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Posts from the ‘Le désert croit’ Category

20
fév

Cette Hongrie qui fait tomber les masques démocratiques

Depuis quelques mois, l’Union européenne révèle enfin son vrai visage. Il ne s’agit pas de la face lugubre et inexpressive d’alias Von Rompuy, parfait spécimen technocratique à sang froid et accessoirement président du Conseil européen. Non ! Ici nous évoquerons plutôt la façon avec laquelle le cas hongrois a été traité. Viktor Orban, ministre-président de Hongrie, a entrepris l’idée folle de réformer une constitution obsolète, décrétée en 1949 dans le fracas des bruits de bottes et le cliquetis menaçant des blindés soviétiques. 20 ans après la chute du communisme, l’initiative pouvait somme toute paraître opportune. Eh bien, il semblerait que non !
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17
déc

CNAC : L’antiracisme s’invite au marché de Noël

La lecture des Dernières Nouvelles d’Alsace du dimanche 11 décembre dissimulait une perle rare. On a lu, certes, les articles sur les vengeurs démasqués d’Anticor, mais c’est un autre papier qui valait son pesant de bredele.

On y apprenait que le Collectif « Non à l’Alsace Consanguine » avait écrit au maire de Strasbourg pour s’offusquer du thème choisi par Antoinette Pflimlin pour son beau sapin : « La magie des Noëls blancs ».  En savoir plus »

5
déc

De la germanophobie au FMI, la bêtise européenne dans toute sa splendeur !

Depuis le début de la crise, on a entendu monter en crescendo un petit refrain : « l’Allemagne payera ! ». On se serait cru revenu à Versailles en 1919. Certes, il aura fallu du temps pour que la sauce prenne, car on ne savait pas bien quoi leurs reprocher aux braves Allemands. Élève modèle de la zone euro, le succès économique de l’Allemagne a certes de quoi exaspérer, il faut bien l’admettre :  4ème économie mondiale, 1ère européenne, elle est aujourd’hui le plus grand exportateur mondial de biens devant les États-Unis et la Chine et enregistrait en 2010 un excédent commercial de 150 milliards d’euros. En savoir plus »

22
sept

Connaissez-vous Lawrence Russell Brewer ? A propos de peine de mort aux Etats-Unis et du battage médiatique autour de Troy Davis…

, troy davis, robert badinter, texas, peine de mort, USA, KKK, Lawrence Russell Brewer a été exécuté cette nuit, au Texas, par injection létale. De cette exécution, les médias n’ont pas parlé et ne parleront pas.

Seul Troy Davis, exécuté le même jour, les intéresse. Lawrence Russell Brewer était blanc, Troy Davis était noir ; Lawrence Russell Brewer a tué un noir, Troy Davis a tué un blanc ; Lawrence Russell Brewer était un suprématiste blanc du Texas, Troy Davis un petit voyou de la Georgie. Mais personne n’a manifesté pour que la clémence soit accordée au premier, tandis que l’exécution du second ne peut être que raciste au pays du KKK.

Qu’importe que le Comité des grâces et des libérations sur parole de Géorgie composé de citoyens noirs et blancs ait refusé la clémence pour Troy Davis. Son exécution est quand même raciste, au pays du KKK. Lawrence Russell Brewer n’a pas eu, semble-t-il, la chance de voir son cas examiné par un Comité des grâces et des libérations sur parole du Texas, composé exclusivement de blancs, s’attarder sur son cas. Il n’intéresse personne puisqu’il n’était pas noir. Ainsi va la justice du monde, que seuls les petits voyous noirs victimes d’une justice raciste intéressent nos grandes consciences morales.

Robert Badinter s’est déclaré convaincu de l’innocence de Troy Davis. Il le sait mieux que les trois degrés de juridictions qui se sont penchées, successivement, sur son cas, mieux que le Comité des grâces qui a étudié l’affaire de Troy durant plusieurs semaines,  mieux que la Cour suprême des Etats-Unis saisie à plusieurs reprises au cours des vingt années de procès. M. Badinter le sait du haut de sa conviction que la peine de mort est mauvaise quand un petit voyou noir de Géorgie est victime d’une exécution raciste.

Mais sur notre suprématiste blanc exécuté le même jour par la justice texane, il n’y a pas eu un mot, pas une protestation, comme si le grand principe abolitionniste avait toujours besoin d’une grande injustice pour que nos grandes consciences nationales se poussent encore un peu du col. Plaisante justice qu’une couleur borne: vérité de l’ébène et mensonge de l’ivoire…

http://www.nytimes.com/2011/09/22/us/final-pleas-and-vigi…

http://www.nytimes.com/aponline/2011/09/21/us/AP-US-Texas…

12
sept

Heureux qui communique et fait de bonnes affaires : Hebdi vs Conseil Général du Bas-Rhin

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C’est la lecture d’Heb’di – le numéro 20 – septembre 2011 (en vente chez les bons kiosquiers) qui attire notre attention. En particulier, le dossier intitulé « Scandale des Dépenses du Conseil Général 67 ». Les pages 20 et 21 valent le détour. En savoir plus »

23
août

Que dire de plus sur la Libye ?

carlos-latuff-smells-like-foreign-intervention-libya-march-_1_-27a55.gifQuand l’écrivain Gabriel Matzneff synthétise en quelques lignes un avis intelligent sur la Libye et son leader Kadhafi. Extrait : 

« Dans sa conférence, le chef de l’État libyen avait développé son rêve d’une Méditerranée qui rejetterait d’un même élan le mercantilisme américain et le totalitarisme soviétique. Ce jour-là, je notai dans mon journal intime :
« Kadhafi est moins seul qu’il ne le croit. Nous sommes nombreux, en France et ailleurs, à ne vouloir ni du capitalisme sauvage à l’américaine, ni de la termitière marxiste ; à avoir la nostalgie d’une troisième voie. » (La passion Francesca, page 122.)  En savoir plus »

7
août

Norway of Life, d’Andreas à Anders !

Anders.jpgIls en font trop ! La Norvège enterre ses morts dans un déballage d’Amour tellement racoleur qu’on en vient à éprouver un certain malaise, comme une gêne confuse que nous inspirerait la décence. Cet étalage à la tonne de bons sentiments, exhibé avec une ostentation grossière, met mal à l’aise. On aimerait communier avec les Norvégiens dans l’immense douleur qui les accable, mais la pudeur nous retient. Les édiles norvégiens se drapent avec trop d’insistance dans leur vertu outragée pour susciter de notre part un abandon complet à la compassion. Tout ceci est trop démonstratif pour être sincère, trop théâtral et confine même à l’arrogance crâneuse… Cambrée sur une candeur exorbitante de prétention, les autorités norvégiennes démontrent par leurs déclamations sibyllines leur parfaite inaptitude à la moindre émotion spontanée. Derrière les proclamations éloquentes et les postures empruntées, on perçoit distinctement le ronronnement d’une austère machine bureaucratique qui a définitivement mis en coupe réglée tous les compartiments de la vie sociale, familiale et affective.  Sous ce déluge d’émotions admirables, tout notre être est saisi d’un frisson glacial qui, partant de l’échine, se propage le long de la colonne vertébrale. 

Au fil des déclarations officielles norvégiennes* se dessine devant nos yeux incrédules un cauchemar climatisé qui s’applique à reprendre tous les traits du décor asphyxiant de Norway of Life, ce film édifiant qu’a réalisé sur son pays le Norvégien Jens Lien. Son héros, Andréas, se retrouve soudain débarqué dans une ville étrange où toute la vie est régentée dans ses moindres détails par une bureaucratie certes bienveillante, mais passablement étouffante. Il s’agit d’un monde sans heurt ni odeur. L’alcool ne procure pas d’ivresse, les aliments n’ont pas de goût, les relations homme/femme sont superficielles, purement sexuelles et dénuées de toute passion amoureuse. Les conversations sont insipides et exclusivement consacrées à des commentaires sur la décoration d’intérieur. On n’y voit jamais d’enfants. La mort y est absente comme le sont aussi les charmes de la musique et des plaisirs futiles. Si tout indique que nous sommes dans le meilleur des mondes, il manque pourtant quelque chose à notre héros pour se sentir réellement heureux… Découvrant un infime orifice dans le mur d’une cave d’immeuble d’où provient rires d’enfant, senteurs de pâtisserie et mélopées de piano, Andréas prend clairement conscience de son malaise. Il décide compulsivement de s’échapper de son univers terne en creusant à coup de masse un passage dans cette étrange paroi souterraine d’où émanent les saveurs essentielles à la vie. Peine perdue ! Confronté à l’incompréhension des autorités municipales (comment peut-on être malheureux alors que tout est si bien réglé pour mener une vie sans souci ?) et à l’incrédulité de ses concitoyens, Andréas prend la mesure de la dimension carcérale du monde dans lequel il est plongé. La folie pure le guette… il finira banni, relâché sans autre forme de procès dans une plaine enneigée, giflée pas un vent glacial.

Peut-on alors oser un parallèle macabre entre le personnage d’Andréas et le criminel d’Oslo, Anders. Andreas dans la fiction deviendrait Anders dans le monde réel, démontrant une nouvelle fois que la réalité surpasse toujours la fiction. Tout accable la vie de ce meurtrier timide et poli, citoyen consciencieux qui ne rechine pas à l’effort. Un enfant que son entourage nous présente sensible et intelligent, trop sensible peut-être pour surmonter l’absence du père ! Anders est en effet issu d’une famille éclatée. Le père – travailliste bon-teint aux idéaux généreux – divorcera de la mère (elle-même sympathisante travailliste) dès la naissance d’Anders et ne donnera jamais suite aux demandes de retrouvaille de son fils. Anders est surtout le produit d’une société schizophrénique, gavée de bons sentiments, qui a pris pour habitude de refouler ses problèmes derrière des incantations morales unanimistes. Car en dépit de ses dénégations, la Norvège est confrontée à un défi majeur. En vingt ans, l’immigration extra-européenne a gonflé à une vitesse sidérante pour atteindre pas moins de 10% de sa population. 

Comment les autorités font-elles pour nier les violents frottements que ne peuvent manquer d’occasionner cette mutation d’ampleur historique ? Une étude réalisée par la Ville d’Oslo montrait que 33% des étudiants juifs de la ville sont physiquement menacés ou agressés par leurs camarades au moins 2 ou 3 fois par mois. Une autre étude, rendue publique par la police norvégienne, constatait non seulement une forte augmentation des viols, mais établissait également que 83% de ceux commis avec violence l’étaient par des immigrés « non-occidentaux ». Leurs victimes, quant à elles, étaient sans surprise toutes d’origine norvégienne. Alors que ses élites débattent de l’interdiction de la fessée, la société norvégienne se déchire en silence et glisse lentement dans un chaos étrange, sans odeur ni bruit, dissimulé sous un tapi de pétales de rose. Une paroi magique, faite en papier-mâché d’hypocrisie, semblait protéger la société norvégienne contre ses démons. Du moins jusqu’à ce qu’Anders ne vienne frapper de sa masse ce mur dérisoire de symboles, fatras de jactances, pour entrouvrir une brèche sur un monde réel où l’on peut voir des esprits douter, des cœurs souffrir et où parfois les yeux servent aussi à pleurer !

Anders Breivik, c’est la porte grinçante dans la nuit, battue par les vents du réel, qui vient tirer le dormeur de son paisible rêve pour le réveiller au milieu de ténèbres inquiétantes. Anders a été acculé à la démence par la tyrannie du sourire, une démence méthodique, calculée et justifiée par un salmigondis néo-conservateur. Une mixture indigeste composée d’ingrédients ultra-libéraux, anti-islamiques, antinazis, sionistes, le tout abondamment assaisonné de franc-maçonnerie. Car les faits parlent d’eux-mêmes : le vendredi 22 juillet, Anders a abattu à bout portant une soixantaine de militants pro-palestiniens qui s’étaient rassemblés pour réclamer le boycott d’Israël. Qu’à cela ne tienne ! Cet aspect des choses sera volontairement tronqué, car jugé trop compliqué à interpréter par les masses engourdies dans la quiétude d’un Amour universel. A tour de bras, on recouvrira donc de pétales de rose les cadavres encore chauds de l’île d’Utøya pour broder une version parfaitement conforme à ce qui doit être, fût-ce au prix d’une manipulation a posteriori de la page Facebook du tueur. Quelques heures après le drame, l’interprétation officielle fut entendue : Anders était un fondamentaliste chrétien, un forcené d’extrême-droite raciste, blond aux yeux bleus, et mentalement dérangé.  Affaire classée ! Tout ne va-t-il pas toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

Olrik

 * La déclaration d’Eskil Pedersen, dirigeant des jeunes travaillistes, proclamant « Nous ne nous souviendrons pas de nos morts avec douleur. Nous nous en souviendrons avec le sourire  » ne manque pas en effet de nous laisser pantois !

 


Norway of Life – Bande annonce

21
juil

Joly comédie

 

eva-joly2.jpgLa foire aux  simulacres

Eva Joly, la candidate d’Europe Ecologie Les Verts vient tout juste de coiffer sur le poteau Nicolas Hulot, que sa notoriété de poulain télévisuel des multi-nationales n’a pas suffi à designer comme présidentiable. Mais si ce choix consacre l’ancrage très « rouge » des militants écologistes (et pas forcément celui de leur public) la toute fraîche postulante à la fonction suprême, Eva Joly, fait des siennes dans ce registre radical en voulant supprimer  le défilé militaire du 14 juillet.

Bref, elle veut bien les chars français en Afghanistan, en Libye ou au Kosovo, partout où ils n’ont rien à faire, mais pas sur les Champs Élysées. Argument définitif, la parade serait polluante donc anti-écolo. Prononcée par des gens qui tiennent tant à s’afficher sur les chars de la gay pride ou de la première love parade venue l’objection a un côté franchement drolatique. 

Aussi burlesque soit-elle la proposition d’Eva Joly  a soulevé, non un sourire de commisération, mais la réprobation de la classe politique unanime. Mais ce moment de consensus républicain fut de courte durée. Le factice duopole droite/gauche ne dormait que d’un oeil. 

Il aura suffi à François Fillon, en déplacement à Abidjan, de lâcher quelques mots, pas très élégants, pour provoquer à gauche l’indignation face aux « relents xénophobes » de son discours. On respire, il y a de l’antagonisme dans l’air entre la droite et la gauche. Il faut dire que la droite cocardière n’y a pas été de main morte. La palme patrioticarde revient sans conteste à Lionel Tardy, député UMP de Savoie,  estimant dans un tweet aussi grotesque qu’hâtif qu’il « serait temps qu’elle rentre en Norvège » allant jusqu’à évoquer la désastreuse expédition de Narvik.

 

Sans doute les réactions de la droite auraient été moins xénophobes si Eva Joly avait été d’origine extra-européenne, et si au lieu de débarquer de son « drakkar » elle était arrivée sur un « boutre » ou un « caïque », mais avec une binationale franco-norvégienne il n’y a pas de raison de se gêner, n’est ce pas. 

En tous cas le tollé prend des proportions ubuesques, les uns parlant d’une « fascisation » de la droite, les autres d’un premier ministre « courant derrière le FN », alors qu’il se contente plus prosaïquement de courir derrière les électeurs. Chacun se retranchant bien entendu derrière les valeurs sacrées de la République, on voit bien là la corruption d’un langage complètement manipulé qui, à force de glissement de sens, d’euphémisation et d’exagération n’a plus guère de signification, comme le note Pierre-André Taguieff dans une analyse pour le site Atlantico

Ce faux débat est évidemment un leurre où deux compères amusent la galerie en se donnant la réplique. D’une part une droite rantanplan qui crie à « l’antifrance », d’autre part  une gauche bisounours qui couine à « la gangrène identitaire ». L’une et l’autre se réclamant du corpus républicain. Or on sait bien que d’ici quelques jours, avec les vacances, leur numéro futile sera oublié.

Il n’en restera pas moins vrai que la droite aura acquis le soutien de la « majorité silencieuse » (qui n’est majoritaire que par son silence) tandis que la gauche, retournant une affaire dans laquelle elle était mal engagée, aura réussi à renverser la rhétorique à son avantage en utilisant l’argument de la xénophobie. Mais la droite n’est elle pas la première à financer les ligues de nuisances antiracistes qui ont usurpé le charabia du Bien pour faire passer leur camelote de Justice, de Tolérance, d’Équité, de Métissage et d’Ouverture à l’Autre, nouveaux absolus face auxquels il faudrait plier le genou, alors que toute cette bimbeloterie sert essentiellement de brise-glace à l’installation sournoise du communautarisme, ennemi juré de la République ?

 

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Le duel postiche des matamores

Au delà de ce duel entre titans de papier mâché se profile un brouillage phénoménal sur ce que chacun prétend défendre. On voudrait nous faire prendre des vessies pour des lanternes qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

 

Au nom d’idéaux pacifistes Eva Joly, reprenant une antienne des Verts, entend remplacer la parade guerrière par un défilé « festif » et « citoyen » à la manière totalitaire de l’ancienne URSS, de la Chine populaire ou de la Corée du Nord. De plus elle lâche sa proposition le jour même où l’armée vient de perdre six hommes, sans un mot de compassion pour les familles. Elle voudrait ainsi honorer les vraies valeurs de la République, celles de la paix et de la tolérance.

Il est difficile de la suivre sur ce terrain de l’historiographie truquée puisque dès son inauguration la République se caractérisa par la conscription et par un bellicisme acharné. Tant à l’extérieur, par une politique d’agression impérialiste adossée à « la haine de l’étranger », qu’à l’intérieur par le génocide vendéen. Le tout ordonné au sommet par la tyrannie sanglante du Comité de Salut Public.

Quand la troisième République naissante instaura en 1880 le défilé militaire qui commémore le 14 juillet 1790, fête de la Fédération c’est à dire de l’unité nationale autour du roi (mais oui !), elle le fit dans l’esprit de la Revanche à venir sur l’esprit prussien. À cette époque la République était encore fragile et le corps des officiers avait majoritairement la fibre royaliste. Pourtant l’armée demeura fidèle. Chez elle nulle tentation de « putsch », de « golpe » ou de « pronunciamento ». La grande muette fut toujours légaliste contrairement à ce qu’affectent de penser les amis d’Eva Joly, au nom des mots d’ordre, incantations et excommunications de l’Empire du Bien. Cette anicroche à ce qu’il reste du « roman national » a déplu même à Mélanchon, c’est dire.

 

Quant à la droite qui prétend défendre l’honneur bafoué de l’institution militaire, elle est complètement immergée dans la frime, le trompe-l’oeil et l’enfumage. Sous ses airs papelards, elle diminue d’années en années le budget de la défense au point de rendre périlleuses les maigres missions de nos soldats en Libye où d’après les amiraux Guillaud, Forissier, Coindreau et Païtard l’usure des matériels et l’absence d’entraînement des nouveaux équipages mettent en péril la permanence de nos forces. Depuis 2007 c’est 45 000 postes supprimés et des dizaines de casernes désaffectées.

Qu’attendre d’ailleurs d’une armée « nationale » qui prend désormais ses ordres en anglais de l’État-major américain ? Les cocorico lancés à la cantonade ne pourront dissimuler longtemps qu’il s’agit d’une relique évoquant de très loin le souvenir de « la grande nation ». (Lire ici l’interview du Général Desportes dans la revue Eléments)

 

Dans ce jeu de rôle fictionnel entre droite et gauche on voit bien qu’il s’agit d’échanger de simples éléments de langage. C’est le triomphe des communicants en lieu et place de la véritable détermination politique que requiert une situation plus que morose. 

De ce pseudo débat il n’y aurait, à la vérité, qu’une chose à dire : « va jouer avec cette poussière... » (Montherlant, Carnets 1964-1966).

 

Pierre Bérard

 

 

 

 

 

 

 

 

15
juil

Sniper, Fadela Amara, Rachida Dati et l’Alsace

Nicolas Sarkozy avait qualifié SNIPER, un groupe de RAP,  de « voyous qui déshonorent la France. Ces propos faisaient suite aux condamnations des paroles de leur chanson « La France ». En Alsace, en 2003, une mobilisation d’Alsace d’Abord avait donné lieu à l’annulation d’un concert à Mulhouse.

 Le groupe revient et s’en prend aujourd’hui aux « Fadela », aux « Rachida »

« On t’a donné une bonne place t’as oublié ta vie t’as oublié ta race » peut-on entendre. Ainsi donc pour Sniper, les races existent.

On t’a donné une bonne place t’as oublié la hass… mot allemand qui signifie haine repète le refrain. A moins que comme dans certaines banlieues, ce mot signifie « honte » 

11
juil

Perles du bac et bulles de champagne

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La Droite Strasbourgeoise aime rire de l’époque qui est la nôtre. « Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer », fait dire Beaumarchais au Barbier de Séville. Nous en sommes là, donc.

Apprenant par voie de presse que le taux de réussite au baccalauréat en Alsace est ou devrait être de 93 %, nous rions encore plus aux éclats. Le vœu du camarade Jospin des 90 % d’une classe d’âge au Bac est donc réalisé de ce côté des Vosges. Restent donc à se pencher sur les 7 % manquants et globalement sur les perles de ce Baccalauréat 2011-07-09, les pires parait-il.

« La majorité des français ont voté non à la prostitution européenne » : voilà sans doute pourquoi certains pratiquent le tourisme sexuel, fut-ce en Amérique.

« Il y a deux sortes de gaz : le gaz naturel et le gaz surnaturel. » : n’est-ce pas là, l’alchimie du pouvoir aussi ?

« Le cerveau a des capacités tellement étonnantes qu’aujourd’hui pratiquement tout le monde en a un ». Il est pourtant permis d’en douter

« Le successeur de Lénine fut Stallone ». Sans doute dans la lignée du frère Marx ?

« Beaucoup d’hommes politiques ont fait l’ENA, l’Ecole nationale de l’admiration » : Finalement, tous égo devant l’éternel ?

« Socrate a été contraint de se suicider lui-même ». Eh oui, Socrate inventa donc le « Diy », do it yourself.

« Bertrand Delanoë est le président de la République de Paris ». L’histoire ne dit pas si l’auteur est adepte du gai-savoir ?

« Darwin a démontré cette vérité que l’homme est un singe comme les autres ». Une théorie de l’évolution à rebours ?

Il serait amusant de savoir si les auteurs de ces perles se situent dans les 93 % ou dans les 7 % qui font aujourd’hui tout pour refuser ce qui semble donné.

Nous sourions encore au final et pleurons déjà, sachant que cette génération, « Y » parait-il, emportera son capital savoir dans des études qui n’ont finalement de supérieures que le nom et où après avoir limité le poids de l’orthographe dans les notes, on finira par limiter le poids du savoir…

Bien sûr, nous refusons le dogme nostalgique du « c’était mieux avant », mais nous restons plus que jamais poseurs de questions sur l’impact à long terme d’une époque où le « no culture » n’est plus la manifestation d’une contre culture mais d’une triste évidence. 

Aux perles du Bac répondront en tout cas les bulles de champagne des parents festoyant le précieux sésame sans oser se dire une seconde qu’il n’ouvre désormais plus aucune porte.

Eric Neustadt – www.ladroitestrasbourgeoise.com