Ja zum Elsassischen Landrat !
La question que les Alsaciens auront à trancher le 7 avril lors d’un référendum sera la suivante : Approuvez-vous le projet de création d’une Collectivité Territoriale d’Alsace, par fusion du Conseil régional d’Alsace, du Conseil général du Bas-Rhin et du Conseil général du Haut-Rhin ? (voir http://www.referendum-alsace.fr/)
Le texte de Julien Jauffret, ancien du Choc du Mois nous donne un aperçu des enjeux.
Ja zum Elsassischen Landrat !
Le 7 avril prochain sera une date décisive pour l’Alsace. Ce jour-là, les Alsaciens voteront en effet par référendum pour savoir s’ils souhaitent fusionner le Conseil régional d’Alsace et les deux Conseils généraux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin pour créer un Conseil unique, la Collectivité territoriale d’Alsace. Projet unique dans l’espace institutionnel français, la fusion entre une région et des départements, si le oui l’emportait, serait une première en France.
Pour l’Alsace, ce serait la possibilité de retrouver l’unité perdue depuis le Reichsland pour enfin parler d’une seule voix. Quoi de plus aberrant que ce millefeuille administratif antidémocratique, coûteux et inefficace imposé par Paris ? Quoi de plus aberrant que la multiplication des structures et des institutions locales qui diluent les responsabilités et ne permettent plus au citoyen de s’y retrouver ? Quoi de plus aberrant que ces décisions prises dans les ministères au mépris des réalités locales ? Quoi de plus aberrant enfin que ces « Haut-Rhinois » et ces « Bas-Rhinois » ? Tous Alsaciens, gotfertomi ! Comme le dit Jacques Cordonnier, président du mouvement régionaliste Alsace d’abord, « l’Alsace sait mieux faire, plus vite et moins cher que l’Etat », alors laissons-là faire.
Mais c’était compter sans les Jacobins.Le jour même où Philippe Richert, président UMP de la région, annonçait un « accord historique » entre les trois présidents des collectivités alsaciennes pour l’organisation d’un « Congrès Alsace » en vue de leur fusion (22 janvier 2011), ils se sont mis à hurler à la République qu’on assassine… et à nous rejouer 1792 et l’unité menacée. Le député PS de Strasbourg, Armand Jung, voit dans le Conseil unique « des réminiscences du passé revenant sur la scène de manière insidieuse » (aglagla) et clame : « Notre avenir est au sein de la France et de la République ». Certes, qui dit le contraire ? Pour le Front de gauche Alsace, le Conseil unique est carrément révélateur du « démantèlement programmée de la République ». Un nuage de criquets girondins qui s’abat sur la République, en somme.Une vingtaine d’élus alsaciens, pour la plupart issus de la droite « souverainiste » et du Modem, ont eux aussi dégainé leur jacobinisme indécrottable en publiant il y a un mois un manifeste intitulé « j’aime l’Alsace, je dis non ».
A l’instar de Roland Ries, maire socialiste de Strasbourg, ils qualifient le projet « d’usine à gaz ». Il est certain qu’un Conseil au lieu de trois, ça va considérablement embrouiller les relations avec les administrés. A croire qu’il n’y a plus que la connerie qui soit souveraine dans cette affaire. Quant au syndicat FO, il s’oppose au projet parce que « cette recomposition territoriale induirait une perte de 40% des effectifs d’agents publics en Alsace ». Ça tombe bien, c’est exactement l’argument des partisans du oui.
Mais la palme de la crétinerie robespierriste revient assurément au nationaliste champenois bas du front Pascal Erre, conseiller régional et membre du Bureau politique du Front National, secrétaire départemental du FN51 (Marne). Pour ce « Esselpfurzjager », comme on dit dans cette langue savoureuse d’outre-Vosges (« chasseur de pet d’âne »), le projet du Conseil unique consiste à « aller plus loin dans la destruction de l’état-nation France, en permettant à l’Alsace de s’ériger en Etat quasi-indépendant ». Aux armes, citoyens ! Evoquant le « Rapport congrès d’Alsace » édité par le Conseil régional et les deux assemblées départementales en novembre 2012, il conclut que « pour les auteurs du rapport, il est clair que l’Alsace n’est pas française ». Diable. Faut-il les faire fusiller, mon général ? Ce qui lui reste en travers de la gorge, c’est la volonté des auteurs d’ancrer la région… dans l’espace rhénan.
Il est certain que l’Alsace devrait plutôt chercher à s’ancrer du côté de Plouescat, qui est de sa nation, plutôt que de Kehl, qui est à dix minutes à pied du centre de Strasbourg mais qui a le défaut de n’être pas vranzais. « La nation rhénane n’existe pas et n’a jamais existé », affirme notre intello. C’est vrai, on ne va quand même pas se mettre à fréquenter des régions qui ne sont pas des nations, sans blague. Le pompon : « « Pour une région résolument rhénane ? » (…) c’était aussi le rêve des nazis pendant la seconde guerre mondiale (la fameuse « Lotharingie » d’Himmler) ». Sans compter la non moins fameuse rigolade du lecteur. Un autre scandale épouvantable relevé par notre Champenois, amateur probable des bulles qui font la célébrité de sa région, c’est que les auteurs du rapport « ont auditionné des experts allemands et suisses » et ce… « alors que des millions de Français sont morts pour que l’Alsace redevienne française et le reste » ! Là, c’est la haute trahison et la Cour martiale, au moins. « Que l’Alsace ait des relations avec ses voisins allemands et suisses est normal », concède finalement ce géopoliticien avisé, « mais dans un cadre national ».
Rompez ! J’avais toujours soupçonné un quiproquo dans le vote FN des Alsaciens. Je crois que je viens de comprendre pourquoi.
Julien Jauffret
Alain de Benoist en rencontre le samedi 29 septembre à 15h à Strasbourg
Il fut qualifié, un temps, de « pape de la Nouvelle Droite ». Beaucoup de choses ont été dites sur lui, le plus souvent inamicales. Il valait mieux qu’il se raconte lui-même. Dans une longue biographie en forme d’entretiens, Mémoire vive, Alain de Benoist dit tout à la fois son itinéraire et ses engagements. Son nom est surtout associé à la création et au développement de la Nouvelle Droite (ND), étiquette donnée par ceux qui ne l’aimaient pas à un courant animé par le Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (Grece), fondé en 1968. Il en est resté la figure dominante.
Ce laboratoire d’idées, que Benoist envisageait initialement comme « une sorte de synthèse de l’école de Francfort, de l’Action française et du CNRS », s’est surtout fait connaître du grand public au cours d’une campagne lancée en 1979 par le Nouvel Observateur (…).
La particularité de Benoist dans cet ensemble bigarré est son étonnante capacité à repérer et à développer des directions de travaux aussi diverses qu’originales. Qu’il s’agisse d’évaluer les apports de la gauche allemande en sociologie, de débattre avec les courants écologistes, de prendre la mesure du productivisme industriel et du capitalisme financier, ou de présenter des questions de stratégie terrestre ou maritime, Benoist a son mot à dire, appuyé par une mémoire et une bibliothèque hors norme. Il en a tiré des dizaines de livres, des centaines d’articles et des conférences et entretiens innombrables. Non sans susciter des oppositions souvent très vives, fût-ce parmi ceux qui ne l’ont pas lu, ou parmi les réactionnaires de droite ou de gauche optant pour la répétition indéfinie de ce qui est déjà connu, tant du côté des institutions politiques que des discours convenus.
Comment se dépêtrer des difficultés de l’heure, sans s’y perdre ? Le demi-siècle de travail que propose Alain de Benoist à ses lecteurs ne les met pas en face de réponses toutes faites. Plutôt au pied du mur de questions encore mal explorées, et avec un art tout personnel d’éviter les simplifications. « J’ai voulu, assure-t-il, définir et proposer une conception du monde alternative de celle qui domine actuellement, et qui soit en même temps adaptée au moment historique que nous vivons. » (…)
Jean-François Gautier in Valeurs actuelles
Mémoire vive. Entretiens avec François Bousquet, d’Alain de Benoist, Éditions de Fallois, 336 pages.
Alain de Benoist en rencontre le samedi 29 septembre à 15h à la librairie Kléber de Strasbourg
A propos du Vel d’Hiv : Une mémoire instrumentalisée
Célèbrant le soixante-dixième anniversaire de la rafle du Val d’Hiv du 17 juillet 1942 devenue le symbole de l’extermination des juifs d’Europe, François Hollande a déclaré qu’elle constituait « un crime commis en France par la France« . Désignant ainsi la France, notion atemporelle et décontextualisée il est allé plus avant que son prédécesseur Jacques Chirac qui s’était contenté de faire porter la responsabilité de cette ignominie sur « l’État français », dénomination officielle de l’autorité de fait exercée par Vichy.
Cette nuance a son importance car elle fait passer la nation de complice plus ou moins zélée d’un projet qu’aucun fonctionnaire de police n’imaginait criminel à l’époque, au statut de concepteur et d’auteur principal du génocide. Hollande bousille ce qui reste du roman national que l’on sait bien fait de mythes suggestifs et de légendes pieuses. Bien sûr celui gaulliste et mitterrandien d’une France globalement résistante face à une poignée de traîtres collabos à la solde des nazis n’était plus tenable, mais cela justifiait-il un tel dérapage sémantique ?
Pétain incarnait-il la France ? Oui, assurément si l’on en croit François Hollande. Jean-Pierre Chevènement sur son blog signifiant son désaccord avec le président de la République faisait remarquer que ce faisant Hollande confirmait que si Pétain c’était la France il reconnaissait du même coup la légitimité du « véritable coup d’État opéré le 10 juillet 1940 par un gouvernement de capitulation« . Le moins que l’on puisse dire c’est que les propos de François Hollande ne font pas l’unanimité dans la classe politique.
Ainsi le gaulliste Henri Guaino, toujours attaché à l’orthodoxie gaullo-mitterandienne dans ce domaine a-t-il suggéré lundi, avec une pointe d’ironie, que le président de la République tirant les conséquences de ces déclarations supprime la commémoration du 18 juin désormais caduque. Comme lui, pour beaucoup de nos compatriotes la France authentique était depuis cette date repliée à Londres. Mais l’ancienne plume de Sarkozy n’oublie-t-il pas un peu vite qu’en 2007 son mentor après avoir salué, à ce propos, le discours de son prédécesseur Jacques Chirac de 1995, avait précisé : « Il n’y a rien à ajouter, rien à retrancher à son très beau discours« . Sa conformité au gaullisme parait taillée sur mesure et il en retranche volontiers ce qui l’arrange.
Paul-Marie Coûteaux, souverainiste de tradition gaullienne, membre du Rassemblement Bleu Marine explore quant à lui la chaîne des responsabilités pour innocenter la France de toujours de cette forfaiture. À la version des faits proposée par Chirac et Hollande, il oppose une autre version des faits pas moins « historique » que celle qui se taille aujourd’hui la part du lion chacun sachant que les problèmatiques historiques dépendent des rapports de force et qu’elles reçoivent des inflexions différentes selon qui dispose de l’hégémonie culturelle dans la société.
Selon Coûteaux donc, « Aucune des autorités que reconnaissaient alors les Français, celle de Vichy pas plus que celle de Londres ne gouvernait la zone occupée. Faut-il rappeler que, odieux rouage de la folie criminelle que l’impérialisme allemand imposait alors à presque toute l’Europe, le général Oberg, commandant la place de Paris, avait ordonné à la police parisienne, dont les agents étaient arrêtés ou instantanément fusillés s’ils n’obéissaient pas, la livraison de 25000 juifs étrangers réfugiés en France mais que des policiers français ont, au péril de leur vie, supprimé des fichiers ou prévenu dans la nuit des milliers de familles juives, en sorte que la moitié de ce qu’exigeait l’Occupant furent arrêtés ? Faut-il rappeler que c’est la France qui accueillit le plus grand nombre de réfugiés de confession juive, et en France qu’en furent sauvés le plus grand nombre ? »
C’est vrai, comme Serge Klarsfeld l’a mainte fois évoqué, à cette différence près que Karl Oberg n’était pas commandant de la place de Paris mais général SS dirigeant la police allemande dans toute la zone occupée. De même sont vraies les dispositions arrêtées par le chef de la police française, le très radical-socialiste René Bousquet, pour agir à partir du 8 août, en toute autonomie sans réquisition des autorités allemandes. Mais le 8 août n’est pas le 17 juillet, date à laquelle la police française dépendait encore entièrement de l’arbitraire allemand. Ceci étant dit, nous ne retiendrons pas la conclusion de Coûteaux qui à la fin de sa péroraison ne peut s’empêcher, en bon souverainiste patriotard, de donner le coup de pied de l’âne à la construction européenne la « direction allemande ».C’est pour le moins hors sujet mais reste qu’on ne peut lui donner tort lorsqu’il conclut qu’une « part croissante de notre peuple s’accuse de crimes qui ne lui sont nullement imputables, érodant sa mémoire, par là sa fierté, par là sa volonté« .
L’autodiffamation, la flagellation permanente à laquelle nous nous livrons sous la conduite de nos censeurs semble être devenue un sport national, non dépourvu d’une certaine arrogance d’ailleurs (que l’on songe au Misanthrope de Molière), alimentant en permanence une véritable industrie de la repentance.
Spinoza disait que que « le repentir est une deuxième faute » (pour autant que l’on ait commis la première). Si François Hollande se vautre dans la liturgie des confiteor et des mea culpa (sur la poitrine des morts), il y a à cela une raison. Comme le faisait remarquer Paul Yonnet dans son Voyage au centre du malaise français (Gallimard, 1993), ce sont les silences longtemps entretenus par le discours officiel autour de Vichy qui expliquent le retournement des années soixante-dix et la progressive reconstruction de notre histoire sur des bases judéocentrées.
L’héroïque roman de la France résistante cédait progressivement la place à une France de la collaboration, un ramassis de crapules d’où émergeaient seuls quelques « justes ». Selon Yonnet c’est sur cette image peu flatteuse que s’est construit à la même époque un antiracisme occupant rapidement tout le champ de la légitimité idéologique.
Si la France est une infamie, rien d’elle ne mérite d’être défendue et seule une immigration massive peut nous donner une chance d’être régénérés.
C’est ce qu’on appelle un antiracisme de résignation.
P. B.
NB : pour lire l’analyse de l’historien franco-israélien Alain Michel qui rectifie les 7 erreurs de François Hollande c’est sur l’excellent site d’Histoire Hérodote que cela se passe.
Front de Gauche/FN : Voyage au pays de l’essentialisme
Le journal Le Monde publiait récemment la tribune d’un professeur d’histoire, Bruno Belliot, titrée « Le Front de Gauche est un mouvement républicain, contrairement au FN ». Faisant le procès de l’UMP et du FN tout en dédouanant les angéliques du PC et du FdG français, cette tribune contenait tout l’argumentaire médiatique habituel sur l’incompatibilité du FN et de la République, colporté tant par certains politiques ignorants que par des journalistes incultes qui mettent leur complaisance au service d’une cause inavouable : la nostalgie du totalitarisme stalinien. Sa participation au camp des vainqueurs de 1945 n’empêche pas, en effet, le PCF de s’être rendu coupable de complicité avec la tyrannie.
Le sens de l’affaire est limpide, toujours et encore culpabiliser le camp de la « droite » : « C’est pourquoi, il m’est intolérable d’entendre, de lire (comme de voir dessiner), qu’un parallèle peut être fait entre Mélenchon, les communistes, les candidats du Front de Gauche et l’extrême droite du FN. Et que par conséquent, la droite n’aurait pas à rougir de ses alliances avec le FN puisque le PS s’allie avec le Front de Gauche. »
Ainsi, nous démontrons ci-dessous non seulement l’inanité de cette culpabilisation mais démontons du même coup la notion de « droite républicaine » dont la signification reste à démontrer si l’on veut dire par là qu’il existerait en 2012 une droite qui ne le serait pas.
La Droite strasbourgeoise
Front de Gauche/FN : Voyage au pays de l’essentialisme
Alors que tout change, y compris l’extrême gauche passée en 40 ans de la défense héroïque du grand soir prolétarien à celle lacrymale des sans papier, « armée de réserve » du capital qui exerce une pression discrète mais constante à la baisse des petits salaires (sinon on se demande bien pourquoi madame Laurence Parisot aurait, sur ce point, les mêmes idées déflationnistes que messieurs Krivine et Mélanchon. Certes, on peut toujours s’évertuer à penser que la dirigeante du MEDEF est secrètement passée du coté obscur de la force et qu’elle contraint ses amis à cultiver une forme peu banale de masochisme altruiste. Hypothèse peu probable, reconnaissons-le. Tout change donc : le « socialisme » démocratique acquis, via l’Europe, depuis deux ou trois décennies au social-libéralisme, comme le « gaullisme » qui a renoncé à l’indépendance et au dogme du peuple souverain.
Tout change, sauf bien sûr l’extrême droite vue par Bruno Belliot, membre du Front de Gauche. Impavide, elle est semblable à elle même, immobile et pétrifiée comme les années trente du XX siècle en ont donné la définition rituelle , guettant dans l’ombre (évidemment) l’heure de sa revanche, ourdissant des complots comme celui de la Cagoule, collaborant avec l’ennemi durant l’occupation, se relevant avec le poujadisme puis l’OAS pour finir par renaitre avec le Front National. Elle est là, figée, telle que la vulgate médiatique en fait le portrait, une vulgate inspirée par l’antifascisme stalinien qui nous ressert toujours le même plat continûment réchauffé depuis 80 ans, comme l’a très bien montré François Furet. Cette paresse a fini par s’inscrire comme un habitus dans nos moeurs et nos tics de langage.
Pourtant, en ce qui concerne le procès le plus sévère instruit contre l’extrême droite, sa collaboration avec le régime nazi ou ses soit-disant affidés, qu’en est-il ?
Pour ce qui est de la résistance et de la collaboration, puisque c’est sur ce sombre épisode que s’enrochent la plupart des mythes fondateurs de l’histoire sainte dont se réclame Bruno Belliot, rappelons quelques faits marquants qui n’appartiennent nullement à une vision révisionniste de l’histoire. C’est le 26 septembre 1939 que le Parti Communiste est interdit par le gouvernement dirigé par un des chefs du Front Populaire, Édouard Daladier. Pour quelle raison ? Parce que en bon disciple stalinien il continue d’approuver le pacte Germano-Soviétique d’août 1939 qui permettra le dépeçage de la Pologne, alliée de la France, entre les deux contractants. Passé dans la clandestinité, Jacques Duclos, un des principaux dirigeants du PCF, diffuse le premier octobre 1939 une lettre ouverte invitant le gouvernement à entamer des négociations de paix avec l’Allemagne hitlérienne qui étant pour l’heure l’alliée de l’URSS ne représente plus le condensé de la menace fasciste. C’est à la même époque que Maurice Thorez, secrétaire général du Parti, déserte face aux armées nazies, pour rejoindre la « patrie des travailleurs » (et du Goulag), ce qui lui vaut une condamnation à mort et la déchéance de la nationalité française.
Plus tard, la défaite de la France étant consommée, Jacques Duclos entre en contact dès le 18 juin 1940 avec les autorités allemandes d’occupation tout juste installées pour entreprendre une négociation. Dans quel but ? Permettre au Parti d’être à nouveau autorisé sur la base d’une bonne entente entre le peuple français et l’armée d’occupation. Duclos propose même d’orienter la propagande du Parti dans le sens d’une lutte contre le grand capital anglais et contre sa guerre impérialiste. Les allemands ne sont pas preneurs.
Ce n’est qu’en Juin 1941 que l’extrême gauche communiste entre dans la résistance active suivant en cela ses sponsors. L’Allemagne ayant en effet décidé d’attaquer l’URSS. Dans cette résistance active, les communistes arrivent bien tard pour y retrouver des hommes qui venaient souvent de l’extrême droite. Comment, en effet, qualifier autrement les partisans de la monarchie tels Daniel Cordier (secrétaire de jean Moulin), le célèbre colonel Rémy (premier agent gaulliste en France occupée), De Vawrin (chef des services secrets de la France libre). Ou encore des cagoulards comme Guillain de Benouville (dirigeant du mouvement Combat) et des centaines d’autres affreux tels Honoré d’Estienne d’Orves fusillé lun mois après Guy Moquet, célébré par Sarkozy ( à la suite du parti Communiste) et qui ne fut jamais résistant…
Il suffit de lire les deux livres que l’historien israélien Simon Epstein a consacré à cette période pour abandonner tout schéma manichéen, schéma auquel s’accroche désespérément Bruno Belliot pour nous conter sa fable d’une France coupée en deux avec d’un coté les représentants du Bien et de l’autre ceux du Mal, c’est à dire l’extrême droite éternelle.
Dans « Les Dreyfusards sous l’Occupation » (2001) puis dans « Un paradoxe français » (2008), il montre, liste de noms à l’appui, que dans leur immense majorité les dreyfusards, anti-racistes, généralement pacifistes de gauche s’engagèrent dans la collaboration, tandis que nombre d’antidreyfusards et antisémites appartenant à ce qu’il est convenu d’appeler la droite radicale germanophobe s’engagèrent dans la résistance et la France libre. Or ce paradoxe, on le comprend aisément, est peu abordé par l’histoire académique, prudente jusqu’à la couardise, permettant à une doxa politiquement correcte de prospérer sur les non dits de l’histoire savante. ce qui permet qu’aujourd’hui encore fleurissent des absurdités comme cette apologie du Front de Gauche intégrant trotskistes et communistes, dont peu, même dans une « droite » gagnée par la lâcheté, ose remettre en question les énoncés falsifiés. N’en reste pas moins vrai que les quatre cinquième de la chambre du Front Populaire ont accordé à un vieux maréchal, que sa réputation de laïque républicain plaçait au dessus de tout soupçon, les pleins pouvoirs. Il y avaient très peu de députés d’extrême droite, pourtant, dans cette assemblée.
Quant à la reconnaissance du Parti Communiste comme parti républicain par le général de Gaulle en 1943-1944, avait-il le choix ? Il lui fallait composer avec une force majeure à l’époque. Son réalisme politique a contribué à mettre en selle un parti qu’il s’est empressé de combattre à partir de 1947 (création du RPF). De même, n’est ce pas un récipiendaire de la francisque qui nomma en 1981 des ministres communistes dans son gouvernement pour mieux étouffer un parti qui devait plus tard ramasser les dividendes putrides de son long flirt avec une URSS désormais honnie? Ce qui montre bien que la reconnaissance de tel parti comme « parti républicain » est avant tout une question de rapport de force. Le statut « républicain » accordé à un parti n’a que très peu de rapport avec les vérités de la science politique et beaucoup à voir avec la « realpolitik » de l’époque. Les définitions de la République sont évasives, comme tout ce qui ressort de la condition humaine. Chacun devrait savoir que depuis 1793, la République a changé de signification. En faire une monade surplombant dans le ciel le monde des Idées est une niaiserie platonicienne.
Pierre Bérard
Le courage de quitter l’UMP ? L’avoir ou pas ?
Christian Vanneste en rupture avec l’UMP quitte ce parti. On ne pourra lui faire de reproches. Maintenant, la campagne contre la « droitisation de l’UMP » devrait pousser les élus centristes de l’UMP a quitter aussi ce navire pour conforter leurs engagements et marquer leurs différences. Ils n’en feront rien, pourtant !
Prenons un exemple local, l’ex-maire de Strasbourg a été l’une des premières à tirer contre ses compagnons sensibles aux idées du FN. Elle s’offusque des militants, qui, trop à droite, existeraient encore dans l’UMP du Bas-Rhin et à Paris. Elle attaque directement la stratégie de Patrick Buisson. Elle fut l’une des premières à critiquer Nadine Morano pris de panique.
L’observateur est en droit de s’interroger. Aurait-elle, si Nicolas Sarkozy, avait gagné les élections, tenu le même langage ? Aurait-elle alors renoncé à tenter de devenir Ministre ?
Comme nous n’osons douter de l’engagement désintéressé de la dame. On pense que « oui » ! ;-)
Maintenant, on mesurera le courage de la dite « dame » à d’autres choix.
1) Elle se devrait de créer un équivalent de l’UDI au Sénat
2) Elle se devrait d’aller au-delà et de s’engager à renoncer à l’étiquette UMP autant pour les municipales de 2014 que pour les sénatoriales qui suivront.
Si Madame Keller fait tout cela, nous serons les premiers à saluer son courage politique et la réalité de ses opinions. Si ce n’est le cas, non seulement, elle prendra une place à des candidates méritantes qui se retrouvent pleinement dans les idées de l’UMP, mais elle laisserait à penser que le temps des idées, des valeurs serait dépassé.
L’UMP, cela devrait être comme la France. « S’il y en a que ça gênent d’être en France, je le dis avec le sourire mais avec fermeté, qu’ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu’ils n’aiment pas » affirma Nicolas Sarkozy !
Nous déclinons : « S’il y en a que ça gênent d’être à l’UMP, je le dis avec le sourire mais avec fermeté, qu’ils ne se gênent pas pour quitter un parti qu’ils n’aiment pas ».
Bien sûr, ces propos n’engagent que nous.
Mais nous n’osons penser un instant que les tenants d’un humanisme aussi rhénan qu’immense et mégacool n’osent tromper plus longtemps des électeurs, petits et grands qui souhaitent une vrai refondation des droites en France.
(Cliquer sur la Photo pour entendre la déclaration de Fabienne K)
Madame Keller et la pensée eunuque.
Madame Keller n’en loupe pas une. Elle veut conquérir la bravitude en construisant une « muraille de chine » contre le FN ! La dame de Strasbourg n’attend donc pas pour se positionner dans l’optique de la reconstruction de l’UMP et d’une guérilla larvée qui secoue le navire UMP. A peine le pacha, Nicolas Sarkozy débarqué, que les couteaux sont tirés.
Celle qui n’avait pas hésité à sacrifier son compagnon de tandem entre les deux tours de l’élection municipale de Strasbourg tire à vue.
Elle oublie qu’elle ne dut son heure de gloire en 2001 uniquement qu’à la multiplication des listes d’extrême droite. Elle prétend aujourd’hui vouloir parler aux électeurs et dit qu’il ne faut pas chercher « les voix » mais discuter avec les électeurs.
Fabienne Keller, sénatrice (UMP) du Bas-Rhin par rfi
Son ton hautain ne soutient pourtant pas le propos. Elle se revendique centriste, protégée qu’elle est par un mandat indirect. Car Madame Keller fuit depuis quelques temps les rencontres directes avec les électeurs : elle n’a pas souhaité tenter de reconquérir son canton l’an dernier. Elle peut donc se moquer des députés de la droite populaire battus ! S’en est-elle réjouis ?
Que pense-t-elle de la défaite du député Maurer ? de la courte victoire de « l’humaniste » Schneider ?
Aujourd’hui, Madame Keller appelle à une refondation qui est surtout un abandon de toute position droitière et pousse le vice jusqu’à en appeler au « Made in China » (la muraille de Chine) plutôt qu’aux références hexagonales en matière de résistance.
Elle n’a rien compris !
D’abord, elle n’a pas compris que la disparition politique du centre n’est pas un hasard. Le Parti socialiste incarne désormais socialement et économiquement ce centre. Il conserve ses tendances, notamment pour permettre l’alliance avec les écologistes et les gauches extrêmes.
Ensuite, elle ne voit pas sa ville bouger et n’a visiblement pas analysé les votes des quartiers où la mixité a façonné un électorat qui vote naturellement et durablement à gauche. Elle est donc profondément en décalage avec une réalité du terrain éloigné des salons dorés du Sénat.
Le vote FN serait un problème réglé ! Elle oublie que toute liste FN supérieur à 10 % l’empêchera de reconquérir Strasbourg mais qu’à cela ne tienne. Les Strasbourgeois ont déjà rejeté Fabienne Keller et au besoin, ils le referont. Pour s’en persuader, il faut tendre l’oreille et écouter la vox populi.
Quant à la stratégie de « dédroitisation », osons penser que si Nicolas Sarkozy n’avait pas recentré son débat à un moment de la campagne présidentielle, il aurait conquis les quelques voix qui manquaient. Pour faire quoi d’une victoire ? Cela est un autre débat !
La droite centriste incarnée par Fabienne Keller va dans le mur. Elle passe de la pensée unique à la pensée eunuque ! Une pensée stérile et sans hormone.
Philémon Lequeux de la Licra du Bas-Rhin explique que Dieudonné est un primitif de 4000 ans qui n’a évolué dans aucune civilisation
A mesure que la date du spectacle de Dieudonné approche (le 12 juin prochain au Zénith), c’est la foire d’empoigne entre antiracistes, associations juives (Union des Etudiants Juifs de France), partisans de la liberté d’expression et auto-proclamés experts.
Les politiques s’en mêlent puisque les candidats aux législatives PS et UMP se pressent du coude pour écrire, tempêter et demander l’interdiction de ce spectacle, ce qui en dit long sur la collusion d’intérêts de ces partis et le clientélisme électoral.
Tout cela est bien beau et nous fait doucement rire. Car Dieudonné est le Golem de l’antiracisme mais cela, il ne faudra pas trop l’évoquer, surtout quand on regarde de plus près la sociologie de son public, composé majoritairement de jeunes, d’immigrés de toutes sortes, notamment maghrébins et Africains.
Nous aurions pu observer de loin tout ce beau monde s’écharper mais le hasard a voulu que l’on tombe sur l’interview faite par la chaine Alsace 20, du président de la Licra du Bas-Rhin, Philémon Lequeux.
Il se prononce pour l’interdiction du spectacle. Censure quand tu nous tiens. Il faudra un jour parler du rôle de ces associations subventionnées qui jouent les procureurs publics.
Mais le pire n’est pas là ; le pire c’est ce que dit M. Lequeux car il intervient pour « dénoncer les propos surtout antisémites de ce monsieur qui a 4000 ans, c’est un vieillard de 4000 ans, qui n’a pas évolué dans aucune civilisation et qui prétend partager les hommes pour en faire on ne sait quoi ».
Dans le gloubi-boulga de cette interview, qui ressemble à du français, on comprend pourtant l’essentiel. Que M. Lequeux indique tout simplement que Dieudonné M’bala M’bala, métis noir, est resté un primitif et qu’il n’est pas civilisé.
Chacun jugera de la gravité de ces propos assurément racistes et méprisants. Chacun jugera à quelles extrémités l’antiracisme professionnel mène.
Le grand soir, place Broglie !

Ils sont venus, ils sont tous là pour applaudir Mélenchon. Nous en comptons 2500 à 3000. Des jeunes, des vieux des femmes, beaucoup de « minorités visibles » écoutent les discours. Ceux que Mélénchon a fait voter Hollande sous prétexte que « le changement, c’est maintenant » écoutent un nouveau discours.
Le grand soir, c’est maintenant ou presque. Les candidats locaux en perdent la voix. L’un se revendique de la révolte du Bindschuh, l’autre fait siffler un cadre de l’UMP qui est – horresco referens – passé par le FN. A quand une liste des cadres du PS passés par l’extrême gauche ? En savoir plus 





