Aller au contenu

25 janvier 2012

Le duo de François et Yannick ou l’oxymore en représentation

by admin


Dimanche, lors de son meeting du Bourget, François Hollande a fendu l’armure. Après un début de campagne marqué par l’hésitations et l’imprécisions il lui fallait rassurer ses soutiens et son électorat sur sa détermination. Exorciser le doute. Sortir du flou pour imposer une empathie à gauche. Bref, il fallait renverser l’image de ce personage “mou” qu’avait accrédité Martine Aubry, toujours bonne camarade. Avec Flamby, capitaine de pédalo affable et mièvre on allait voir ce qu’on allait voir.

 

Et on a été servis.

 

Pour réveiller une opposition droite-gauche que nos concitoyens ont de plus en plus de mal à saisir, Hollande a forcé sur l’antagonisme qui l’opposerait au monde de la finance, tout comme Sarkozy, le flambeur, qui promet depuis des années de “moraliser le capitalisme” sans que l’on discerne le moindre début de réalisation de cet ambitieux programme rendu nécessaire par l’évolution tyrannique des “marchés”. Hollande s’est donc lancé dans une vigoureuse croisade verbale contre la “finance sans visage”.

C’était beau comme l’Antique. Las…

La première partie du spectacle était assurée en “guest star”, par une vedette américaine (c’est le cas de le dire) qui n’était autre que le plus populaire des Français (pas rancuniers pour deux sous). Yannick Noah, ex caïd de la raquette, apparemment pas défrisé du tout par les propos revanchards du candidat sur les grandes fortunes. Et pour cause, en délicatesse avec le fisc francais pour une ardoise que certains estiment à  500 000 voire 600 000 euros (qu’il tente de contester mais avec difficulté on dirait puisque selon L’Expansion : “Depuis quinze ans, les services de Bercy reprochent à Yannick Noah d’avoir continué à résider majoritairement en France en 1993 et 1994 -où, selon le Canard enchaîné, il possédait 17 comptes bancaires – alors qu’il s’était fait domicilier en Suisse. Le fisc l’a condamné à verser 1.037.827 euros d’amendes, une somme finalement ramenée quelques années suivantes à 500.000 euros, après déductions fiscales et retrait d’une amende pour mauvaise foi. »

 

Il a depuis bien longtemps placé ses petites économies (évaluées à 70 millions d’euros) à l’abris de la voracité des partageux indigènes ce qui lui permet, tranquillement, de chapitrer ces pouilleux de Français à coup de prêches sur la tolérance, le métissage et l’anti-racisme.

Ne payant plus depuis longtemps ses impôts en France l’exilé fiscal, est-il nécessaire de le préciser, ne contribue en rien à l’effort national même si c’est en France qu’il récupère sa plus-value, ce qui assurément lui donne le droit de nous morigéner.

C’est vrai que l’éxil fiscal est une pratique courante chez les nababs de la fortune, mais ils ont en général la modestie de se taire, de faire profil bas. Par contre chez les people du show-biz, plus on triche avec la décence ordinaire et plus on l’ouvre pour sermonner le bon peuple. L’insolence comme l’argent n’a pas de limite !

Encore une fois se vérifie l’adage qui veut que les conseilleurs ne sont pas les payeurs. François Hollande, l’homme qui “n’aime pas les riches” (ceux qui gagnent “plus de 4000 euros par mois”, ce qui fait somme toute beaucoup de gens à haïr, y compris dans son propre électorat), fait donc équipe avec le chanteur le mieux payé de la scène française (3800 000 euros en 2010 ce qui fait la bagatelle de 10 400 euros par jour). Faire son beurre sur le territoire national et n’y pas payer sa contribution : François Hollande avait qualifié cette attitude d’anti-républicaine, mais il est vrai qu’il visait alors Johnny Hallyday, un habitué du Fouquet’s.

Aux premiers rangs des VIP figurait une belle brochette de nantis qui ne se sont pas sentis interpellés par les philippiques de François Hollande. Au contraire, pas du tout maso, ils applaudissaient, goguenards, l’imposture.

Dans ce monde où le discours vrai n’est qu’un moment du faux, dans ce monde faisandé, l’orateur avait beau tonner comme un Danton sorti de sa boîte, “mon adversaire c’est le monde de la finance”, on avait du mal à le suivre. Comment l’ex copain de Strauss-Kahn, ex patron du FMI, comment l’ami de Pascal Lamy, le patron de L’OMC et de la mondialisation heureuse allait-il s’y prendre pour renverser la vapeur qu’il a mis tant d’énergie à développer, que ce soit sous les septennats de Mitterrand (grand libérateur des flux financier), ou sous le gouvernement Jospin (champion toute catégorie des privatisations).

C’est contre, tout contre la finance que s’inscrit la candidature Hollande. Il a bien fait chavirer les coeurs, mais c’était de la pure arnaque comme le montre son duo d’enfer avec Yannick Noah. Non, ce n’est pas avec son cortège de people milliardaires et d’évadés  fiscaux que la gauche libérale de marché reconquerera les classes populaires. Ce n’est pas en surjouant, comme elle le fait à la veille de chaque écheance électorale, la mascarade de la bipolarisation, qu’elle rendra le peuple amnésique pour dissimuler les convergences réelles qui l’unissent à l’oligarchie.

Si il y a bien une lutte des classes en France, seuls les “riches” l’ont gagné jusqu’à présent, parce que ils sont les seuls à l’avoir livré avec le soutien de la droite et de la gauche.

Il serait temps que cela change !

 

 

 

 

 

Leave a comment

required
required

Note: : le code HTML est autorisé. Votre adresse mel ne sera jamais publiée.

S'abonner aux commentaires