des Quinze est l’un des phénomènes les plus sidérants de notre époque. Quand il y a une naissance dans ma famille ou chez mes amis, je ne puis regarder ce bébé de chez nous sans songer à ce qui se prépare pour lui dans l’incurie des « gouvernances » et qu’il lui faudra affronter dans son âge d’homme…
Sans compter que les « Français de souche », matraqués par le tam-tam lancinant des droits de l’homme, de « l’accueil à l’autre », du « partage » cher à nos évêques, etc., encadrés par tout un arsenal répressif de lois dites « antiracistes », conditionnés dès la petite enfance au « métissage » culturel et comportemental, aux impératifs de la « France plurielle » et à toutes les dérives de l’antique charité chrétienne, n’auront plus d’autre ressource que de baisser les frais et de se fondre sans moufter dans le nouveau moule « citoyen » du Français de 2050. Ne désespérons tout de même pas. Assurément, il subsistera ce qu’on appelle en ethnologie des isolats, de puissantes minorités, peut-être une quinzaine de millions de Français et pas nécessairement tous de race blanche qui parleront encore notre langue dans son intégrité à peu près sauvée et s’obstineront à rester imprégnés de notre culture et de notre histoire telles qu’elles nous ont été transmises de génération en génération. Cela ne leur sera pas facile.
Face aux différentes « communautés » qu’on voit se former dès aujourd’hui sur les ruines de l’intégration (ou plutôt sur son inversion progressive : c’est nous qu’on intègre à « l’autre », à présent, et plus le contraire) et qui en 2050 seront définitivement et sans doute institutionnellement installées, il s’agira en quelque sorte je cherche un terme approprié d’une communauté de la pérennité française. Celle-ci s’appuiera sur ses familles, sa natalité, son endogamie de survie, ses écoles, ses réseaux parallèles de solidarité, peut-être même ses zones géographiques, ses portions de territoire, ses quartiers, voire ses places de sûreté et, pourquoi pas, sa foi chrétienne, et catholique avec un peu de chance si ce ciment-là tient encore.
Cela ne plaira pas. Le clash surviendra un moment ou l’autre. Quelque chose comme l’élimination des koulaks par des moyens légaux appropriés. Et ensuite ?
Ensuite la France ne sera plus peuplée, toutes origines confondues, que par des bernard-l’ermite qui vivront dans des coquilles abandonnées par les représentants d’une espèce à jamais disparue qui s’appelait l’espèce française et n’annonçait en rien, par on ne sait quelle métamorphose génétique, celle qui dans la seconde moitié de ce siècle se sera affublée de ce nom. Ce processus est déjà amorcé.
Il existe une seconde hypothèse que je ne saurais formuler autrement qu’en privé et qui nécessiterait auparavant que je consultasse mon avocat, c’est que les derniers isolats résistent jusqu’à s’engager dans une sorte de reconquista sans doute différente de l’espagnole mais s’inspirant des mêmes motifs. Il y aurait un roman périlleux à écrire là-dessus. Ce n’est pas moi qui m’en chargerai, j’ai déjà donné. Son auteur n’est probablement pas encore né, mais ce livre verra le jour à point nommé, j’en suis sûr…
Ce que je ne parviens pas à comprendre et qui me plonge dans un abîme de perplexité navrée, c’est pourquoi et comment tant de Français avertis et tant d’hommes politiques français concourent sciemment, méthodiquement, je n’ose dire cyniquement, à l’immolation d’une certaine France (évitons le qualificatif d’éternelle qui révulse les belles consciences) sur l’autel de l’humanisme utopique exacerbé. Je me pose la même question à propos de toutes ces associations omniprésentes de droits à ceci, de droits à cela, et toutes ces ligues, ces sociétés de pensée, ces officines subventionnées, ces réseaux de manipulateurs infiltrés dans tous les rouages de l’Etat (éducation, magistrature, partis politiques, syndicats, etc.), ces pétitionnaires innombrables, ces médias correctement consensuels et tous ces « intelligents » qui jour après jour et impunément inoculent leur substance anesthésiante dans l’organisme encore sain de la nation française.
Même si je peux, à la limite, les créditer d’une part de sincérité, il m’arrive d’avoir de la peine à admettre que ce sont mes compatriotes. Je sens poindre le mot renégat, mais il y a une autre explication : ils confondent la France avec la République. Les « valeurs républicaines » se déclinent à l’infini, on le sait jusqu’à la satiété, mais sans jamais de référence à la France. Or la France est d’abord une patrie charnelle. En revanche, la République, qui n’est qu’une forme de gouvernement, est synonyme pour eux d’idéologie, idéologie avec un grand « I », l’idéologie majeure. Il me semble, en quelque sorte, qu’ils trahissent la première pour la seconde.
Parmi le flot de références que j’accumule en épais dossiers à l’appui de ce bilan, en voici une qui sous des dehors bon enfant éclaire bien l’étendue des dégâts. Elle est extraite d’un discours de Laurent Fabius au congrès socialiste de Dijon, le 17 mai 2003 : « Quand la Marianne de nos mairies prendra le beau visage d’une jeune Française issue de l’immigration, ce jour-là la France aura franchi un pas en faisant vivre pleinement les valeurs de la République… »
Puisque nous en sommes aux citations, en voici deux, pour conclure : « Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. » (Président Boumediene, mars 1974.)
Et celle-là, tirée du XXe chant de l’Apocalypse : « Le temps des mille ans s’achève. Voilà que sortent les nations qui sont aux quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de la mer. Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, elles investiront le camp des saints et la ville bien-aimée. »
Jean RASPAIL
Ou l’optimisme…
Un lecteur, accablé par l’ignoble suspicion dont pâtit aujourd’hui l’immigration dans une France qui s’honore d’être la patrie des droits de l’homme et l’institutrice du genre humain s’est adressé à nous. Partageant, avec lui, la pensée pleine de modération d’un Pasqua (Charles) qui voit « les heures les plus sombres » du nazisme revenir dans le sillage de la double hélice de l’ADN, nous prenons le risque de publier une lettre témoignant de notre attachement commun aux plus belles valeurs de l’humanisme. Ce lecteur courageux habite Ferney, une dangereuse bourgade nichée près la frontière suisse, qui permet de mener un combat pour la tolérance d’un côté de la frontière tout en mettant ses biens à l’abri du côté de la Suisse éternelle, moins humaniste mais tellement plus sûre.
La Droite Strasbourgeoise
Il ne fait pas de doute que l’immigration, surtout musulmane et africaine, est une chance pour la France.
On en juge:
– Elle met les tribunaux au chômage et vide les prisons, provoquant la baisse drastique du taux de délinquance au point que les habitants de notre pays de cocagne viennent à se demander ce qui motive un flicage toujours plus intense.
– Elle assure dans les écoles l’ambiance conviviale et « cool » propice à l’émulation « citoyenne » qui permet seule le taux de réussite jamais atteint auparavant de 83% de reçus-non-collés au bachot.
– Elle accroît les recettes des fonds sociaux et redresse les déficits de l’assistance sociale de la Sécurité Sociale et de l’UNEDIC.
– Elle favorise l’épanouissement de la femme dans un monde marqué par l’antique machisme des sociétés patriarcales européennes. L’actualité française et les nombreux faits divers qui l’émaillent témoignent sans conteste que de respectables traditions comme le port du voile, le mariage arrangé avec sagesse, la stricte endogamie et tant d’autres apports issus des croyances les plus sacrées
enrichissent le mouvement d’émancipation féminine sans lequel il n’est pas de société de l’égalité et du progrès.
– Elle conforte la cohérence du social en répandant partout la concorde et le « métissage » républicain, mettant un frein à la privatisation individualiste ou « communautaire » qui menaçait, il y a peu encore, nos institution et la démocratie elle même.
– Elle assure la victoire définitive d’un humanisme purifié de l’idée nauséabonde de « race » (on ose à peine employer ce mot) en le vidant de tout contenu plausible. En atteste entre mille autres exemples merveilleux, la création et la forte médiatisation du Conseil Représentatif des Noirs de France.
– Elle couronne magnifiquement plus d’un siècle de luttes sociales et ouvrières, accroissant continuellement le niveau de vie et la sécurité d’emploi des travailleurs dont des économistes « réactionnaires » soutiennent, contre toute évidence, qu’ils pourraient se trouver défavorisés par l’existence d’un fort volant de chômage et la présence de plusieurs centaines de milliers de clandestins corvéables à merci. La flexibilité et les diverses pressions que pourraient encourager cet état de fait doivent être considérées comme salutaires. Comme le disent Alain Minc et Bernard Attali, ils obligent chacun d’entre nous à vivre dans le risque et à devenir les agents conscients de la stratégie du Capital, ce qui est bon pour tout le monde ainsi que démontré par Adam Smith il y a plus de deux cents ans déjà.
– Elle met à mal la mondialisation financière (et mafieuse) en détruisant symboliquement la discriminante idée de frontières dont certains esprits bornés imaginent encore les vertus protectrices. Assurer le libre flux des migrants et le droit universel à l’installation de tous en n’importe quel point du globe (si possible, cela va de soi, le plus avantageux) c’est lutter dans le sens du « laisser-faire, laisser-passer » dont chacun mesure qu’il est l’avenir d’un monde de paix et de prospérité comme ne cessent de le souligner, à juste titre, les oligarchies qui nous gouvernent pour le bonheur du plus grand nombre.
-Elle enrichit, par de nouvelles pratiques rafraîchissantes comme le « hip-hop », le « rap » et le « tag », sans exclure la langue si poétique des confins urbains, un patrimoine artistique trop souvent marqué par le plus détestable pompiérisme, au moins depuis le temps des cathédrales (qui fut aussi, notons le bien, une époque de pogroms et d’intolérance massive) sinon depuis celui des Grecs (qui n’hésitèrent pas à pratiquer l’esclavage le plus barbare). Le temps de l’art rance et des proclamations fétides est terminé, n’en déplaise à Monsieur Jean Clair, et les galeries new-yorkaises (c’est là que « ça » se passe) s’ouvrent enfin à des plasticiens hexagonaux qui nous promettent un renom éternel.
- La liste serait longue encore des éternels bienfaits de la diversité. Il n’est plus temps de gloser! Rendons grâce et réclamons merci,
car c’est ainsi qu’Allah est grand!
Pangloss
Illustration : Hugh Bulley pour le Centre International d’Etude du XVIIIe siècle
Sommes nous discriminés ou discriminants ?
Ce n’était pas non plus la promesse d’un symbolique intéressement qui nous motivait, mais simplement l’effet « deus ex-machina » d’une librairie 2.0 …Et voilà que nous avons reçu ce mail, quand, sans échange, ni procès, notre compte fut bloqué….
« Malheureusement, après avoir vérifié les [images, liens, textes selon le cas] disponible sur certaines pages, nous avons le regret de vous annoncer que nous ne pouvons pas accepter votre inscription au Programme Partenaires. En effet, comme indique dans nos conditions d’adhésion, les sites que nous considérons comme incompatibles avec le Programme comprennent, entre autres, les sites qui incitent a la incitent a la violence et a la discrimination. » disait ce mail. Un autocritique nous était néanmoins proposée : « Sachez cependant que si vous modifiez votre site, vous pourrez de nouveau proposer votre site au Programme Partenaires. »
Que répondre ? Ceci déjà : « Monsieur, La loi française condamne les sites qui incitent à la violence et à la discrimination. N’ayant pas été la moindre fois catégorisée dans ces derniers, ni poursuivis par qui que ce soit, Nous vous demandons ce qui vous fait croire cela ?
Notre site s’estime là, victime d’un injuste discrimination de votre part. Devons nous saisir la Halde ? Juristes et littéraires (nous animons conférences et colloques), nous sommes choqués par votre classement. A moins que le fait d’être de droite (Ump, Udf ou régionalisant et même droitiste de gauche) soit une incitation à la discrimination en soi ! Nous attendons votre réponse à laquelle nous donnerons l’écho qu’il se doit » …
Pas d’écho à ce jour, nous sommes toujours bannis sans savoir pourquoi … nous sourions. Ce simple fait, par delà les promesses de victoire de la droite aux prochaines élections, montrent que le mal est ailleurs, partout ailleurs et que le pouvoir politique n’est qu’une partie de l’Iceberg, puisqu’il est des censeurs pour qui être amateurs de lettres et droitiers et oser pousser à la réflexion est une incitation à la violence et à la discrimination.
Nous pensions que ce type d’attaque contre la pensée n’était le fait que de pays aux mœurs totalitaires… Comme quoi, le politiquement correct est une soft dictature !
Nous vous le disions, nous vivons une époque formidable … Nous persévérons et si vous le souhaitez, vous localiserez plutôt vos emplettes culturelles !
Le Théâtre des Opérations : à Strasbourg, comme ailleurs en France, la plèbe fait la loi. Seul un Maurice G. Dantec peut nous le rappeler…
Au moment où partout en France les voitures brûlent (et pas seulement la nuit de la St Sylvestre mais TOUTES LES NUITS, depuis des années (!!!) saluons la parution du 3e volume du Théâtre des opérations de Maurice G. Dantec, American Black Box (Ed. Albin Michel) : la cartouche est tirée, nous en parlerons sous peu…Mais en attendant, voilà un extrait en avant-goût :
« Il n’y a aucune baisse de la criminalité en France, au contraire. Les chiffres sont outrageusement manipulés par les ministères, et en premier lieu celui de l’Intérieur, c’est-à-dire par cette farce vivante qu’est Sarkozy !
Jamais autant de tournantes, organisées dans la crasse de ces endroits sordides que la racaille, qui fait la loi dans les cités, dénomme, avec son humour de petit nazillon crapuleux : palaces, et où l’on est violée en série, pour rien, pour un regard, parce qu’on est jolie et que le « boss », c’est-à-dire le petit kapo ou le néoféodal local, a des vues sur vous.
Quinze mille voitures carbonisées en l’espace d’une année (2002), des agressions routières en augmentation constante, accompagnées d’une brutalité homicide caractérisée, des viols en réunion sans cesse plus nombreux, devenant une véritable « culture populaire », des intrusions armées, des « squats forcés », des mises en esclavage, littéralement, comme en Arabie ou au Yémen il y a cinquante ans (je reste calme), les témoignages s’accumulent. Les jeunes filles des cités s’organisent et dénoncent le REEL que le machisme islamique leur impose : des jeunes femmes obligées de baisser les yeux dans la rue au passage des bandes ou, lorsqu’elles traversent par mégarde ou par obligation, les quartiers où domine, tiens – erreur du statisticien sans doute -, une large majorité de jeunes musulmans détestant notre pays et vouant l’Occident tout entier aux gémonies, qui se feront insulter de plus belle à la moindre tentative de réponse, voire frapper, jusqu’au traumatisme, la mort, et jusqu’à être brûlées vives dans une benne à ordure !
Elles dénoncent la collusion des pouvoirs publics, de la presse bien-pensante et des organisations islamistes, officialisées par cet androïde décorticalisé de Sarkozy et son fameux Conseil représentatif, désormais représentatif de la majorité des musulmans de France est en effet affiliée à une mouvance de pensée proche des islamistes, des plus radicaux aux soi-disant « modérés » !
Chaque jour en France on pénalise la légitime défense, on organise la soumission de masse par l’adjonction d’un peu de culture pop aux slogans anti-racistes bien rodés par vingt-cinq ans de matraquage culturo-publicitaire, et puisque la justice est noyautée par de petits juges rouges qui peuvent enfin détruire l’ordre social tant honni depuis l’intérieur, toute tentative civique de répondre à un acte criminel est elle-même devenue un crime ! (…) On se lance à la chasse aux collabos cinquante ans après les faits, mais on laisse se développer une criminalité organisée, ethnique, endémique et politiquement endoctrinée, alimentée par des flux migratoires hors contrôle, sans projet ni espace politique pour les absorber (à l’inverse des Etats-Unis) (…).
On laisse ainsi la jeunesse progressivement s’islamiser, par « choix » ou sous la pression, comme en prison où, dans les banlieues megapolitaines genre Lyon, Marseille ou Paris, les gangs arabo-musulmans tiennent le haut du pavé, parfois en connexion directe avec des organisations terroristes étrangères, sous l’œil comptable et impassible de la République. Bref, c’est une véritable DISSOCIATION GENERALE DE LA SOCIETE FRANCAISE à laquelle on assiste, et cette désagrégation est quasiment indicible de nos jours, sous peine de poursuites judiciaires, voire de menaces de mort (l’affaire Redecker en septembre 2006, en a apporté la preuve si besoin était) ».
Mouloud et la vieille dame
Lu (et approuvé) à propos de la récente affaire des Editions Dalloz, se couvrant de honte :
http://chistusfiscus.hautetfort.com/
La vieille dame de la rue Soufflot a des vapeurs.
Par l’intermédiaire de son secrétaire général, Mouloud Aounit, le M.R.A.P. vient de la sommer de rappeler tous les exemplaires de son célèbre Droit pénal général, de Bernard Bouloc, Gaston Stefani et Georges Levasseur (19e édition, Dalloz, 2005) parce qu’il contient un petit passage sur l’hérédité raciale comme facteur de délinquance. Les auteurs ne font ici que reprendre – et depuis la première édition, il y a près de quarante ans – une vieille théorie, défendue par Lombroso, à laquelle plus grand monde ne fait vraiment attention.
Qu’importe! Alerté par de zélés et vigilants étudiants en droit, le mouvement pour l’amitié entre les peuples se rengorge et dénonce avec une particulière solennité « la référence à « l’hérédité raciale » comme facteur endogène de la criminalité ». Selon le MRAP, le paragraphe 15 de la page 12 de l’introduction de cet ouvrage fait état de « l’hérédité raciale, par le tempérament et les processus mentaux dont elle dote les individus comme « facteur endogène de la criminalité » ». « Cette explication donnée à des étudiants en droit, dont des futurs magistrats, participe, cautionne et entretient une lecture racialisante des problèmes sociaux, de la délinquance et de la violence ». La phrase incriminée est pourtant assez anodine dans sa formulation : dans le divers de considérations très générales, et après avoir évoqué les caractères innés qui marquent l’individu dès sa naissance, les auteurs écrivent que « l’hérédité raciale, par le tempérament et les processus mentaux dont elle dote l’individu, peut expliquer certains aspects de son comportement ». La double atténuation de l’hypothèse, peut expliquer certains aspects de son comportement, formulation rédigée prudemment, n’aura pas suffi à prémunir les auteurs d’un péché contre le saint esprit du temps, celui de Mouloud et ses copains.
Et la pauvre vieille, terrorisée par l’idée du scandale, courbe l’échine puis se prosterne. Le président des éditions Dalloz, Charles Vallée, a non seulement rappelé immédiatement tous les exemplaires du manuel mais remercié le M.R.A.P. d’avoir attiré son attention sur cette mention qui, en effet, prête à une interprétation en faveur de thèses inacceptables. Il a immédiatement fait geler le stock des ouvrages en question, ordonné l’arrêt de toute sortie-distributeurs et s’est engagé à l’émission d’un bon de retour sous huitaine. Dalloz a également obtenu un engagement de l’auteur à porter les modifications et suppressions indispensables dans la prochaine édition. Que n’a-t-il entrepris de racheter les milliers d’exemplaires qui encombrent les bibliothèques depuis la première édition, depuis près de quarante ans ? Gageons que les zélés et vertueux étudiants trouveront ici l’occasion de déchirer rituellement les pages du manuel honni.
Le MRAP ne peut que se frotter les mains : il s’est « félicité de cette rapide décision qui honore les éditions Dalloz » et « remercie la vigilance citoyenne des étudiants qui l’ont alerté ». Le Conseil national des présidents des universités françaises envisage, murmure-t-on, de dispenser les vertueux étudiants de l’épreuve de droit pénal pour cette année afin de les récompenser pour leur oeuvre de salubrité publique.
Et dire que je connais un manuel de droit constitutionnel reproduisant les propos du Général sur Colombey-les-deux-mosquées. Et c’est encore chez Dalloz. Tu parles d’une couille, Charles!
« Les pires des bêtes auprès d’Allah, sont les sourds-muets qui ne raisonnent pas » dit le Saint Coran (sourate 8).
Et c’est ainsi que Mouloud est grand !
Samedi 18 juin, place Kléber

La semaine de la visibilité homosexuelle, bisexuelle et transgenre (Festival Festigays) s’est clôturée samedi par une grande marche festive dans les rues de Strasbourg . Plusieurs chars décorés selon des thèmes variés ont porté les sonos qui cadençaient au rythme d’une musique techno assourdissante le pas de manifestants revendicatifs du quai Koenig jusqu’à la place de la Gare. A coté des hauts parleurs, les représentants des diverses tendances et associations du label « Liberté, égalité, visibilité » s’étaient vêtus de leur plus beaux apparats, afin de mieux communiquer qu’ils ne sont pas différents, mais bel et bien comme tout le monde : tenues très déshabillées pour certains (confortable par temps caniculaire), résilles pour d’autres, drag queen pour les plus sportifs, perruques multicolores et habits de vampires pour les plus courageux (on avait chaud pour eux). Bien que l’ensemble ait plutôt donné l’image d’une volonté festive et un peu provocatrice, usant d’humour, de jeux de mots et de finesse, le mauvais goût était parfois également de la partie…
Aux marges du défilé, de nombreux tracts ont été distribués, qui portaient globalement sur deux thèmes. Les premiers visaient à faire prendre conscience qu’il existe aujourd’hui en France une véritable forme de discrimination vis-à-vis des homosexuels, particulièrement dans le mode de l’entreprise (cf. www.autrecercle.org). Les deuxièmes nous invitaient quant à eux à de nombreuses fêtes organisées ici et là sur le thème de l’homo-bi-transsexualité. Alors qu’on ne peut remettre en cause le bien fondé des premiers, on reste nettement plus sceptique sur l’intérêt des seconds. Ils ont non seulement montré que le phénomène n’était pas si isolé que cela, mais également qu’il dispose d’une visibilité nettement affirmée dans certains lieux et milieux, nocturnes notamment. On voit mal pour autant dans quelle mesure ces soirées peuvent intégrer de « simples gens », du fait qu’elles sont emballées dans une panoplie de déguisements, d’accessoires et d’allusions qui excluent a fortiori ceux qui n’en sont pas, ou qui n’ont pas toutes les clés nécessaires à leur décryptage.
A l’arrière du cortège, les derniers manifestants avaient l’allure un peu moins décontractée et portaient des bannières : Mouvement des Jeunes Socialistes, Parti Socialiste, Ligue Communiste Révolutionnaire, 100% à Gauche (et les Verts, semble-t-il) soit la gauche plurielle au grand complet. Ici il ne s’agissait pas vraiment de faire la fête, mais plutôt de travailler à une autre action de visibilité : montrer que l’ouverture des partis politiques de gauche leur donne une place dans ce défilé, un terrain duquel la droite est d’ailleurs plutôt absente. Mais, si la droite en est absente, ce n’est certainement pas parce qu’elle s’oppose idéologiquement à la cause défendue, bien au contraire. C’est surtout parce qu’elle évite de mélanger les registres relevant du droit privé des gens (les orientations sexuelles) et ceux relevant du monde politique et de l’opinion publique. J’ai déjà dénoncé cette forme de récupération par la gauche, qui ne me semble pas la plus judicieuse sur le plan stratégique pour faire entendre la voix des gays et des lesbiennes (on n’est pas gay parce que l’on est de gauche, ni l’inverse). On comprend mal alors pourquoi les drapeaux rouges flottaient à coté des drapeaux arc-en-ciel, si ce n’est pour mieux ratisser quelques bulletins de vote…
Pierre-Antoine Beyer
Mardi 13 juin, Débat à la Fnac
Le débat Fnac du jour est animé par l’association Support Transgenre Strasbourg (www.sts67.org), et s’inscrit dans le cadre du Festival FestiGay. Il porte sur un thème délicat, mais clairement annoncé : « je suis jeune et transgenre : que faire ? ». Pour introduire le débat, Cornélia Schneider, présidente de l’association, commence par une présentation du phénomène transgenre.
Cette présentation, qui fait le point sur certains éléments de définition afin de caler le vocabulaire des débats à suivre, est assez théorique. Elle se réfère notamment à plusieurs néologismes dont la notion de « transidendité » n’est qu’un exemple. Bref résumé du contenu : l’idéologie dominante nous impose un carcan manichéen dans lequel deux modèles s’opposent de manière alternative : les hommes et les femmes. De ces modèles découlent un certain nombre de « clichés » : les hommes aiment les femmes, portent des pantalons, et sont généralement bûcherons ; les femmes aiment les hommes, portent des jupes, et, en plus d’être femmes au foyer, sont généralement de très bonne couturières. Le paradigme de l’association consiste à montrer que cette dichotomie est fausse, et qu’elle relève d’un autre âge, celui qui ne voulait pas comprendre qu’existe un autre genre, le « transgenre ».
Evidemment, ceci ne va pas sans problèmes car, dans la mesure où la société ne reconnaît pas le phénomène, elle ne permet pas non plus d’en protéger les « usagers ». D’un certain point de vue, on peut alors assez rapidement l’assimiler à une organisation fascisante, ce que Cornélia ne manquera pas de rappeler. Pour ces transgenres qui évoluent en milieu hostile, tout devient de ce fait
très compliqué. Comment signer un chèque au nom d’un homme quand on est une femme ? Comment financer plusieurs années de traitements hormonaux (voire une opération chirurgicale) quand on est étudiant ? Comment expliquer à ses parents que l’on a revendu le rasoir qu’ils nous avaient offert à Noël ? Comment adapter la grammaire française aux cas compliqués qu’engendre ce troisième genre, alors qu’elle n’a que deux ?
Le thème est ensuite repris de manière plus ou moins grandiloquente par le psychologue invité de l’association, Georges Federmann. Sa barbe ne laisse aucun doute sur sa masculinité mais en se présentant habillé comme un employé du service des espaces verts de la CUS, il assume à sa manière son coté transgenre. Il commence par une chanson. Tout le monde s’attend évidemment à Troisième sexe d’Indochine mais c’eut été trop facile pour notre briseur de cliché : il entonne (assez joliment d’ailleurs) une autre chanson, dont il ne cite pas l’auteur. Dans le discours qu’il tient ensuite, la question transgenre se situe toujours en place centrale, mais sert surtout de prétexte à la critique de l’ordre des médecins (« fragile ») dont la tradition et l’étroitesse d’esprit ne permettent pas d’accompagner correctement les usagers transgenre, les condamnant à l’errance et à la violence technique de leurs méthodes inadaptées. Dans la réalité, il s’agit évidemment d’un problème politique, en tous points comparable à celui des immigrés clandestins, eux aussi coupés de certaines possibilités d’assistance médicale : « il n’y a pas de marginaux, il n’y a que des individus marginalisés par le système ». Le raccourci est tellement tiré par les cheveux, qu’il vaut quelques applaudissements (de bon cœur) à notre psychologue. Belle conclusion pour un beau débat…
Sans aucun doute et quoi que l’on pense de la question de la transsexualité, il apparaît assez évident que le discours officiellement dispensé par STS67 était ce soir instrumentalisé par l’idéologie d’une certaine gauche, utilisant de manière subversive les questions que se posent, sans soute avec bonne foi, des jeunes confrontés au problème de leur propre appréhension. Sauf que la question de la transidentité est plus difficile à soutenir et à argumenter que celle des sans papiers. Car, malgré tous les démentis, le phénomène Transgenre laisse quand même l’impression d’un grand jeu « façon messe noire gothique », qui ne sera pas crédible tant qu’il ne se sera pas désolidarisé de la propagande politique à laquelle il tend la perche. A prendre au sérieux tout de même, car l’acte chirurgical est irréversible.
Pierre-Antoine Beyer

