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22
mar

Front républicain : la République est-elle en danger ?

fn,ump,ps,fabienne keller,strasbourgHorresco referens, tel le spectre de Dracula, le FN est de retour et le syndicat des sortants s’affole. Et tente de nous rejouer l’opéra-bouffe de l’entre-deux- tours de 2002. Mais une première fois, si la comédie pouvait se faire passer pour tragique, la deuxième fois on a du mal à y souscrire et elle ne passe que pour une répétition bouffonne.

 

En France métropolitaine il y aura dimanche prochain 394 duels ou triangulaires opposant des candidats du Front à leurs concurrents du PCF, du PS des Verts et de l’UMP. Dans 37 cas les prétendants du Front seront opposés à un postulant communiste mais dans 204 cas ils le seront à un compétiteur socialiste. Autant dire que le Front Républicain prôné par la gauche tout entière devrait essentiellement fonctionner à son avantage. Ce Front Républicain a un autre inconvénient dans la mesure où il confirmerait la thèse du Front National selon lequel le PS et l’UMP c’est du pareil au même. Étant donné le soupçon qui pèse déjà chez les abstentionnistes il n’y a pas là de quoi les faire renoncer à leur partie de pêche dominicale.

 

Pourtant, l’actuelle majorité ne manquera pas de candidats à la crétinerie politique. Campés sur leurs « valeurs » qui ne mangent pas de pain et qui réclament d’autant plus l’adhésion pressante que l’on s’empresse de ne leur donner aucun contenu, ils marqueront leur positionnement en votant « républicain » c’est à dire à gauche pour bien signifier qu’ils s’éloignent du futur perdant. Nicolas Sarkozy, l’homme qui se flattait futilement d’avoir définitivement « siphonné » les voix de l’extrême droite. 

 

Toujours les mêmes à dire vrai, le Nouveau centre qui ne doit sa mince existence qu’à la volaille UMP, Jean-Louis Borloo toujours présent pour jouer les originaux, et le patron du Sénat, Gérard Larcher, qu’un sentiment de fraternité unit  aux associés de l’autre bord. À cela s’ajoute un quarteron de ministres à l’écoute de leur « conscience » comme Valérie Pécresse et Nathalie Kosciusko-Morizet. Bref pas de quoi fouetter un chat !

 

La liste ne serait pas complète si nous n’ajoutions Fabienne Keller, sénatrice du Bas-Rhin et ex maire de Strasbourg.

 

Elle a déclaré au quotidien gratuit « 20 Minutes » : « Je n’ai pas peur de dire qu’il faut voter pour le candidat républicain qui sera opposé à un candidat FN, qu’il soit socialiste, vert, ou autre. Pour moi, les choses sont claires : pas une seule voix ne doit aller au FN« . On admirera au passage le fait qu’elle n’a « pas peur », malgré le péril dans lequel la lance une aussi grandiose déclaration…

 

Nouvelle passionaria du Front Républicain, Madame Keller enfile désormais la défroque de Madame Trautmann. Il ne manque plus qu’elle nous appelle à voter pour un authentique stalinien. Au pays des anciens de Tambov cela ne manquerait pas de sel et il est probable que nombre de Strasbourgeois apprécieraient… Mais du moment que c’est pour contrer un « fasciste »…

 

Quoi qu’il en soit la stratégie du cordon sanitaire a déjà lamentablement échoué comme le montre le résultat de la présente consultation et ce n’est pas en excluant du jeu démocratique un FN qui l’a toujours joué, n’en déplaise à ses adversaires, que l’on rétablira les conditions d’une véritable démocratie. Or avec plus de 50% d’abstentions c’est la démocratie qui est en crise et le FN n’y est pour rien. Tant que les politiques resteront sourds aux messages que leur envoient des électeurs de plus en plus nombreux, tant qu’ils feront mine de traiter par dessus la jambe les angoisses qui les étreignent, la désaffection des urnes continuera de s’aggraver jusqu’à la révolte finale…

 

Mais on ne change pas une  méthode qui perd, cela romprait avec le confort ambiant !

 

11
mar

Nicolas Sarkozy ne veut pas du FN mais le FN s’en fout

imagesCAZ80QEO.jpgNicolas Sarkozy ne veut pas d’accord avec le FN. Ce faisant, il fait fi des remontées de nombres de ses députés qui expliquent depuis des mois que le peuple va s’indigner, se rebeller, mais pas forcement comme le souhaiterait Stéphane Hessel. Il ne veut pas d’accord, mais il doit savoir aussi que les adhérents de base de l’UMP ne le suivront pas forcément dans cette démarche.

Aux élections cantonales et même en cas de poussée FN, les triangulaires seront rares et une vague rose pourrait faire perdre à la « droite parlementaire » entre 5 et 8 départements. Entre temps, les sondages s’additionnent et confirment que Marine Le Pen est la candidate préférée des ouvriers et des classes moyennes, celles-là mêmes qui souffrent aujourd’hui de la baisse du pouvoir d’achat, de la précarisation de leurs conditions de vie et de la paupérisation économique.

Ces déclassés « de souche » forment aujourd’hui le lit d’un nouvel électorat FN qui n’a pas grand-chose à perdre à sanctionner une classe politique de droite, comme de gauche qui ne répond plus à ses attentes, mais qui n’entend pas ses appels à l’aide.

Ce que le Président veut, le Président l’aura, on continuera donc à lui mentir sur la réalité du pays. Jusqu’au sein de son parti, on expliquera donc que « tout va très bien, Monsieur de l’Élysée » sans évoquer les flammes ravageuses, ce d’autant plus que certains souhaitent sa chute.

Pourtant, dans quelques mois, des centristes quitteront le bateau UMP non sans creuser quelques trous dans la barque. Les législatives, elles, viendront permettre d’abord le refinancement du FN et ensuite des triangulaires qui seront naturellement défavorables à l’UMP.

Aveuglés, certains n’entendent même plus les cris des militants qui fuient le parti. On y dénonce le bling bling de la tête et les renoncements perpétuels sur des textes forts comme celui sur la déchéance de la nationalité d’assassins de forces de l’ordre. Le Président peut sanctionner, donc la sanction viendra d’ailleurs.

Un FN à 20 % nationalement, cela signifie un FN entre 30 et 40 % des voix sur la façade Est du pays. La digue sera d’autant plus dure à tenir qu’en Suisse, en Italie et sans doute demain en Autriche, en Flandres, ce courant populiste entrera dans la composition de gouvernements.

Mais qu’à cela ne tienne. En France, on touchera et retouchera aux modes de scrutins pour retarder l’échéance, sans jamais assumer l’idée qu’accorder des élus à tous les partis est l’essence même de la démocratie.

Condamné donc, à moyen terme à exploser et à ne s’allier avec personne, la droite parlementaire fait d’abord le jeu de la gauche qui est autorisée à faire front commun, du centre qui décidera de son sort et enfin du FN et des mouvements identitaires, qu’à force d’exclusion, on crédibilise comme alternative.

Quem vult perdere Jupiter demantat. Ceux qu’il veut perdre, Jupiter les rend fous. Et voilà le chef de l’Etat à vouloir bombarder la Lybie alors que le Conseil Constitutionnel déshabille ses projets de loi et que l’insécurité règne dans les banlieues. Vraiment, Quem vult perdere Jupiter demantat.

1
déc

2011 – Bonne Année avec La Droite Strasbourgeoise

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15
mar

Des lendemains qui déchantent pour la droite en France et en Alsace

images.jpgUne lecture fine des résultats des élections régionales par villes et cantons fait apparaître une nouvelle donne dans de nombreuses communes. La droite ou la majorité alsacienne, naturellement en tête ne dispose plus de réserves ou faiblement pour le second tour, alors que PS et Verts ratissent large et disposent du renfort des voix de l’extrême gauche qui n’émeuvent personne.

On observera ces résultats pour les villes moyennes de 5 à 30.000 habitants. Ce constat, même si chaque élection est différente pousse à s’interroger sur la nouvelle donne électorale.

Alors oui, la droite peut continuer d’obéir à la gauche et refuser les voix et les rapports avec le Fn ou, en Alsace, le mouvement Alsace d’Abord. Il reste juste que privée d’air, de perspectives, elle ne peut qu’étouffer.

Le cas strasbourgeois est ainsi patent. L’UMP réalise un très bon 30 % au cœur d’une vague de rejet de la droite, mais pour le second tour, elle ne dispose plus de la moindre marge. Alors certes, parfois les dynamiques de campagnes font la différence, le tout est de disposer d’une telle dynamique.

Eric Neustadt

15
jan

Elections Régionales 2010 : du courage à droite, que diable !

Il faut savoir ce que l’on veut. Quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire ;
quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire.
Georges Clémenceau

 

« Je suis tombé ici, c’est la faute à Paris Le nez dans le ruisseau, c’est la faute à Sarko ».

courage.jpgLe refrain fut un temps récité par certains pour expliquer la défaite de la droite aux municipales à Strasbourg et ailleurs. 58/42 à Strasbourg, 70/30 à Illkirch-Graffenstaden. On s’en souvient. La conjoncture, la crise (non, elle n’avait pas commencé), l’image, mais surtout Paris étaient responsables de la défaite. Une fois encore, l’enfer, c’était forcément les autres et de l’eau coula depuis sous les ponts de l’Ill, certains allant vers une autocritique, d’autres persévérant dans l’aveuglement.

Et voilà que certains commencent à pousser la chansonnette, avant même la bataille, comme s’il s’agissait de prévenir, de vacciner avant qu’une grippe n’emporte tout sur son passage.

« Je suis tombé ici, c’est la faute à Paris Le nez dans le ruisseau, c’est la faute à Sarko ». Le refrain leur va bien mais oublient-ils que les seules batailles perdues sont celles que l’on ne mène pas ?

La confiance affichée par la gauche ne se contrera pas dans la fuite. Le vote vert n’est-il pas, non en train de créer de nouveaux électeurs, mais de dénuder le roi PS ? Le peuple de droite est-il suffisamment mobilisé ? Se reconnaitra-t-il dans la liste présentée par Philippe Richert.

 

Quid des votes centristes, régionalistes, nationalistes et alternatifs ?

 

Une chose est certaine. Ceux qui cherchent à assurer leurs arrières en se cherchant déjà de potentielles excuses devront se souvenir que certains auront la mémoire longue lors de prochains scrutins. Bref, seule une droite clairement de droite réunira les siens. Et n’est-ce pas là, d’abord, le défi du premier tour des prochaines élections régionales ?

 

Eric Neustadt

 

2
jan

1.137… il paraît que c’est un bon chiffre

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1.137 voitures brûlées la nuit dernière

La nuit de la Saint Sylvestre « s’est déroulée dans le calme, sans incident important » s’est félicité cet après-midi le ministère de l’Intérieur, qui fait état de 549 interpellations, 1.137 voitures brûlées (contre 1.147 l’an dernier) à et 16 gendarmes et policiers légèrement blessés.

8
déc

Nicolas Sarkozy à Lingolsheim : je ne vous ai pas compris…

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Fallait une patience certaine voire du courage pour accéder à ce gymnase au cœur de Lingolsheim, fief de M. Yves Bur, pour assister à un meeting interne à l’UMP.

 

Carte d’identité et d’adhérent à montrer aux différents check-point ; quelques centaines de militants trépignent à coup de bières et de coca-cola.

800 étaient annoncés, avec les désistements après deux heures de retard, un peu plus de la moitié*  restait sur place attendant l’arrivée du Président de la République flanqué de son aréopage du jour (entre autres Christine Lagarde, Alain Juppé, les présidents des conseils généraux d’Alsace, Jean-Marie Bockel et l’autre héros du jour, Philippe Richert).

 

 

Chacun s’attend à un recadrage à droite, dans une région majoritairement de cette couleur. 25 minutes plus tard, l’humeur était maussade.

 

Pourtant cela avait démarré sur les chapeaux de roues avec remerciements aux militants « ceux qui m’ont permis d’être Président de la République ».

 

Puis, un crochet pour évoquer le Front National histoire de « déculpabiliser » l’électeur frontiste (combien dans la salle ont déjà voté FN ou Alsace d’Abord ? cela aurait été amusant de le savoir…) et d’essayer de le ramener au bercail UMP, puis un petit coup sur la Suisse, les minarets, notre identité qu’on doit respecter ainsi qu’un coup à droite sur « l‘Islam Français et pas l’Islam en France« .

 

Ces pointes ont soulevé pas mal de vivas, d’applaudissements nourris, logique, nous sommes là pour ça. Dommage que Fabienne Keller arrive en retard après ce propos, elle qui s’apprête à voter pour la construction de minarets à Strasbourg, au mépris des électeurs UMP (combien dans la salle sont contre? 80 % ? 90 %?) pour séduire un hypothètique électorat musulman et immigré.

 

Ce furent les derniers moments d’enthousiasmes et d’applaudissements forts. Les suivants furent polis, la douche froide arrivant.

Rappel de quelques mesures-phares (il évoque maladroitement l’ouverture des magasins le dimanche notamment) et patatras, un long, trop long tunnel sur… l’ouverture à gauche, qui est désormais parée de toutes les vertus sarkozystes.

 

 

Ainsi M. Sarkozy est très fier de son ouverture. D’ailleurs il se présente comme « le Directeur des Ressources Humaines du PS », engageant à ses côtés les meilleurs prises comme Kouchner, Strauss-Kahn  ou Lang qu’il moque un au passage. Ainsi nous assène t-il, « s’il n’y a pas ouverture, il y a fermeture« , car  d’après lui, la droite n’a jamais su parler aux universitaires, au monde culturel. Ah bon ? Donc il faut être de gauche pour penser, chercher et aussi gérer la culture ? « Vous imaginez la tête que vous feriez si un président de gauche avait fait l’ouverture à droite ? » Pas de risques cher Président, la gauche est idéologiquement forte, elle n’a pas besoin de transfuges…

 

Ainsi la liste à venir de M. Philippe Richert s’ouvrira, largement. Ainsi, il semblerait de plus en plus qu’être de droite ne soit pas l’idéal pour avoir des responsabilités à l’UMP ou tout simplement faire de la politique à droite. Au passage, il évoque les luttes fratricides, les divisions ; sur ce point bien sûr on le suivra car elles sont mortelles ; mais dans notre camp c’est déjà si complexe alors pourquoi encore rajouter un degré supplémentaire d’ouverture-gadget ?

Pas de chance, M. Richert n’a pas parlé aujourd’hui. Il est vrai que Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il reviendrait en Alsace, qu’il s’engagerait à fond dans la campagne à venir. Il est vrai que M. Richert n’avait pas l’air à l’aise sur l’estrade, peut-être que les rumeurs de défaite commencent à faire leur effet, les sondages montrant qu’il n’y aura guère de réserves de voix au 2e tour pour lui. P1050393.jpg

 

 

Il y a quelques jours, M. Valery Giscard d’Estaing était à Strasbourg, notamment pour un déjeuner où se trouvait entre autres M. Daniel Hoeffel. La discussion a tourné aussi autour des Régionales. À l’annonce du schéma probable qui se mettait en place, l’ancien Président de la République a rappelé que « ce scénario dure depuis des années. La droite perd car elle ne sait pas puiser dans les voix de l’extrême droite et de la droite traditionnelle car la gauche le lui a interdit et que la droite reste enfermée dans cette impasse. Nous n’aurons donc que peu de réserves de voix. La gauche par contre peut puiser largement dans le camp écologiste et l’extrême gauche. Là est la différence, qu’il nous faut dépasser à droite pour gagner plus sûrement ».

 

Aux mines renfrognées de certains (M. Reichardt), on sentait que la nationalisation de la campagne des Régionales n’était pas forcément une bonne nouvelle. A la mine déconfite des militants de droite, on savait déjà que la campagne des Régionales hé bien n’allait pas être rose. Enfin, si. Rose PS…

* a priori, querelle de chiffres, on coupera la poire en deux avec environ 500 personnes…

26
oct

Semaine ordinaire en France : expulsions vers l’Afghanistan et Barnum de M. Besson…

photo_1256107373643-1-0.jpgIl y a un mois Éric Besson avait annoncé à grands sons de trompe médiatique sa volonté d’en finir sous peu avec « la jungle » de Calais. Ce qui avait été programmé se produisit donc. À l’heure du grand rendez-vous répressif les caméras étaient toutes là, avides et voraces. Les trafiquants de chair humaine, eux, s’étaient soigneusement fait la belle et plusieurs centaines de clandestins s’étaient  volatilisés dans la nature. Il s’en trouvait néanmoins encore 250, volontaires pour jouer les supplétifs de la grande comédie médiatique.

 

Leur distraction permit donc de diffuser en prime time des images bourrées d’émotion qui arrachèrent des larmes de colère aux associatifs immigrationnistes et rassurèrent les méchants qui avaient voté Sarko pour qu’il mette un frein à une immigration que le corps social n’est plus en mesure d’absorber.

Évidemment si la plupart des interpellés sont promis à la régularisation, mais au goutte à goutte et en catimini afin de ne pas effrayer un électorat réputé « xénophobe », il s’est trouvé trois malchanceux pour remplir un « charter de la honte ». À Kaboul, chacun d’eux s’est vu remettre « une bourse de réinsertion de 2000 euros », qu’ils utiliseront, disent-ils, pour financer leur retour en France…

Rien d’autre en somme qu’une vaine agitation mystificatrice destinée tout à la fois à rassembler la volaille de « droite » dans le spectacle de la « fermeté » tout en permettant à une « gauche » plutôt déplumée de mouliner avec conviction quelques formules grandiloquentes autour de l’humanisme doloriste et de la générosité à tous crins.

Dans ce bal de faux culs dont on comprend difficilement qu’il fasse encore illusion, un quarteron de généraux en retraite s’est illustré par son originalité (toute relative quant même).
Oui, ça bouillonne sous les képis de la grande muette qui ne comprennent pas que de jeunes afghans en pleine santé fuient leur pays plutôt que d’y combattre avec le Bien alors que « nos p’tits gars » s’y font trouer la peau pour y conforter, sous l’emblème des USA, le règne universel des droits de l’homme et du marché libre et non faussé.

Si « droite » et « gauche » s’entendent parfaitement, on le voit,  sur le casting de leur rôle hexagonal respectif, on voit que nos militaires quant à eux ont parfaitement intégré les clichés d’un cinéma otano-hollywoodien où, dans le feu de l’action guerrière, on prend aisément les vessies de la concussion mafieuse, des élections truquées et de la culture industrielle du pavot pour les lanternes d’une démocratie triomphante.
Enfin, ces confusions délétères n’auront sûrement qu’un temps. Ce dimanche Éric Besson a annoncé, en effet, qu’il allait remettre sur le tapis la question de l’identité nationale. Non mais…

Les élections approchent décidément à grands pas.

 

Coclès

12
oct

Droite de valeurs et valeurs de droite.

08-ALIRE-LesDroitesEnFrance-08811.png.gif« Les héritiers de mai 68 avaient imposé l’idée que tout se valait, qu’il n’y avait donc désormais aucune différence entre le bien et le mal, aucune différence entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid« .

Nicolas Sarkozy – Bercy 2007


Ce qu’il faut désormais nommer « l’affaire Mitterrand » aura forcément des effets directs et d’autres collatéraux sur la vie politique française et plus particulièrement sur un électorat dit « de droite ». Laissons d’abord de côté le livre et l’écrivain (puisque a été rappelée l’inculture du monde journalistique et politique vu que PERSONNE dans ces zones ou presque n’a lu « Ma mauvaise vie ») et revenons-en à l’homme.


Au-delà de ce récit poignant et de cette confession, l’affaire du récent témoignage de moralité vient frapper encore plus les esprits. Vendredi dernier, le Quotidien de la Réunion a ainsi révélé que le ministre de la Culture était cité en tant que témoin de moralité dans un procès d’assises en appel, fin octobre à la Réunion. Trois hommes doivent comparaître ; ils sont poursuivis pour le viol collectif d’une jeune fille de 16 ans…

 

On se souvient de l’impact sur l’image du monde politique d’affaires sordides en Belgique. Aujourd’hui, il y a fort à parier que « l’affaire Mitterrand » en aura un, plus sourd, car elle génère un profond malaise dans l’électorat de droite.En Angleterre, en Allemagne, aux Etats-Unis, cette affaire aurait déjà été réglée.

 

Femmes, parents peuvent légitimement s’interroger et, selon plusieurs sources en Alsace et ailleurs, des appels et messages viennent secouer élus et fédérations. Les militants, eux, pourraient avoir du mal à « assumer ». Que répondre sur les marchés à d’éventuelles questions ? Imaginons simplement la question suivante posée à de futurs candidats : « légitimez-vous les actes et propos de Frédéric Mitterrand ? ». On laisse chacun répondre.

 

Qu’en est-il aussi à Strasbourg par exemple, où de plus en plus de gens parlent de l’un ou l’autre parlementaire UMP qui pratiquent un clientélisme éhonté avec les sans-papiers, les immigrés d’origines diverses pour leur obtenir logements, papiers, etc… en espérant qu’ils voteront en remerciement aux prochaines échéances ? (idée ridicule soit-dit en passant, tous les sondages le prouvent). Que font ces parlementaires pour leurs électeurs de droite et ceux-ci accepteront encore combien de temps ce genre de trahisons ? S’imaginent-ils qu’ils resteront fidèles quand ces affaires éclateront au grand jour ?

 

On constatera donc que « l’intégration du MPF » (et désormais le silence de Philippe de Villiers) ne cache pas une réalité de terrain : L’UMP, concentrée sur l’ouverture au(x) centre(s) et à gauche, a oublié son électorat de droite. Il ne faudra donc pas s’étonner qu’il parte sous d’autres cieux ou s’en aille pêcher lors des dimanche des printemps. En 2007, Nicolas Sarkozy voulait libérer les consciences embrumées par 1968. Aujourd’hui, la droite de valeurs attend le retour des valeurs de droites. Maintenant !

 

Éric Neustadt

8
oct

Frédéric Mitterrand à Strasbourg : ouverture, g(r)oss malheur !

5429_05_gross.jpegM. Frédéric Mitterrand avait prévu de venir ce soir à 20h30 au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, pour la remise des prix des Assises du journalisme. Vu l’actualité, il sera au 20h de TF1…Revenons néanmoins sur la polémique qui agite la politique et les médias français.

 

Frédéric Mitterrand n’est certes pas dénué de qualités. Ses Lettres de Somalie, ses documentaires historiques, ses livres parlent pour lui. Justement…

 

 » Evidemment, j’ai lu ce qu’on a pu écrire sur le commerce des garçons d’ici et vu la quantité de films et de reportages ; malgré ma méfiance à l’égard de la duplicité des médias je sais ce qu’il y a de vrai dans leurs enquêtes à sensation (…) les montagnes de dollars que cela rapporte quand les gosses n’en retirent que des miettes (…) je m’arrange avec une bonne dose de lâcheté ordinaire, je casse le marché pour étouffer mes scrupules. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m’excitent énormément. La profusion de graçons très attrayants, et immédiatement disponibles, me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de refréner ou d’occulter. L’argent et le sexe, je suis au coeur de mon système ; celui qui fonctionne enfin car je sais qu’on ne me refusera pas. Je peux évaluer, imaginer, me raconter des histoires en fonction de chaque garçon ; ils sont là pour ça et moi aussi. Je peux enfin choisir. J’ai ce que que n’ai jamais eu, j’ai le choix ; la seule chose que l’on attend de moi, sans me brusquer, sans m’imposer quoi que ce soit, c’est de choisir. Je n’ai pas d’autre compte à régler que d’aligner mes baths, et je suis libre, absolument libre de jouer avec mon désir et de choisir. La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l’autre. » La mauvaise vie (Ed. Robert Laffont)


Précisons que contrairement à la majorité des commentateurs, nous avons lu ce livre, qui est un vrai livre d’écrivain, une autobiographie guère camouflée. Il y a des passages durs, d’autres pathétiques, d’autres touchants. Chacun pouvait lire cet ouvrage avant de décider de la nomination du ministre.


Souvenons nous, durant les années 70 et 80 avait lieu un débat dur, autour de la sexualité des enfants. C’était l’époque où le gauchisme faisait feu de tout bois, pour abattre les « vieilles règles bourgeoises », la morale, faisait l’apologie de la liberté absolue, notamment sexuelle. C’était l’époque où des écrivains, de bons écrivains, faisaient l’apologie de la pédophilie ouvertement, notamment dans les colonnes du journal Libération. Gabriel Matzneff, Guy Hocquenghem et surtout Tony Duvert intellectualisaient leur désir d’enfants. Mais c’était une autre époque…

 

Le tourisme sexuel est depuis des années la bêtes noire de multiples d’ONG relayées par nombre d’hommes et de femmes politiques surfant sur une réprobation générale de l’opinion publique. Quand on sait que les victimes de cette mondialisation là sont le plus souvent des mineurs que la misère et la violence des rapports sociaux précipitent sans recours dans l’exploitation la plus vile, on ne peut qu’approuver le dégoût unanime que soulèvent ces pratiques.

 

Frédéric Mitterrand n’est certes pas dénué de qualités disions-nous plus haut, mais voilà, il est aussi ministre de la République, et même, parait-il, ministre d’ouverture. On ne sait trop sur quel horizon nouveau ouvre sa nomination, mais dès que fut connue l’arrestation de Roman Polanski, il a pris fait et cause pour le cinéaste, un homme de qualité, lui aussi.

 

Concernant Polanski, certains de ses thuriféraires comme Bernard-Henri Lévy ont parlé « d’erreur de jeunesse ». Polanski avait en effet 46 ans quand il s’est rendu coupable d’un viol sur une adolescente de 13 ans. L’affaire n’est guère contestable puisqu’elle est reconnue de tous ses protagonistes et le cinéaste aurait depuis financièrement indemnisé sa victime. L’argent et la notoriété confèrent bien des avantages.

 

Doivent-ils aussi assurer leurs détenteur d’une immunité universelle ?  Ce dont est accusé Roman Polanski, ce n’est pas seulement de s’être rendu coupable du viol d’une mineure préalablement droguée par ses soins, c’est aussi de s’être soustrait à la justice américaine. Pays dont nos éminences font par ailleurs le phare mondial de la démocratie.

Il est certain que dans cette affaire de pur droit commun notre ministre de la culture aurait mieux fait de suivre la jurisprudence inaugurée  jadis par Jean-Pierre Chevénement : « un ministre ça ferme sa gueule ou ç’a démissionne ». Frédéric Mitterrand l’a ouverte de manière bien imprudente permettant à quelques mauvais esprits de rapprocher son soutien à Polanski de ses confessions impudiques. Certains exigent évidemment sa démission. Tant à « droite » qu’à « gauche » et parmi eux le porte-parole du Parti Socialiste. Par chance, Marine Le Pen a également mis son grain de sel dans le chaudron ce qui a permis à l’audacieux Xavier Bertrand d’évoquer, sans rire, « les heures les plus sombres... »

 

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Il serait déjà assez inquiétant que les attaques de « l’extrême droite » puisse valoir à ses cibles une sorte de brevet automatique d’innocence quelles  que soient par ailleurs les éminentes qualités de la cible en question. Ce qui serait encore plus grave, et disons le franchement détestable c’est de donner à nos compatriotes l’impression qu’il y a, en République égalitaire, deux sortes de justice, l’une qui ne ménage pas les gueux tandis que l’autre absout les puissants.

 

En attendant, la droite – excepté le FN évidemment –  et le gouvernement défendent piteusement Mitterrand, notamment M. Guaino :  »Il ne l’a pas écrit pendant qu’il était ministre. D’autre part, ce livre est un livre humainement assez poignant. D’autre part, estime le conseiller de l’Elysée, Frédéric Mitterrand n’a pas commis de crime ou de délit. « A-t-il été traduit devant un tribunal pour des faits répréhensibles, a-t-il fait l’objet de plaintes, de poursuites ? Il n’y a pas de faits. »

Seule à droite, Mme Christine Boutin voit le danger politique : « la nomination de Mitterrand a ébranlé la droite classique, mais ses postures et ses positions vont faire des ravages terribles dans l’électorat », a averti l’ancienne ministre.

 

Rappelons encore qu’il y a quelques jours, une oeuvre de l’artiste contemporain Richard Prince représentant Brooke Shields nue (à 10 ans, voir les illustrations de notre article) avait été retirée, sur la demande de policiers chargés de de la poursuite des publications obscènes, qui avaient estimés que cette photo pouvaient attirer des pédophiles.

Même Le Monde a publié une lettre d’un homme condamné pour avoir couché avec une mineure et évoquant l’affaire Polanski et Mitterrand.

D’ailleurs, peut-on imaginer demain l’avocat d’un violeur d’enfants ou d’un coupable de détournement de mineur, inviter le Ministre de la Culture à comparaitre pour adoucir sa peine et attendrir le jury ?

Il reste donc à nos politiques, à nos médias, à nos associations, de prendre leurs responsabilités. On ne peut pas faire des gorges chaudes du moindre curé tripotant des enfants, du moindre pédophile honteusement attrapé avec ses images volées, du moindre délinquant sexuel emprisonné et soutenir tel artiste, tel politique, tel puissant pris dans le même filet. Le gouvernement de M. Fillon qui cherche à durcir la législation à ce sujet ferait bien de réfléchir à la notion de l’ouverture et au sort de M. Mitterrand dans ses rangs… Et M. Mitterrand aurait dû se méfier de cet étrange monde politique…

 

NB : Nos illustrations choquent. Nous invitons d’abord nos lecteurs à lire l’article que nous avons mis en lien ci-dessus, du Figaro.  Mais rappelons que ces images sont intéressantes à plus d’un titre. Avant tout, elles sont considérées comme oeuvres d’art, la principale, Spiritual America étant retravaillée par l’artiste Richard Prince. Elle symbolise bien toute la question tournant autour du côté Lolita et c’était le principe même de ces images prises par Gary Gross en 1975, le troublant mélange entre les deux sexes de cette petite fille (garçon ?) et son côté « femme » accentué par les accessoires et le maquillage. Acceptées il y a 30 ans, ces images aujourd’hui le sont beaucoup moins, au gré des sensibilités. Et puis leur caractère choquant prouve bien une chose : l’art peut  tout se permettre… ou pas? Eternel débat. Et Mme Shields, malgré les procès, n’a jamais récupéré ces négatifs..